Projet GordesUne correspondance à la Renaissance

XVIII · f° 39 40 · 1572-07-19

XVIII-39 Boczosel, Soffrey de, seigneur de Chastelard, à M. de Gordes, Paris, 19 juillet 1572

Boczosel, Soffrey de, seigneur de Chastelard → M. de Gordes

Transcription

Texte de l’édition · graphies et annotations conservées

-

XVIII-39 Boczosel, Soffrey de, seigneur de Chastelard, à M. de Gordes, Paris, 19 juillet 1572

Monsieur, me trouvant à la closture de ceste dépêche

du roy, je vous ay faict à la haste ce mot pour vous dire

que votre dépêche du Ve nous fut seullement randue hyer

XVIIIe jullet. Du jour mesme, monsieur d’Hourche parla

à la royne et au roy du contenu en icelle. La royne dict

qu’elle en parleroit au roy. Le roy fit quelque difficulté sur

la qualité du don. Nous estimons que les choses sont par

dela en bon estat puis qu’il n’y a poinct heu de recharge.

La despêche a séjouné es mains des secrétaires de monseigneur

le prince daulphin. J’attens l’opportunité d’en attacher leurs

magestés de bonne façon. Ce matin, monsieur le président

Fléhard a dict publiquement avoir heu lettre du XIIe

de monsieur de Pressin, l’advertissant de la grande maladie

où monsieur le président Truchon se treuve et que ledit

sieur président dudit jour XIIe luy avoit dict, le visitant, qu’il

se cognoissoit du moins au lict d’une très longue

maladie et en crainte de n’en relever. Son nepveu Bazemont

estoit à se discours présent. Je ballis votre lettre à monsieur

Bellieuvre et celle de monsieur de Saint André et luy communiquiei

ce que vous en escriviés à monsieur d’Hourches, qui est de

retour puis quatre ou cinq jours de Lorrayne. Nostre

Segneur luy veuille donner bonne santé. Nous en tiendrons de

près leurs magestez. Je ne puis avoir response à voz lettres

au roy du Ve. Monsegneur ne treuve pas bon

que l’on licentie les compainies que l’on ny voye plus clair.

Du vent qui court ce jourdh’uy, nous sommes à la guerre.

Les monstres sont publiées au XXIe d’aoust en armes

où la companie de monsegneur le prince daulphin estoit ordonnée

à Crémieu ce me semble, la vostre à Moyrens, celle de

monsieur de Suze à Pierrelate, de monsieur de Maugiron

à Beaurepaire. Il se parle de la faire passer en Piedmont

et mettre celle de monsieur de Bellegarde dans le Daulphiné

[v°] à cause de la controverse qu’il a avec le seigneur Ludovic,

lequel Julles Centurion m’a dict que sa companie

peut avoir receu de ce jour argent et qu’elle

satisfera du tout à ce qu’elle aura heu de présent,

qu’est occasion que je n’en importuneray point leurs

magestés que je n’aye heu autres novelles de

monsieur le procureur du pays et de vous principallement

monsieur ; Le sieur de Cugy me dict le XVIIe qu’il

avoit receu avec le Cheylard, ung cayer des plainctes

que ceulx de la Religion de votre gouvernement font

touchant le traictement qu’ilz ont receu puys l’édict

de la paix et que j’en advertisse monsieur d’Hourches, d’autant

que par ci-devant, ilz l’avoient

asseuré qu’ilz n’avoint rien de ce costé comme ilz

n’avoint heu, mais que puis peu de jours, on le leur avoit

envoyé du Daulphiné. Hyer ilz le vindrent trouver

en son lougis et luy ont promis de le luy faire voir. Je n’en ay

sceu aucun article, sinon que vous aviez lougé la companie

de Centurion à Loriol où l’exercice de leur Religion

se faict et que c’est en hayne d’icelle. Il y a, comme

Cugy m’a dict, autre cahier contre messieurs de

la cour de parlement. Ung des articles d’iceluy est

pour l’adjournement personnel donné au sieur de Torchefelon,

où l’on faict ung grand discours du réachapt que l’on a

voulu faire de la terre de Mornas. Autre chose

n’en say-je.

