Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XXI-71 Charles IX, à M. de Gordes, Fontainebleau, 23 avril 1573.
Reçue à Crest, le 29 avril 1573.
Monsieur de Gordes, les affaires qui se presentent de votre costé m'avoient mis en plus grande
peine que je ne suis à present, au moyen que vous continuez, ainsi que jay mesmes
cogneu par voz dernières, à y pourvoir si bien et vertueusement quil ne se pourroit
mieulx. Je suis très aize comme pouvez estimer que les villes et lieux dont me
faictes mention, leur soient eschapées des mains et le serois encores plus si lon
pouvoit apprehender les autheurs et principaux de ceste malheureuse rebellion,
nommément ceulx qui avoient le plus doccasion de louer Dieu et se contenir doulcement
en leurs maisons, joyssans de la grace faicte à eulx, indignes dicelle, ainsi que je
voy maintenant à mon grand regret. Vous aurez veu par mes precedentes quelle
est mon intention et dont je me confie en vous. Cest en premier lieu d'empescher et
rompre leurs pernitieux desseings et graces à Dieu vous nestes destitué demoyens, de bon voulloir et advis pour continue a vous y conduire tressagement
et avec valleur ainsi qu’avez desia fort advancé et principallement affin quil
ne leur bienne secours de Genefve et Berne, Entre cy et la y aura moyen de
vous pourvoir plus amplement si la necessité le requiert et donc ne fauldrez
de m’advertir diligemment. Il est veritablement besoing user de la force des armes
contre ceulx qui sont armez. Et quand ilz seront prinz user et exercer en leu endroict
la justice et punition que les loiz et mes ordonnances veullenet, affin que par mesgarde
et trop grande volonte de bien faire l’inocent ne soit meslé et chastié parmy le
coulpable. Bien est madite intention que lon y procede vivement et ainsi quil apartient,
ce que par votre prudence et le lieu que tenez pouvez considerer mieux que nul aultre.
C’est enfin que jay parfaicte assurance et confiance en vous. Pour le regard des
compaignies qui sont par dela qu’avez faict lever pour du tout n’habandonner la
campaigne, j’ay aultant de bonne volonté qu’elles soient payees comme je veux croire
elles feront bon debvoir et service, et que les avez bien choisies. Mais je suis contrainct
de redire souvent que j’ay a satisfaire en infiniz endroictz et principallement en mes
armees qui ne me permectent d’effectuer ma bonne volonté pour ceste heure, ny moins
pour infinies considerations que vous mesmes pouvez estimer, accorder nouvel impost
sur le sel, ny que l’on prenne les deniers de la subvention et fauldra adviser quelques
aultres moyens plus commodes, faisant cependant payer lesdites compaignies comme elles ont
esté et au mieux qu’il se pourra. Je n’ay donné occasion au prince d’Orange de
permectre n’y a ses gens d’entreprendre aulcune chose contre mon service, et suis tresmarry
de ceste ferniere faulte qu’ilz ont faicte de laisser courir sur vous ; et par ce escris
bonne lettre a celluy qui y est de la part dudit prince, l’advisant en somme que si
[71v°] de luy mesmes et sans commandement de son maitre, comme je veux croire, il en use et
il en pourroit bien estre reprins et chastié. Et que si sondit maitre y consent, je
feray pourvoir par les voyes et remèdes que de raison. Au demeurant, j’ay
en très bonne part ce que me mandez pour l’archevesque d’Ambrun, la presence de qui
me tesmoignez estre très necessaire et utille à mon service et au pays estans fort
grandement respecté et honoré pour ses vertuz et merites ; et à ceste cause suis [ ?]
de le tenir pour excusé du voyage quil estoit tenu faire par deca pour se rendre à
lassemblee du clergé et quil demeure et semploye où il est allé pour mon service
et le bien du pays. Mais estant icelle assemblée tant necessaire et pressée, il est
besoing et sans aulcune faulte qu’il y envoye son vicaire general garny d’ample
pouvoir et facultez requises en tel cas et pour representer le lieu de son archevesché.
Je luy en escris ung mot que luy ferés tenir et ladvertirez encores de ce que je lui
mande quil ne faille denvoyer incontinant et diligemment sondit vicaire in[ ?]
et fondé comme il fault. Quand l’estat de mes affaires de dela et loccasion
requerront que menvoyez ung gentilhomme ou aultre expres edt en diligence je y feray
satisfaire et contanter raisonnablement. Priant dieu quil vous ayt monsieur de Gordes
en sa sainte et digne garde, escrit a Fontainebleau le XXIIIe jour d’avril 1573.
