Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XXI-223 Truchon, Jean, premier président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Montpellier, 24 décembre 1573.
Monseigneur, je vois toutes choses si incertaines quà grande peine vous puis je
escrire quelque chose de certain. Lassemblée de Millau est finie, en laquelle
ont esté deleguez quatre pour assister à la conference, si aucune sen faict avec
monseigneur le mareschal et monsieur le duc d’Uzès. Les deux principaux
depputez sont monsieur Lhospital, conseiller en la court du parlement de
Thoulouze et monsieur d’Yolet, gentilhomme de Rouergue ou Auvergne, lequel
est arrivé icy il y a deux jours et a declaré que si on ne levoit
larmée de devant Florensac et Pommerol, ladicte assemblée na voulloir ny
paix, ny surceance darmes. Toutesfois mondit seigneur a accordé de surseoir
toutes choses pour le regard de Florensac jusques à ce qu’ait esté debatu
sil est bien ou mal prins, et quant à Pommerol, daultant quil estoit
incertain si on avoit jà commencé à le battre et quil pensoit lartillerye
estre jà sur le bord du fossé, il a declaré pour le bien de paix, quil
estoit content que deux gentilzhommes se transporteroient à Pommerol, lun
des siens et lautre qui accompaigne ledit sieur d’Yolet ; et au cas que ceulx
de dans vouldroient sortir, il le leur permectois avec leurs armes et
hardres, lenseigne desployée et le tabour battant, autrement voulloit que
le canon fit son debvoir ; et au cas qui auraoit [barré : jà] esté jà faicte
quelque capitulation entre les cappitaines de notre armée et les assiegez
dans ledit Pommerol, elle sortiroit effect et si tant estoit que [ajouté : à] larrivée
desdictz deux gentilzhommes ledit Pommerol se trouveroit prins, cestoit
chose où les hommes ne peuvent remedier. Lesdits deux gentilzhommes
sont partiz ceste après disnée et les actendons à demain au soir.
Au surplus, la conclusion de lassemblée dudict Millau a esté advisé
avant quentrer en plus grande conference que ceulx de la religion
envoyeroient ung gentilhomme des leurs au roy qui est ledit sieur
d’Yolet, pour entendre de la bouche de sa maiesté ce quil luy plaira
leur accorder de leurs demandes, ce que ostera mesdictz seigneurs
[223 v°] les marechal et duc d’Uzès et ceulx qui sont deleguez avec eulx, de la peine
de la conference. Ledit sieur d’Yolet espère estre de retour dans le XVIIIe
jour daprès quil sera party et delibère partir lundy. Ce seroit justement
pour arriver aux estatz qui sont prolongez jusques au XVe du mois
prochain. Quant à la continuation de la trefve, encore quelle soit publiée
es diocèses de Montpellier, Nismes et Uzès et es pays de Viverays
et des Genève, chacune est encore du craincte. Toutesfois, il a esté arresté
en ladicte assemblée que ladicte suspension sera observée par tout ailleurs où
ceulx de la religion commandent, soit en Languedoc, Guyenne et Rouergue ;
et a, mondit seigneur le marechal, despeché en plusieurs du costé de Thoulouse
et du gouvernement de monsieur ladmiral pour y en faire faire publication.
