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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XVII-185 Boczosel, Soffrey de, seigneur de Chastelard, à M. de Gordes, Paris, 22 juin 1572
Monsieur, nous avons receu vostre dépêche par l’homme
du receveur Lyonne, laquelle nous a mis en perplexité
d’autant que ce vostre dernier mémoire est fort différent
du premier que vous nous baillates à nostre départ touchant
l’évocation pour le procès de Laval, auquel premier on y a
satisfaict à la très grande diligence et travail de
monsieur d’Hourche et vous souviendrés que par touttes
les lettres que nous avez escrittes despuis, vous nous chargés
de poursuivre l’effect de vozdits premiers mémoires que
pourtoint de déclairer qu’il vous semble raisonnable
que ledit procès feut évoqué du parlement de Daulphiné
bien que les causes de récusations feussent par trop frivolles,
ce que nous avons remonstré et dict et parlà [a] ledit sieur
d’Hourche tant plus aisément obtenu la contraire évocation
qu’il vous envoye. Néantmoins par ceste dernière
dépêche vous désiré principalement que la cause demeure
audit parlement du Daulphiné du moins que les récusations y
soient iugées par messieurs de la court ou par autres.
Monsieur, nous n’avons sceu comment remuer ceste
besogne de nouvau et en temps que les lettres de
contraire évocation de ce parlement de Paris ne font
que partir du seau ny que d’estre commandées et signées
de la propre main du roy et d’ung secrétaire des
commandementz frère du premier président de Dijon et
dressées de façon qu’il n’y peut avoir difficulté sur
obreption et subreption, tellement qu'elles peuvent
du tout satisfaire à vostre premier désir et à ce que aussi
a touttesfins vous désirés par voz derniers mémoires;
qu’a esté occasion, monsieur, que nous nous sommes résolus
vous envoyer lesdites lettres et en avoit responses de vous advant
[v°] advant que d’entrer en poursuitte de voz derniers mémoires,
de quoy il vous plaira promptement nous faire une dépêche
si vous y voulez arrester, il les fauldra promptement envoyer
à Dijon si on peut avoir loisir, monsieur d’Hourche
pour en avoir lettres particulières en leur matière au premier
président et de monsieur Brulart son frère. J’ai congneues
par les procédures que vostre partie ce faict scavant homme
en cour laye. Je suis bien marry de le voir hurter
contre vous et contre madame et estime que c’est
le conseil des praqticiens qui débauche ung frant
et bon naturel que i’ay toujours cogneu en luy. Je vous
puis presque asseurer bien que la cause sera retenue
en ce parlement, qu’il voudroit encor estre devant
celuy du Daulphiné où la iustice est aussi bonne qu’en lieu
du monde. nous verrons si néantmoins il faudra
faire une présentation au privé conseil suivant le
renvoi de ladite cour de parlement de Daulphiné.
Pour ne nous laisser surprendre, faictes que ayons
bientost de voz nouvelles.
On sest enquis à moy quelz bons capitaines monsieur
des Adretz avoit trouvé pour ses compainies. Je leur
ay monstré le présent pourteur pour le premier. Je ne
scay si les autres seront de l’estoffe on branle à les
renvoyer chez eulx. Monsieur d’Hourche vous en pouroit
escrire plus au long. Cependant, ce seroit grand bien
au pays de ne haster pas fort la levée. On dict
touttesfois qu’il se lève grand force en l’estat de
Milan. Monsieur de Bellegarde part dans deux ou troys
iours pour retourner en Piedmont. Les affaires tendent
comme il semble plus à la con[signa]tion de la paix que
à guerre avec le roy catholique. Néantmoins, ceulx
[f° 186] de la religion coullent à trouppes en Flandre où le
sieur de Guerchy en maine une bonne de gens de cheval.
Si est ce que le gouverneur ou lieutenant de Dorlans a
rompu ou dévalisé quelques companies sur les chemins
qui y alloint. Ceulx-là auront esté sacrifiés pour le salut
publiq et sera une expiation de ce qu’auroit esté
par soubçon violé. On dict que le roy chatolique demande
passage pour six mil hommes de pied et pour gens de cheval
aussi qu’il veut faire passer en Flandres. il offre et demande
ostages pour la seureté du passage, sur quoy se font
plusieurs discours. Le duc de Médinaceli est abordé
en Flandres avec cinq mil Espagnolz et avec force grande de ducatz.
Celle querelle de flandres est presque aussi passionnée
selon la diversité des religions qu’estoit la nostre,
si est ce que la présumption est contre les gueulx ou
huguenotz de ne pouvoir subsister, mais aux guerres
civiles l’événement le plus souvent trompe les plus
grandz entendementz.
la companie de monsieur de Maugiron n’a pas esté obliée,
mais on a bien cogneue que ce n’estoit pas bien son lieu
et dict que c’est pour la mettre là par où sera
monsieur.
Les lettre d’évocation ont demeuré égarées chez le secrétaire
qui les a faict sceller iusques à présent qu’est occasion que
ne les avez peu plus tost avoir. je prie Dieu
Monsieur, vous conserver en très bonne et longue vie.
De Paris, ce XXIIe juin 1572.
vostre très humble serviteur
Chastellard
de Boczosel
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</p><p id="1" n="55 " type="texte">scay si les autres seront de l’estoffe on branle à les
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</p><p id="1" n="65 " type="texte">sieur de Guerchy en maine une bonne de gens de cheval.
</p><p id="1" n="66 " type="texte">Si est ce que le gouverneur ou lieutenant de Dorlans a
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</p><p id="1" n="75 " type="texte">en Flandres avec cinq mil Espagnolz et avec force grande de ducatz.
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</p><p id="1" n="77 " type="texte">selon la diversité des religions qu’estoit la nostre,
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</p><p id="1" n="81 " type="texte">grandz entendementz.
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