Charles
De Neufville s[ecretair]e
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</p><p id="1" n="4 " type="texte">Monsieur de Gordes, les affaires qui se presentent de votre costé m'avoient mis en plus grande
</p><p id="1" n="5 " type="texte">peine que je ne suis à present, au moyen que vous continuez, ainsi que jay mesmes
</p><p id="1" n="6 " type="texte">cogneu par voz dernières, à y pourvoir si bien et vertueusement quil ne se pourroit
</p><p id="1" n="7 " type="texte">mieulx. Je suis très aize comme pouvez estimer que les villes et lieux dont me
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</p><p id="1" n="9 " type="texte">pouvoit apprehender les autheurs et principaux de ceste malheureuse rebellion,
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</p><p id="1" n="11 " type="texte">en leurs maisons, joyssans de la grace faicte à eulx, indignes dicelle, ainsi que je
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</p><p id="1" n="14 " type="texte">rompre leurs pernitieux desseings et graces à Dieu vous nestes destitué demoyens, de bon voulloir et advis pour continue a vous y conduire tressagement
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</p><p id="1" n="16 " type="texte">ne leur bienne secours de Genefve et Berne, Entre cy et la y aura moyen de
</p><p id="1" n="17 " type="texte">vous pourvoir plus amplement si la necessité le requiert et donc ne fauldrez 
</p><p id="1" n="18 " type="texte">de m’advertir diligemment. Il est veritablement besoing user de la force des armes
</p><p id="1" n="19 " type="texte">contre ceulx qui sont armez. Et quand ilz seront prinz user et exercer en leu endroict
</p><p id="1" n="20 " type="texte">la justice et punition que les loiz et mes ordonnances veullenet, affin que par mesgarde
</p><p id="1" n="21 " type="texte">et trop grande volonte de bien faire l’inocent ne soit meslé et chastié parmy le
</p><p id="1" n="22 " type="texte">coulpable. Bien est madite intention que lon y procede vivement et ainsi quil apartient,
</p><p id="1" n="23 " type="texte">ce que par votre prudence et le lieu que tenez pouvez considerer mieux que nul aultre.
</p><p id="1" n="24 " type="texte">C’est enfin que jay parfaicte assurance et confiance en vous. Pour le regard des
</p><p id="1" n="25 " type="texte">compaignies qui sont par dela qu’avez faict lever pour du tout n’habandonner la
</p><p id="1" n="26 " type="texte">campaigne, j’ay aultant de bonne volonté qu’elles soient payees comme je veux croire
</p><p id="1" n="27 " type="texte">elles feront bon debvoir et service, et que les avez bien choisies. Mais je suis contrainct
</p><p id="1" n="28 " type="texte">de redire souvent que j’ay a satisfaire en infiniz endroictz et principallement en mes
</p><p id="1" n="29 " type="texte">armees qui ne me permectent d’effectuer ma bonne volonté pour ceste heure, ny moins
</p><p id="1" n="30 " type="texte">pour infinies considerations que vous mesmes pouvez estimer, accorder nouvel impost
</p><p id="1" n="31 " type="texte">sur le sel, ny que l’on prenne les deniers de la subvention et fauldra adviser quelques
</p><p id="1" n="32 " type="texte">aultres moyens plus commodes, faisant cependant payer lesdites compaignies comme elles ont
</p><p id="1" n="33 " type="texte">esté et au mieux qu’il se pourra. Je n’ay donné occasion au prince d’Orange de
</p><p id="1" n="34 " type="texte">permectre n’y a ses gens d’entreprendre aulcune chose contre mon service, et suis tresmarry
</p><p id="1" n="35 " type="texte">de ceste ferniere faulte qu’ilz ont faicte de laisser courir sur vous ; et par ce escris
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</p><p id="1" n="38 " type="texte">il en pourroit bien estre reprins et chastié. Et que si sondit maitre y consent, je
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</p><p id="1" n="41 " type="texte">me tesmoignez estre très necessaire et utille à mon service et au pays estans fort
</p><p id="1" n="42 " type="texte">grandement respecté et honoré pour ses vertuz et merites ; et à ceste cause suis [ ?]
</p><p id="1" n="43 " type="texte">de le tenir pour excusé du voyage quil estoit tenu faire par deca pour se rendre à
</p><p id="1" n="44 " type="texte">lassemblee du clergé et quil demeure et semploye où il est allé pour mon service
</p><p id="1" n="45 " type="texte">et le bien du pays. Mais estant icelle assemblée tant necessaire et pressée, il est
</p><p id="1" n="46 " type="texte">besoing et sans aulcune faulte qu’il y envoye son vicaire general garny d’ample
</p><p id="1" n="47 " type="texte">pouvoir et facultez requises en tel cas et pour representer le lieu de son archevesché.
</p><p id="1" n="48 " type="texte">Je luy en escris ung mot que luy ferés tenir et ladvertirez encores de ce que je lui
</p><p id="1" n="49 " type="texte">mande quil ne faille denvoyer incontinant et diligemment sondit vicaire in[ ?]
</p><p id="1" n="50 " type="texte">et fondé comme il fault. Quand l’estat de mes affaires de dela et loccasion
</p><p id="1" n="51 " type="texte">requerront que menvoyez ung gentilhomme ou aultre expres edt en diligence je y feray
</p><p id="1" n="52 " type="texte">satisfaire et contanter raisonnablement. Priant dieu quil vous ayt monsieur de Gordes
</p><p id="1" n="53 " type="texte">en sa sainte et digne garde, escrit a Fontainebleau le XXIIIe jour d’avril 1573.
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