Projet GordesUne correspondance à la Renaissance

XXII · f° 218, 219 · 1574-02-13

XXII-218-219 Dorgeoise, Jean, seigneur de La Thivolière, à M. de Gordes, Grenoble, 13 février 1574. Reçue à Valence, le 16 février 1574. Répondue.

Dorgeoise, Jean de, seigneur de La Thivolière → M. de Gordes

Transcription

Texte de l’édition · graphies et annotations conservées

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XXII-218-219 Dorgeoise, Jean, seigneur de La Thivolière, à M. de Gordes, Grenoble, 13 février 1574. Reçue à Valence, le 16 février 1574. Répondue.

Monsieur, jay receu la lettre quil vous a pleu mescrire par votre

lacquais, et quant à ce que me mandés quil seroit requis de decouvrir

plus à la verité du tradiment du cadet de Voguedemar ; [barré : et] quant à ce, cest

une chose plus que trop veritable. Monsieur de Gonas estant allé voir

monsieur des Diguières, a fait entendre à monsieur de Varce que pour le

seur il y avoyt entreprinse sur le chateau de La Mure prest à

executer. Il y a troys jours que messieurs du pays et moy y avons

pourveu, tant pour celluy du roy que de madamoyselle de Beaulmont

et y avons mys cinquante soldatz, sans y comprendre le cappitaine et son

enseigne, que faict le nombre de cinquante deulx. Monsieur du

Monestier est allé à La Mure, lequel visitera les chateaux pour y faire

pourvoir de tout ce qui sera necessaire. Quant au marchant,

je receuz dimenche dernier une lettre de monsieur de

Savines, lequel mescrit qion luy demande mil escus de rançon et ung

prisonier. Je feiz hier mettre le ministre et Margallier en liberté

pour avoyr seignor Tezar et Flory quilz doibvent mettre au monestier

de Clermont dune part et daultre. Il y a encor en ceste ville

Galeys et Gafontayne prisoniers. Monsieur, sy les huguenaulx senstendent

comme ilz font le bruizct, comme verrez par une lettre que jay receu

ce matin dudit sieur du Monestier, laquelle je vous envoye, ceulx

du compte de Beynez qui sont à Moyrenc et à Tullin ne serons

en guière bonne asseurance et quils feront tout ce quilz pourront

pour les surprendre. Toutesfois, je vous tiens adverty dheure à

autre sy ainsy est que lennemy aproche ceste ville. La cavallerie

que à present y est ne pourroyt guière servir car il ne scauroit

monter à cheval que douze ou quinze, sy esse que jespère

[218 v°] avecq laide de Dieu que noz nous garderons de

telle façon quen recepvrez contentement Lesdits ennemys

font bruict de passer l’Izère pour leur empecher ; et je

feray retiré en ceste ville tous les bateaulx que se porront

treuver despuys Montmellian jusques en ceste ville,

et dicy jusques à Moyrenc. Et pour ne scavoyr autre

pour le present, je finiray ceste par mes humbles et affectionnées

recommandations à votre bonne grace et prie le Createur vous donner

Sur la fin de ceste, jay heu advertissement

comme ceulx de Mais ont mandé homme exprès

à Clays pour leur preparer logis et vivres

pour sept compagnyes. Incontinant jay escript

ausdits de Clays quilz nayent à leur rien fourny sur peyne destre bruslés

et quilz deplacent les vivres de là en ceste ville en toute dilligence.

Monsieur en parfaicte santé, heureuse et bien longue vie. De Grenoble, ce

XIIIme fevrier 1574.

Votre très humble et aubeyssant

servyteur La thivolliere

[219] Ce jourdhuy, Bonvert ma monstré une lettre que vous luy escripvés

touchant ung soldal nomé Labarre, lequel ayant passé par ce

païs soubz lenseigne du sieur de Montreul conduict par le cappitaine

Villedieu, estant la compagnie à Pignerol, luy et une quarantaine

desdits soldalz, conduictz par le cappitaine La Forestz se desbandarent

dudit Pignerol, se retirarent avecq lez huguenaulx en la val d’Angrogne,

puis par voyes indirectes à Feysinières et avecq les trouppes

de ceulx de Tresves[barré : quont] ont esté pour surprendre le château

de La Motte et despuys la ville d’Embrun, comme est par

sa confession, et pour quelque debat et querelle quil heust

avecq certains desdits soldalz comme il dict, se retira du costé de deça

dont estant asemblé le conseil à mon logis, je scay quil estoit

conclud de le faire pendre, mais pour donner exemple aux aultres

soldalz, il feust conclud le condamner à avoyr troys coupz

destrapade et bany perpetuellement de ce païs, ce qua esté executé.

Quant à son cheval, par mon ordonnace il a esté vendu vingt

florins qui ont estés balhiés à une hotesse qui [barré : les] a despendu

à norrir ledit Labarre et sondit serviteur. Quant à ses armes, le

cappitaine Curebource les a remys entre les mains de monsieur de

Merieu qui nest en ceste ville.

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La cavallerie&#xD;</p><p id="1" n="27  " type="texte">que à present y est ne pourroyt guière servir car il ne scauroit&#xD;</p><p id="1" n="28  " type="texte">monter à cheval que douze ou quinze, sy esse que jespère&#xD;</p><p id="1" n="29  " type="texte">[218 v°] avecq laide de Dieu que noz nous garderons de&#xD;</p><p id="1" n="30  " type="texte">telle façon quen recepvrez contentement Lesdits ennemys&#xD;</p><p id="1" n="31  " type="texte">font bruict de passer l’Izère pour leur empecher ; et je&#xD;</p><p id="1" n="32  " type="texte">feray retiré en ceste ville tous les bateaulx que se porront&#xD;</p><p id="1" n="33  " type="texte">treuver despuys Montmellian jusques en ceste ville,&#xD;</p><p id="1" n="34  " type="texte">et dicy jusques à Moyrenc. 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Fac-similé

Aucune image correspondant à cette cote n’a été retrouvée dans le catalogue. Les références documentaires sont conservées.

Lieux de la lettre

Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.