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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XXII-264 Gilbert, Guillaume, sieur de Maloc, conseiller au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Grenoble, 17 février 1574. Reçue à Valence, le 18 février 1574. Répondue.
Monseigneur, ce na poinct esté ny les rapportz des procès, ny
lobly de mon debvoir qui ma gardé ces jours passés de vous
escrire, mais plustost quelque doubte que je faisoys de vous
estre ennuyeux par mes lettres, voyant ordinairement que monsieur
le president de Portes vous donnoit de toutes occurrances
comme il fera encores maintenant plus souvent que le tempz de la trève
est expiré. Je feus le dernier jour de ladite trève de garde à
la porte où j’ouys de diverses nouvelles. Tantost les ennemys
venoyent assieger Grenoble, tantost Gap ou Ambrun ; une foys
ilz estoyent toutz assemblés à Corp, une aultre foys à St Bonet.
Le lendemain, qui estoyt hyer, nous eusmes nouvelles quilz estoyent
en une maison dun gentilhomme nommé La Grange auprès de Vif
et quilz la vouloyent fortifier. Là-dessus, il feut bien cryé ;
en fin lon y envoye des chevaulx legiers italiens et quelques
soldatz et lon treuve que lon ne fortifie poinct ladite maison.
Vous entendrez le tout plus par le menu par ce que monsieur le
president ou monsieur de la Tivolyère vous en escripront.
De ma part, je cognoy que la peur est entrée si avant et a
prins telles racines dans le cueur de beaucoup de gens quil
est malaisé de larracher. Lon a resolu de prendre, norrir
et entretenir des soldatz dans les maisons, chascun selon
sa portée et facultés, à quoy voyant que toutz messieurs estoyent
presque de cest advis, je nay voulu reclamer. Bien pensé je
que ce seront de chanoines qui sappoltrineront à la table et qui ne
fauldront pas à derober leur hoste en un bon besoing. Toutesfoys,
il fault armer la peur du mellieur harnoys que lon peult.
[264 v°] Jattendz en grande devotion ce que monsieur de Maugiron rapportera
de sa charge et legation, estimant que ce sera comme nous disons
pour le dernier et peremptoire edict. Car, à dire la verité, la grandeur
de notre roy ne peut pas souffrir [barré : se] de se flechir si souvent propos
à lendroict des [barré : estrangiers] rebelles ses subiectz sans estre de
beaucoup diminuer, bien que je pense que ne leur accordant poinct
lexercise de la relligion, ilz ne prendront poinct la paix pour
nabandonner la couleur et le pretexte soubz lequel ilz jouent ceste
tragedye. Monsieur Du Vent ma faict entendre que vous serrez icy à ces
prochains estatz, qui faict que je delibère à votre retour vous fère
compaignye pour vous fère service et aussi que la commission que jay
des voyturiers de Lion mappelle en Valentinoys en ce temps. Ce
pendant, monseigneur, je vous supplye très humblement me fère un peu
de part de la responce des ennemys audit sieur de Maugiron, prevoyant
que par icelle, nous aurons ou une bonne paix, ou une bien fort grande guerre à laquelle
il se fault preparer et endurcir du tout à souffrir beaucoup de
maulx.
Monseigneur, après mestre très humblement recommandé à votre bonne grace, je
prye Notre Seigneur vous donner en santé longue vye. De Grenoble, ce
XVIIe du matin 1574.
Votre très humble et obeissant
serviteur De Malloc
comme jescripvoys ceste lettre, lon ma mandé
que les ennemys avoyent despuis prinse ladite
maison et quil ne falloyt pas sortir aujourdhuy
que bien fortz, car ilz sestoyent bien fortiffiés
et multipliés
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</p><p id="1" n="17 " type="texte">soldatz et lon treuve que lon ne fortifie poinct ladite maison.
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</p><p id="1" n="27 " type="texte">fauldront pas à derober leur hoste en un bon besoing. Toutesfoys,
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</p><p id="1" n="34 " type="texte">beaucoup diminuer, bien que je pense que ne leur accordant poinct
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Fac-similé
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Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.