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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XXII-76,77 Urre, Rostaing d', seigneur d’Ourches, à M. de Gordes, Montélimar, 1er février 1574. Reçue à Valence, le 15 février 1574. Répondu
Monsieur, jay receu la votre du jourt dhyer, veu la coppie de la lestre que sa majesté vous ha escripte, pareillement celles de
messieurs d’Evènes et Chastellart, lesquelles je vous remercye grandement, resiouy que je suis des bonnes nouvelles que
le sieur de Mauvissières ha rappourtées et de ce que les malhereuses menées des ennemys du repous de ce royaulme soyent
descouvertes sans reussir celon leurs perfide intention, lesquelles toutz princes, seigneurs et gentislhommes doyvent
tant plus abbhorées, estant telz artifices si detestables que toutz ceux qui ont la crainte de Dieu lont en grandissime
horreur. Je masseure que les princes d’Allemaigne et aultres estrangiers leurs veullent pour le jourdhuy aultant de
mal pour les veoyr persister en leurs obstinations, comme ilz se devroyent repantyr davoyr estés si promptz pour
le passé à les secouryr ; car la persuasion que telz desesperés font au peuple de seslever touche generallement à
toute la noblesse. Ceux de Saverne que le duc de Lorrayne deffit peuvent servir dexemple à ceul qui voudroyent
reprendre ces mauvaises toisées. Et si tant estoit quil y en eust encores dulcerés qui fussent compousées dune si
pernitieuse vollonté, ilz cen devroyent despartyr pour jamays, ayant desia estées deschargées des tailles extraordinaires
estant aussi sadicte majesté à mesmes par bonnes reformations, à les [mot barré] soulaiger des insupourtables despences
quilz ressoyvent par les gens de guerre estant ce me semble le vray moyen dassoupir toutes ces malhereuses guerres
civilles ; et que le peuple, à mon advis, ce despartira de toutz complotz sinistres pour randre lhobeyssance naturelle
quilz doivent à sadite majesté. Et en cas de refus, que Dieu ne veuille, elle, par son espargne, ce trouvera en moyens de les
ranger avec la fource, ce que je me prometz quil fera aysement en Languedoc et ce païs, si les aultres provinces
sont paisibles et que sa dite majesté viennent à Lyon pourveu de lequiipaige que [barré leurs] sa presance requiert. Je nay seu comprandre
ce que le dit sieur de Chastellart vous touche des languaiges que le roy luy tint de vous, lesquelz ilz fit entendre à la
royne sa mère, dont il vous en donnast advis par un forrier ou aultre de la maison de monsieur le mareschal
de Damville, ce doubtant que sur ce faict du conte de Gayas, estant le subiect sur la venue des Suisses en votre
gouvernement. Il est bien vray que par la votre du XIXe du passé, me donniés advis comme le sieur d’Hautefort,
ambassadeurs pour sa majesté en Suisse, vous avoit escrit une lettre de laquelle vous aviés envoyé coppie à sa dite
majesté, affin quelle cogneut loccasion quelle pourroyt avoyr de ce doulloyr du traictement que les Suisses ont
receu en votre dit gouvernement, bien que je ne vous repliquasse rien à la votre du XIXe, je nen estoys pour cela
moins en peyne. Il me semble que ce seroit bien chercher une querelle d’Allemant quy auroit [barré : quequn] quelque chouse de
commun à la venue du seigneur en ce pays pour la pacification diceluy [barré : si] car au lieu de vous remercier et sauvoyr
bon gré du gratieux et doulx traictement que lesditz Suisses receurent par votre moyen en ce pays lon adheroyt
[76 v°] aux impoustures et fauces callomniations de certains qui vous sont mal affectionées, dont jaccuse le
principal autheur celuy qui est si longuement oppiniastre à la court pour estre employé à la negotiation
de la paix de ce païs, et possible que monsieur le chancellyer qui faict profession damityé avec luy ce
trouveroyent de la caballe [mots barrés] saysi ledit seigneur ambassadeur nayant seu marié sa fille par le moyen de
la lieutenance de sa compagnye vouldroyent quelle luy [barré : present] profita quelque plus grant chouse sentent
que ce fut la principalle ouverture de parvenyr à son entreprise [barré : avec] en donnant sa lieutenance au sieur
de Mombrun, et que par ce moyen, ilz demourdroyent de la meffiance en laquelle, sans occasion, ilz ce
sont layssés saisir et que toutes chouses pacifieroyent en ce dit païs dont sa magesté sus ceste
nouvelle occasion auroit possible promys audit seigneur sil en estoit le ministre, quil le reintegreroit
à sa charge pretendue, dont le sieur Fernillier, que je nay point veu, auroit desgrossy les affères ;
mais que cecy ce rappourte aulcunement au discours quil vous fit quen playne table au grison le sieur
Repara avoyt [barré : il semble] tenu quelques propos que monsieur de Maugiron venoit commander en ce païs,
lequel nen parlat jamays, mays ledit Fermillyer pansoyt par là tirer quelque chouse pour
favoriser son entreprise. Je neus jamays tant de regret à chouse de ce monde que ledit Fermillyer ne
fut arresté en quelque lieu revenant devers le sieur de Mombrun, affin quon heu veu ce quil portoit.