Le sieur de Janlis marche pour aller joindre le

prince d’Orenge puis le XIIIe de ce moys avec

touttes les trouppes qu’estoint sur la frontière,

que sont de quatre mil hommes de pied et

plus de IIIIc[ent] chevaux. L’on tient que

Chepon Vittelly a esté fort blécé devant Mons,

aucungz asseurent qu’il soit mort. Tous ceux qui

[f° 40] sont du voyage de mer sont partis de ceste cour, le sieur

De Gahyer e[s]t le dernier. Le roy a donné au sieur de

Sainte-Marie, lieutenant de monsieur de Maugiron, le

gouvernement de Dorlan. Il y a quelques contredisans,

mais il s’asseure de l’avoir paisible. C’est ung très honneste

gentilhomme. Je crains que le voyage de monsieur de Passage

ne luy préjudice à venir en sa place. Je voy assez souvent

monsegneur le prince daulphin, je luy parleray à quelque

occasion de ce que m’escrivez. J’ay envoyé la parcelle

du XIIIe de ce moys par la voye du contreroleur

des postes. Je présente mes très humbles recommandations

à votre bonne grâce, priant Dieu

Monsieur, je prie Dieu qui vous conserve en

très longue et heureuse vie. De Paris, ce XIXe

jullet 1572

Votre très humble serviteur

Chastellard

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Monsegneur ne treuve pas bon&#xD;</p><p id="1" n="27  " type="texte">que l’on licentie les compainies que l’on ny voye plus clair.&#xD;</p><p id="1" n="28  " type="texte">Du vent qui court ce jourdh’uy, nous sommes à la guerre.&#xD;</p><p id="1" n="29  " type="texte">Les monstres sont publiées au XXIe d’aoust en armes&#xD;</p><p id="1" n="30  " type="texte">où la companie de monsegneur le prince daulphin estoit ordonnée&#xD;</p><p id="1" n="31  " type="texte">à Crémieu ce me semble, la vostre à Moyrens, celle de &#xD;</p><p id="1" n="32  " type="texte">monsieur de Suze à Pierrelate, de monsieur de Maugiron&#xD;</p><p id="1" n="33  " type="texte">à Beaurepaire. Il se parle de la faire passer en Piedmont&#xD;</p><p id="1" n="34  " type="texte">et mettre celle de monsieur de Bellegarde dans le Daulphiné&#xD;</p><p id="1" n="35  " type="texte">[v°] à cause de la controverse qu’il a avec le seigneur Ludovic,&#xD;</p><p id="1" n="36  " type="texte">lequel Julles Centurion m’a dict que sa companie&#xD;</p><p id="1" n="37  " type="texte">peut avoir receu de ce jour argent et qu’elle&#xD;</p><p id="1" n="38  " type="texte">satisfera du tout à ce qu’elle aura heu de présent,&#xD;</p><p id="1" n="39  " type="texte">qu’est occasion que je n’en importuneray point leurs&#xD;</p><p id="1" n="40  " type="texte">magestés que je n’aye heu autres novelles de&#xD;</p><p id="1" n="41  " type="texte">monsieur le procureur du pays et de vous principallement&#xD;</p><p id="1" n="42  " type="texte">monsieur ; Le sieur de Cugy me dict le XVIIe qu’il&#xD;</p><p id="1" n="43  " type="texte">avoit receu avec le Cheylard, ung cayer des plainctes&#xD;</p><p id="1" n="44  " type="texte">que ceulx de la Religion de votre gouvernement font&#xD;</p><p id="1" n="45  " type="texte">touchant le traictement qu’ilz ont receu puys l’édict&#xD;</p><p id="1" n="46  " type="texte">de la paix et que j’en advertisse monsieur d’Hourches, d’autant&#xD;</p><p id="1" n="47  " type="texte">que par ci-devant, ilz l’avoient&#xD;</p><p id="1" n="48  " type="texte">asseuré qu’ilz n’avoint rien de ce costé comme ilz&#xD;</p><p id="1" n="49  " type="texte">n’avoint heu, mais que puis peu de jours, on le leur avoit&#xD;</p><p id="1" n="50  " type="texte">envoyé du Daulphiné. 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