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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XXII-148-149 Dorgeoise, Jean de, seigneur de La Thivolière, à M. de Gordes, Grenoble, 08 février 1574. Reçue à Valence, le 10 février 1574. Répondu
Monsieur, je vous escriptz dernierement par le cappitaine Baheux comme
javois envoié le cappitaine Curebource à La Mure avecq trente arquebusiers
et une lettre adressante au cadet de Vauguedemar questoit enseigne
de La Balme. Ledit La Balme estoit en ceste ville, lequel jentretenois
par subtilz moiens affin quil ne sceust le depart dudit Curebource,
lequel arriva audit lieu de La Mure sur les unze heures du soir,
presentant ma lettre audit cadet et, lavoyr veu, il feit
responce quil ny entreroit point quil ne vid ledit La Balme
et cognoissant que son entreprinse estoyt decouverte, deulx
heures après minuit, il sortit du château faignant allé en
son logis quil avoyt en la ville, prins ses pistolles questoient
chez ung serrurier et sen alla à Château Neufz en Beaulmont, où
il y a quinze ou vingt soldatz des ennemys et salla rendre
avecq eulx. Il y a ung gentilhomme de Corp qui sapelle le cappitaine
Achard, questoyt enseigne de monsieur de Beaulmont au
au siège de Montilhimard, lequel feust adverty dans ledit Corp
par ung de ses amys quil se osta de là et quon le volloit
tuer et quil y avoyt une entreprinse sur les chateaux de La Mure
et que le tradiment se menoyt par ung des chefz ; lequel Achard
monta à cheval soudain et sen vint à La Mure, estant dans
la maison de monsieur de Beaulmont par ce quil
se tient ordinairement avecq madamoiselle comme parent
quil luy est dict aux soldatz du château de faire bonne
garde et quil y avoyt une entreprinse sur lesdits chateaux
[148 v°] laquelle debvoye estre exequuter ce soir. Lon ma
faict entendre par le sieur que sy le cappitaine Curebource
ny feust entré que ladite entreprinse sexecutoyt le mesme
soyr par le moyen du cappitaine Bastien [barré : que]. Jevous
escriptz dernierement comme javoys mis dans lesdits chateaulx
pour y commander ung gentilhomme nommé Lagrange quy est
parent de monsieur du Monestier, dequoy il ma faict
asseurance quil tiendroyt le château en bonne garde. Le cappitaine
Curebource les a visité et ma dict que lesdits chateaulx ne se
peulvent gardé à sy petit nombre de soldatz comme il
y a. Jen parleray aujourdhuy à messieurs du païs pour
regarder à tout ce que y sera de necessaire. Ce
traistre de cadet dict à ceulx de Chateauneufz quant il
feist retiré avecq eulx pensant leur prendre lesdits chateaulx
que lentreprinse estoyt fallie comme a dict ung sien
lacquais qui na despuys vollu demeurer avecq luy.
Il y avoyt une porte au derrière du château par où ilz
debvoyent [barré : es] entré, quon trouva ouverte. Le cappitaine La
Balme feust adverty comme javoys envoyé à LA Mure le
cappitaine Curebource, lequel mavoit promis de ne
bouger de ceste ville ; et le lendemain, sur une heure
après midy, il treuva moien davoyr ung cheval et
sachemina à La Mure. Mays le cappitaine Curebource
[149] estoyt jà dedans par le moien dudit Achard et dung
capporal , et estant adverty ledit La Balme que Curebource
estoyt dedans, il demeura à La Motte. Je ne scay sil
scavoye rien de lentreprinse. Monsieur, vous mescriptes
par votre dernière lettre de faire mettre en liberté deulx des
prisonniers qui sont en ceste ville, par eschange de
Flory et du seigneur Cezar. Nous balherons Margallier
et le Moustié. Quand au marchant que me mandés
quest prisonier à Vitrolle, le consul d’Embrun ma dict
quil a esté mis à rançon et quilz estoyent prest à luy porter
argent. Je vous heusse escript toutes choses
plus tost, neust esté que jattendoys la venue du
cappitaine Curebource pour vous en escripre à la verité.
Et ne scaichant autre chose, je finiray ceste par
mes humbles recommandations à votre bonne grace et
prie le Createur,
monsieur, vous donner en bonne santé très heureuse et bien
Llongue vie. De Grenoble, ce VIIIe febvrier 1574.
Votre très humble et aubeyssant
servyteur La thivollière
Nous navons encor pont entendu
des nouvelles du seigneur Carles.
Le cappitaine Goubert ma monstré une lettre que luy avés escript par laquelle luy
mandés que sy la ville luy doibt quelque chose, quil sadresse à moy. Il demande du
boys et des chandelles pour luy et son enseigne. Ilz luy en ont desjà balhé une batelle. (= petit bateau)
Par quoy sil vous plaist me faire entendre votre volenté.
Ledit Cadet a esté sergent de la
compagnye de monsieur d’Ourches.
[149 v°] Monsieur, lauditeur Faure estant à Gap et vollant venir en ceste ville
obtint passe port de monsieur des Diguières avecq lequel il dina
samedy passé à Aspres dans la maison de Bonard et ma dict que
ledit Disguières avoyt receu lettre que jescripvois au Cadet
pour recepvoyr Curebource avecq les soldatz quil conduisoyt
dans le château de La Mure y estoyt aussi ledit Cadet.
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Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.