Dieu vueille quelle soit bien observée. Deux des arbitres venuz de Nismes
sont icy, en actendant dans deux jours lautre pour le reglement des
contributions où nous serons fort empeschez. Quant aux lieux où [barré : com]
commandent messieurs de Grignan et le viconte Paulin, il y aura autres
arbitres, tant de leur part que de celle de monseigneur le marechal, comme
je croy quil sera espedient quen fassiez de mesme en Daulphiné pour y
regler lesdictes contributions , et croy que mondit seigneur le marechal
trouvera bon que vous et le sieur de Montbrun deputés quelques
personnages pour faire ce reiglement sans vous conformer aux expeditions
qu’on pourra prendre pardeça, car tous piedz ne se chaussent à une
forme , et seroit chose trop difficille et trop longue, voire impossible
de nous comuniquer les uns aux autres les reiglementz qui se feront
sur ladicte contribution par tous les pays de Guyenne, Rouergue,
Languedoc et Daulphiné, car le temps de la suspension sera expirée avant
qu’on ait osté dung bout à lautre, si chacun estoit aussi las des
dissentions civilles que moy qui nay dissention avecques personnes,
nous serions bien tost en bonne paix, de laquelle ne sortirons de
[224] noz vies. Je suis en grande peine de mon nepveu, lequel nest encore arrivé et sont
jà passez XXIIII jours quil est reparty. Je nay jamais senty printemps
en France si chault comme jay faict ceste hyver à Montpellier où il na
encore ny gellé, ny glasse, ny neigé. Mais nous nous sommes encores au dernier
jour de febvrier. Je men vois surce humblement recommander à votre bonne
grace et pryant le Createur,
Monseigneur, vous donner en parfaicte santé longue et heureuse vie. De
Montpellier, ce XXIIIIe jour de décembre 1573. Votre à jamais plus
fidelle et plus affectioné serviteur. Truchon
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</p><p id="1" n="2 " type="titre">XXI-223 Truchon, Jean, premier président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Montpellier, 24 décembre 1573.
</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monseigneur, je vois toutes choses si incertaines quà grande peine vous puis je
</p><p id="1" n="4 " type="texte">escrire quelque chose de certain. Lassemblée de Millau est finie, en laquelle
</p><p id="1" n="5 " type="texte">ont esté deleguez quatre pour assister à la conference, si aucune sen faict avec
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</p><p id="1" n="7 " type="texte">depputez sont monsieur Lhospital, conseiller en la court du parlement de
</p><p id="1" n="8 " type="texte">Thoulouze et monsieur d’Yolet, gentilhomme de Rouergue ou Auvergne, lequel
</p><p id="1" n="9 " type="texte">est arrivé icy il y a deux jours et a declaré que si on ne levoit
</p><p id="1" n="10 " type="texte">larmée de devant Florensac et Pommerol, ladicte assemblée na voulloir ny
</p><p id="1" n="11 " type="texte">paix, ny surceance darmes. Toutesfois mondit seigneur a accordé de surseoir
</p><p id="1" n="12 " type="texte">toutes choses pour le regard de Florensac jusques à ce qu’ait esté debatu
</p><p id="1" n="13 " type="texte">sil est bien ou mal prins, et quant à Pommerol, daultant quil estoit
</p><p id="1" n="14 " type="texte">incertain si on avoit jà commencé à le battre et quil pensoit lartillerye
</p><p id="1" n="15 " type="texte">estre jà sur le bord du fossé, il a declaré pour le bien de paix, quil
</p><p id="1" n="16 " type="texte">estoit content que deux gentilzhommes se transporteroient à Pommerol, lun
</p><p id="1" n="17 " type="texte">des siens et lautre qui accompaigne ledit sieur d’Yolet ; et au cas que ceulx
</p><p id="1" n="18 " type="texte">de dans vouldroient sortir, il le leur permectois avec leurs armes et
</p><p id="1" n="19 " type="texte">hardres, lenseigne desployée et le tabour battant, autrement voulloit que
</p><p id="1" n="20 " type="texte">le canon fit son debvoir ; et au cas qui auraoit [barré : jà] esté jà faicte
</p><p id="1" n="21 " type="texte">quelque capitulation entre les cappitaines de notre armée et les assiegez
</p><p id="1" n="22 " type="texte">dans ledit Pommerol, elle sortiroit effect et si tant estoit que [ajouté : à] larrivée
</p><p id="1" n="23 " type="texte">desdictz deux gentilzhommes ledit Pommerol se trouveroit prins, cestoit
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</p><p id="1" n="25 " type="texte">sont partiz ceste après disnée et les actendons à demain au soir.