Monsieur d’Evènes ce souviendrat bien de ce que je luy en dis plusieurs foys. Je massesure quilz metront
au devant audit sieur de Mombrun comme ce luy sera grant honneur destre lieutenant du gouvernement de
sa province, veu les grantz retranchementz [barré : qu] et casseryes quil ce faict sur la gendarmerye, quoy que cest,
ni quoy quadvienne. Je marreste à ce que ledit sieur de Chastellart vous escrit que toutz les grandz et
petitz lèvent voz actions, aussi que ne vous donnés pas grant peyne ny peur du contrayre. Je nay point
receu la lettre que monsieur d’Evènes dit mavoyr escrit du XVIIIe du passé. Jay veu la responce du sieur de
Monbrun, aussi impertinente que les siennes aultres precedantes. Je salue voz bonnes graces par mes
très humbles recommandations, priant Notre Seigneur vous donner,
monsieur, en très bonne sancté longue et hereuse vye. Au Montelimar, ce premier febvrier
Le sieur du Pègue estoit venu icy en desliberation de vous aller faire certaynes plainctes de ceus de Toulignan qui le mena(ssent)
de le faire demetre de sa charge. Despuis, il cest advisé de sen retourner, mays me
prye de le vous faire savoyr. Il vous escrit une lettre que je vous envoye.
Vostre très humble filz et à jamays très
hobeissant serviteur
hourche
[77] je masseure que dans le paquet de Crillon, il y avoit des lettres de monsieur de Laval. Dieu soit loué quyl [barré : (que) ledit sieur]
soit en bonne sancté. Il vous plairra vous ressouvenyr de ce gentilhomme qui passat vers le sieur de Toyauls,
allant devers ledit sieur de Mombrun de la part de monsieur le chancellyer qui luy avoit deffendu de ce bien
guarder que vous neussiés cognoyssance de son voyage. Je masseure que messieurs d’Evènes et Chastellart en
descouvryront bien toust quelque chouse. Je vouldroys que cet habille negociateur [barré : eust] ce hastasse de
venyr pour lestablissement de la paix, car les ennemys vollent journellement et tuent des charretiers auprès
de La Berre.
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</p><p id="1" n="5 " type="texte">le sieur de Mauvissières ha rappourtées et de ce que les malhereuses menées des ennemys du repous de ce royaulme soyent
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</p><p id="1" n="11 " type="texte">toute la noblesse. Ceux de Saverne que le duc de Lorrayne deffit peuvent servir dexemple à ceul qui voudroyent
</p><p id="1" n="12 " type="texte">reprendre ces mauvaises toisées. Et si tant estoit quil y en eust encores dulcerés qui fussent compousées dune si
</p><p id="1" n="13 " type="texte">pernitieuse vollonté, ilz cen devroyent despartyr pour jamays, ayant desia estées deschargées des tailles extraordinaires
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</p><p id="1" n="15 " type="texte">quilz ressoyvent par les gens de guerre estant ce me semble le vray moyen dassoupir toutes ces malhereuses guerres
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</p><p id="1" n="17 " type="texte">quilz doivent à sadite majesté. Et en cas de refus, que Dieu ne veuille, elle, par son espargne, ce trouvera en moyens de les
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</p><p id="1" n="23 " type="texte">gouvernement. Il est bien vray que par la votre du XIXe du passé, me donniés advis comme le sieur d’Hautefort,
</p><p id="1" n="24 " type="texte">ambassadeurs pour sa majesté en Suisse, vous avoit escrit une lettre de laquelle vous aviés envoyé coppie à sa dite
</p><p id="1" n="25 " type="texte">majesté, affin quelle cogneut loccasion quelle pourroyt avoyr de ce doulloyr du traictement que les Suisses ont
</p><p id="1" n="26 " type="texte">receu en votre dit gouvernement, bien que je ne vous repliquasse rien à la votre du XIXe, je nen estoys pour cela
</p><p id="1" n="27 " type="texte">moins en peyne. Il me semble que ce seroit bien chercher une querelle d’Allemant quy auroit [barré : quequn] quelque chouse de
</p><p id="1" n="28 " type="texte">commun à la venue du seigneur en ce pays pour la pacification diceluy [barré : si] car au lieu de vous remercier et sauvoyr
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</p><p id="1" n="42 " type="texte">lequel nen parlat jamays, mays ledit Fermillyer pansoyt par là tirer quelque chouse pour
</p><p id="1" n="43 " type="texte">favoriser son entreprise. Je neus jamays tant de regret à chouse de ce monde que ledit Fermillyer ne
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</p><p id="1" n="48 " type="texte">ni quoy quadvienne. Je marreste à ce que ledit sieur de Chastellart vous escrit que toutz les grandz et
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</p><p id="1" n="51 " type="texte">Monbrun, aussi impertinente que les siennes aultres precedantes. Je salue voz bonnes graces par mes
</p><p id="1" n="52 " type="texte">très humbles recommandations, priant Notre Seigneur vous donner,
</p><p id="1" n="53 " type="texte">monsieur, en très bonne sancté longue et hereuse vye. Au Montelimar, ce premier febvrier
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</p><p id="1" n="55 " type="texte">de le faire demetre de sa charge. Despuis, il cest advisé de sen retourner, mays me
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</p><p id="1" n="58 " type="texte">hobeissant serviteur
</p><p id="1" n="59 " type="texte">hourche
</p><p id="1" n="60 " type="texte">[77] je masseure que dans le paquet de Crillon, il y avoit des lettres de monsieur de Laval. Dieu soit loué quyl [barré : (que) ledit sieur]
</p><p id="1" n="61 " type="texte">soit en bonne sancté. Il vous plairra vous ressouvenyr de ce gentilhomme qui passat vers le sieur de Toyauls,
</p><p id="1" n="62 " type="texte">allant devers ledit sieur de Mombrun de la part de monsieur le chancellyer qui luy avoit deffendu de ce bien
</p><p id="1" n="63 " type="texte">guarder que vous neussiés cognoyssance de son voyage. Je masseure que messieurs d’Evènes et Chastellart en
</p><p id="1" n="64 " type="texte">descouvryront bien toust quelque chouse. Je vouldroys que cet habille negociateur [barré : eust] ce hastasse de
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Fac-similé
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Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.