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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XXII-96-97 Duvant, à M. de Gordes, Grenoble, 04 février 1574. Reçue à Valence, le 05 février 1574. Répondu
Monseigneur, au retour de monsieur le president de Portes, il me bailla deux lettres de
madame la grand quelle mescript pour ces affaires, lesqueles je vous envoye
par mon laquaix. Je pence que vous an aurés receu une quest à vous ; et
pour monstrer le bon office que messieurs les gens du roy, tant de la chambre
que de la court, ont faict sur les lettres de don, je vous envoye une coppie
des conclusions prinses tant dune partie que daultres sur lesqueles
neantmoingz je ne mareste pas beaucop, car il se trouvera par
la lecture desdites lettres que le roy a derogé à toutes ces ordonances
et aux derrogations des derrogations et ne lerra pour tant de
representer aultre règle demain, non obstant les conclusions de
ces messieurs pensans y avoir esgard de passer oultre ; et sil
vous plaisoict parce laquaix en escripre en particullier ou
en general à la court, ce seroict bien maintenant le coup car il
sen fera ung arrest, soyt de la veriffication ou renvoy,
et scay bien quil feroit plus destat de voz lettres que de celles
du roy ne du duc de Scavoye. Je cognoy bien ceulx qui sont
de bonne volunté et les aultres qui ne le sont et les rancoeurs pourquoy.
Or monseigneur, javoye remis à la première commodité vous escripre
que après le grand contentement que les dames ont heu de remettre
le bal, elles nont pas heu grand joye à la reformation des
habitz, mesmes de ceulx de coleur que pour la dernière foys
quelles pencent les porter, ilz ne tièrent bien les rues. Avant-hier,
à la procession, il y avoict pour le moingz dix huict ou vingt
robes de velours avec panssementz dor et dargent, y comptant cele
de madamoiselle du Motet de velours violet cramoisi, toute couverte
le corps de grantz et larges passementz dargent avec des grosses
[96 v°] eguillietes dor sur les menches et au devant de la robe accompagnée
de la cotte de satin cramoysi à fondz dor rayé dargent. Elle
gaignoyt de tabernacle ; puys à laprès souppé au bal chez
monsieur du Monestier, elle avoyt changé daultre habit
au si beau et aussi riche : un manteau de panc cramoysi
[barré : avec] presque tout couvert de passementz dor et les boutons de
mesme, un corps de satin rayé dor faict à lespaignolle.
Or y avoyt il partaige de bal partaige du je[u] des
dames, partie chez monsieur le gouverneur et partie chez
monsieur du Monestier, où il y eust masques à force.
Tout ce soir, monsieur du Molar tint le bal comme jà
le dimanche au paradvant. Il avoyt faict tant à laprès
disnée qu’à laprès souppés, remectant ses affaires à la
volunté de messieurs. Et, à ce que jay peu entendre, il ne
continue le bal que par oppignon quil a destre amoureulx
dune [barré : feme] dame maryée, et nen pert pas un ne une
cadance. Lon a descouvert ces jours passés des amours
que lon a veu esclorre par ce quelles avoyent jà long temps
conue de quoy monsieur de Bazemont nen sera pas trop ayse
si jà il nen prins asseurance de la damoyselle
sa maistresse parce quil y a ung consellier de la court qui est
logé où estoyt monsieur de Marcieu et la damoyselle
vis-àvis chez le secretaire Rossignol, nayant que la
rue entredeulx, où il peult plus commodement faire entendre
ces passions. Elle est belle vefve, honeste, de bon lieu
et de bonne part, et aymable et daussi belle taillie que damoiselle
[97] de ceste ville. Jen ay jà faict la guerre audit sieur de Bazemont, mays
il se promet quelque asseurance. Elle a jà heu deux
marys, mays je croy que lung ne laultre nont trouvé le secret
de la noce. Le plus grand inconvenient qui puisse advenir
est que tous les vins vieulx de ceste ville sont cy caichés quon
nen peult plus trouver ; et le malheur est que je ne me puys
acomoder aulx noveaux, car mon naturel est de ne mabiller
de vert. Sil vous plaisoyt menvoyer une commission
pour en faire recherche, il sen trouveroyt encor assés comp[l]etement
pour votre venue aux estatz, tant blanc que clairet et ce
en vous actendant je macomoderoys aultrement vous serés
fort mal abreuvé. Pencés y : ung adverti en vault deulx.
Ce sont affaires domestiques et proffitables à la santé
de laquelle vous debvés estre curieulx, sy tant est
je feroy si bien mon debvoyr que naurés occasion destre
faché contre moy, y deussé-je appeler votre aulmonier
qui nest pas maintenant guière empesché. Et actendant
de recepvoyr voz commandementz, je supplieray le Createur
vous donner
monseigneur, en parfaicte santé, heureuce vie et longue. De Grenoble,
ce IIIIe jour de febvrier 1574
Avoyr veu les lettres de madame la grand, je vous supplie les me renvoyer
pour luy faire responce ; et sil vous plaict luy escripre, jaymerey luy
faire tenir leuremède [sic] par la voye du chevaucheur de Montmelian.
Monsieur le president a jà faict puys son arrivée quatre ou cinq entrées pour apointer
monsieur Bovier et sa feme, mais ilz ne pencent venir au poinct car il se veult
reserver le droict de retention comme monsieur Lhemery demandoit quon remetoit
le tout à votre venue.
Votre très humble serviteur
Duvant
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</p><p id="1" n="59 " type="texte">est que tous les vins vieulx de ceste ville sont cy caichés quon
</p><p id="1" n="60 " type="texte">nen peult plus trouver ; et le malheur est que je ne me puys
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</p><p id="1" n="67 " type="texte">Ce sont affaires domestiques et proffitables à la santé
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Fac-similé
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Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.