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</p><p id="1" n="27 " type="texte">avant quentrer en plus grande conference que ceulx de la religion
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</p><p id="1" n="31 " type="texte">[223 v°] les marechal et duc d’Uzès et ceulx qui sont deleguez avec eulx, de la peine
</p><p id="1" n="32 " type="texte">de la conference. Ledit sieur d’Yolet espère estre de retour dans le XVIIIe
</p><p id="1" n="33 " type="texte">jour daprès quil sera party et delibère partir lundy. Ce seroit justement
</p><p id="1" n="34 " type="texte">pour arriver aux estatz qui sont prolongez jusques au XVe du mois
</p><p id="1" n="35 " type="texte">prochain. Quant à la continuation de la trefve, encore quelle soit publiée
</p><p id="1" n="36 " type="texte">es diocèses de Montpellier, Nismes et Uzès et es pays de Viverays
</p><p id="1" n="37 " type="texte">et des Genève, chacune est encore du craincte. Toutesfois, il a esté arresté 
</p><p id="1" n="38 " type="texte">en ladicte assemblée que ladicte suspension sera observée par tout ailleurs où
</p><p id="1" n="39 " type="texte">ceulx de la religion commandent, soit en Languedoc, Guyenne et Rouergue ; 
</p><p id="1" n="40 " type="texte">et a, mondit seigneur le marechal, despeché en plusieurs du costé de Thoulouse
</p><p id="1" n="41 " type="texte">et du gouvernement de monsieur ladmiral pour y en faire faire publication.
</p><p id="1" n="42 " type="texte">Dieu vueille quelle soit bien observée. Deux des arbitres venuz de Nismes
</p><p id="1" n="43 " type="texte">sont icy, en actendant dans deux jours lautre pour le reglement des
</p><p id="1" n="44 " type="texte">contributions où nous serons fort empeschez. Quant aux lieux où [barré : com]
</p><p id="1" n="45 " type="texte">commandent messieurs de Grignan et le viconte Paulin, il y aura autres
</p><p id="1" n="46 " type="texte">arbitres, tant de leur part que de celle de monseigneur le marechal, comme
</p><p id="1" n="47 " type="texte">je croy quil sera espedient quen fassiez de mesme en Daulphiné pour y
</p><p id="1" n="48 " type="texte">regler lesdictes contributions , et croy que mondit seigneur le marechal
</p><p id="1" n="49 " type="texte">trouvera bon que vous et le sieur de Montbrun deputés quelques
</p><p id="1" n="50 " type="texte">personnages pour faire ce reiglement sans vous conformer aux expeditions
</p><p id="1" n="51 " type="texte">qu’on pourra prendre pardeça, car tous piedz ne se chaussent à une
</p><p id="1" n="52 " type="texte">forme , et seroit chose trop difficille et trop longue, voire impossible
</p><p id="1" n="53 " type="texte">de nous comuniquer les uns aux autres les reiglementz qui se feront
</p><p id="1" n="54 " type="texte">sur ladicte contribution par tous les pays de Guyenne, Rouergue,
</p><p id="1" n="55 " type="texte">Languedoc et Daulphiné, car le temps de la suspension sera expirée avant
</p><p id="1" n="56 " type="texte">qu’on ait osté dung bout à lautre, si chacun estoit aussi las des
</p><p id="1" n="57 " type="texte">dissentions civilles que moy qui nay dissention avecques personnes,
</p><p id="1" n="58 " type="texte">nous serions bien tost en bonne paix, de laquelle ne sortirons de
</p><p id="1" n="59 " type="texte">[224] noz vies. Je suis en grande peine de mon nepveu, lequel nest encore arrivé et sont
</p><p id="1" n="60 " type="texte">jà passez XXIIII jours quil est reparty. Je nay jamais senty printemps
</p><p id="1" n="61 " type="texte">en France si chault comme jay faict ceste hyver à Montpellier où il na
</p><p id="1" n="62 " type="texte">encore ny gellé, ny glasse, ny neigé. Mais nous nous sommes encores au dernier
</p><p id="1" n="63 " type="texte">jour de febvrier. Je men vois surce humblement recommander à votre bonne
</p><p id="1" n="64 " type="texte">grace et pryant le Createur,
</p><p id="1" n="65 " type="texte">Monseigneur, vous donner en parfaicte santé longue et heureuse vie. De
</p><p id="1" n="66 " type="texte">Montpellier, ce XXIIIIe jour de décembre 1573. Votre à jamais plus
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