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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XVII-9 Truchon, Jean, premier président du parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Paris, 15 août 1571. Reçue à Laval, 01 septembre 1571
Monseigneur, je vous envoye la coppie de la lettre que j’escris presentement à la court
à laquelle iadiousteray que le seigneur de Charbonneau ne se contente du renvoy
faict à vous d’une partie des articles par luy baillez parce que vous estes aucunement
comprins esdits articles par lesquelz entre autres, on se plainct que n’avez gardé equalité en
la distribution des compaignies des gens de pied qui ont faict servir dedans le païs de
Daulphiné et qu’avez en cella plus foullé ceulx de la religion que les catholicques ; et
encores que le seigneur de Sainct- Moris sestoit plainct à vous de ce que les Suisses
l’auroient oultragé et voulu tuer environ le temps des Estatz et que n’aviez faict
grant compte de sa plaincte. Lesdits articles contiennent aussy comme lon m’a dict
qu’on ne faict aucunes informations des delictz des catholicques et que les poursuites
se font seulement contre ceulx de la religion. Vella ce qu’en ay peu entendre car
je ne scavois rien de toute sa poursuite jusques au jour d’hier. Je partiray dans
huict jours pour repasser par la court et m’enquereray plus avant desdites poursuites,
lesquelles sont en partie contre la court et partie contre vous, car il fault que je vous
confesse qu’on nest pas le plus souvent ouy au conseil et que les remonstrances et expeditions se font par une partie sans ouir lautre encore quelle fust à la porte du conseil.
Ce seroit proprement à ung procureur general du roy de venir deffendre à telles remonstrances,
car lors que jen parle sans estre appellé ou enquis, aucuns me dient que cella rend notre
compaignie plus suspecte d’estre affectionnée en me demandant si jay memoires
et instructions signées par le greffier de la court ; et quand le sieur de Chastellard en parle
de la part du païs, on luy respond que les commis du païs ne doivent plus
favoriser ung parti que lautre et quilz se rendent partiaulx quant ilz parlent plus
par les catolicques que pour ceulx de la religion pretendue refformée. On dict que
monsieur le comte de Ventadoure est en une sienne maison près d’Orleans. Sil y est, je
le verray en passant. Surce, me recommandant humblement à votre bonne grace, et
priant le Createur vous donner
monseigneur, en parfaicte santé longue et contente vie. De Paris, ce XVe jour
d’aoust 1571
vostre à jamais plus fidelle et plus
affectionné serviteur
Truchon
Vous naurés la copie
ains loriginal de la lettre
que jescriz à messieurs
de la court ausquelz vous
plaira la faire tenir après
lavoir veue
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</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monseigneur, je vous envoye la coppie de la lettre que j’escris presentement à la court
</p><p id="1" n="4 " type="texte">à laquelle iadiousteray que le seigneur de Charbonneau ne se contente du renvoy
</p><p id="1" n="5 " type="texte">faict à vous d’une partie des articles par luy baillez parce que vous estes aucunement
</p><p id="1" n="6 " type="texte">comprins esdits articles par lesquelz entre autres, on se plainct que n’avez gardé equalité en
</p><p id="1" n="7 " type="texte">la distribution des compaignies des gens de pied qui ont faict servir dedans le païs de
</p><p id="1" n="8 " type="texte">Daulphiné et qu’avez en cella plus foullé ceulx de la religion que les catholicques ; et
</p><p id="1" n="9 " type="texte">encores que le seigneur de Sainct- Moris sestoit plainct à vous de ce que les Suisses
</p><p id="1" n="10 " type="texte">l’auroient oultragé et voulu tuer environ le temps des Estatz et que n’aviez faict
</p><p id="1" n="11 " type="texte">grant compte de sa plaincte. Lesdits articles contiennent aussy comme lon m’a dict
</p><p id="1" n="12 " type="texte">qu’on ne faict aucunes informations des delictz des catholicques et que les poursuites
</p><p id="1" n="13 " type="texte">se font seulement contre ceulx de la religion. Vella ce qu’en ay peu entendre car
</p><p id="1" n="14 " type="texte">je ne scavois rien de toute sa poursuite jusques au jour d’hier. Je partiray dans
</p><p id="1" n="15 " type="texte">huict jours pour repasser par la court et m’enquereray plus avant desdites poursuites,
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</p><p id="1" n="17 " type="texte">confesse qu’on nest pas le plus souvent ouy au conseil et que les remonstrances et expeditions se font par une partie sans ouir lautre encore quelle fust à la porte du conseil.
</p><p id="1" n="18 " type="texte">Ce seroit proprement à ung procureur general du roy de venir deffendre à telles remonstrances,
</p><p id="1" n="19 " type="texte">car lors que jen parle sans estre appellé ou enquis, aucuns me dient que cella rend notre
</p><p id="1" n="20 " type="texte">compaignie plus suspecte d’estre affectionnée en me demandant si jay memoires
</p><p id="1" n="21 " type="texte">et instructions signées par le greffier de la court ; et quand le sieur de Chastellard en parle
</p><p id="1" n="22 " type="texte">de la part du païs, on luy respond que les commis du païs ne doivent plus
</p><p id="1" n="23 " type="texte">favoriser ung parti que lautre et quilz se rendent partiaulx quant ilz parlent plus
</p><p id="1" n="24 " type="texte">par les catolicques que pour ceulx de la religion pretendue refformée. On dict que
</p><p id="1" n="25 " type="texte">monsieur le comte de Ventadoure est en une sienne maison près d’Orleans. Sil y est, je
</p><p id="1" n="26 " type="texte">le verray en passant. Surce, me recommandant humblement à votre bonne grace, et
</p><p id="1" n="27 " type="texte">priant le Createur vous donner
</p><p id="1" n="28 " type="texte">monseigneur, en parfaicte santé longue et contente vie. De Paris, ce XVe jour
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