Consultation

XVIII, folios:43 44
Antoine Guérin, juge royal
M. de Gordes
Lettre 41:XVIII- 43 44
20/07/1572
Grenoble
Romans

Transcription

Les mots surlignés font l'objet d'une note

1

Monseigneur, pour satisfaire aux lettres qu’il

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vous a pleu m’envoyer concernantz l’aggression faicte

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ses jours passez à l’endroict du cappitayne Chastellard,

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votre seigneurie sera advertie que dès incontinent que

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j’euz advertissement dudit acte, je me saysis de

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la personne de celluy qui l’avoyt commis,

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qui se nomme Guillaume Robert dit Brunat, lequel

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moy-mesmes menay en noz prisons, où il est

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encores, et estant par moy examiné sur ledit

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faict, il a advancé que du temps que ledit sieur de

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Chastellard estoyt en garnison en ceste ville, logé

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en la maison dudit Brunat, qui pour lors estoit

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absent, il luy desbaucha sa femme, et non

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content de ce, l’emmena hors ladite ville,

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tellement que estant ledit Brunat de retour

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du pays de Savoye, où il s’estoyt retiré pendant

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les troubles, estant adverty dudit faict, a

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tiré en cause sadite femme par devant monsieur

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le vibally de Sainct-Marcellin, par devant

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lequel tant auroyt esté procédé, que ledit

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Robert, pour le maulvais gouvert de sadite

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femme, auroyt esté contrainct la quitter

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[v°] en hayne de quoy il dict que ledit sieur de

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Chastellard a dict en plusieurs lieulx qu’il

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dourroit deux centz esculz à celluy qui luy

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apporteroyt la teste dudit Brunat. Et sur

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tous ses faictz, il ha nommé un grand nombre

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de tesmoingstz, lesquelz j’ay commencé d’examiner

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à sa requeste, d’aultant qu’il ha advancé

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que lesditz propoz tenuz (comme il présupose) par

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ledit de Chastellard furent cause que, le trouvant

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en ceste ville et luy voulant demander s’il

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les avoyt tenuz, ledit de Chastellard mict la

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main à l’espée et ledit Brunat semblablement,

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ce que voyant, quelques soldatz ses voysins, enrollés

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soubz la charge de monsieur des Adretz, comme

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estoyt du temps dudit excès ledit Brunat,

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myrent aussi la main à l’espée en intention

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de les séparer, ainsi que résulte par la plus

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grand part des tesmoingtz que j’ay examiné par

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secrette information, tellement que j’attens d’avoyr

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parachevé l’enqueste d’office dudit Brunat pour

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en après faire droict, sur ce que résultera

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du procès par advis du conseil, comme il appertiendra.

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[fol.44] Et voylà, monseigneur, en bref, la substance

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de tout ce faict. S’il plaict à votre seigneurie,

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estant le procès instruict, avant le jugement

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d’icelluy je le vous envoieray et en feray

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comme il vous plaira ordonner, estant prest

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non seulement en cest endroict à vous hobéyr,

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mais aussi en tous les aultres qu’il vous

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plaira me commander de telle volonté que je

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supplie le Créateur,

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Monseigneur, vous donner en très bonne santé

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et prospérité, longue vie. De Romans, ce

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XXe juillet 1572.

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Votre très humble et hobéissant

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Serviteur

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A Guerin

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