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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XVIII-69 Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Montpellier, 24 juillet 1572
Monseigneur, hier au matin, lhomme de monsieur le baron de La Roche
mapporta votre pacquet du XVIIIe de ce moys. Je cuydoys que ledit
sieur baron ne fust pressé, sinon quant il vouloit arriver en
Avignon, mais je ne lay peu non plus arrester, ny veoir à son retour
que à son aller. Je desire bien fort entendre qu à quoy monsieur
d’Evènes se sera resolu à son passage de Lyon, comme aussi
je suys en merveilleuse peine de la maladie de monsieur le
premier president, encores que par votre lettre, vous men doniés
assés bone esperance. Mais jay veu par une lettre du XIXe quaprès
sestre mieux porté, son mal avoit rangregé. Je vous promets
que je ne prieray jamais Dieu de meilleur cueur ce me semble
que pour la prospérité de ce bon personnage. La perte du quel
je porteroys aussi aigrement que de seigneur ne amy que jaye
Je vous remercie bien humblement du soucy que vous plait
avoir de moy. Mais, foy dhomme de bien, cest plus outre
que je ne y ay voulu penser, encores que jaye escrit à
mon frère depuis la que jen receu la lettre du capitaine Celso
et dun autre que men donoit à ces fins advis, car je
ne luy en ay pas touché un mot. Jespère avecque vous que,
pour encore nous naurons point de guerre avec l’Espagnol, et
croy d’autant plus aysement que le roy catholique aura receu en
bone part les excuses du roy quil ne vouldra et naura
le moyen dembrasser tant daffères à la foys et sil ny a pas
apparence que lannée qui vient. Ils soit gueres plus delivré.
Mon frère mescrit pareillement de mesme du XIIIe quil a fait à
[v°] monsieur de St André du VIIe, y adiouxtant ces mots : « de
republica nihil est certi quod seribi posit », il me done
fort bone esperance [barré : que] d’avoir bien tost mon congé
et que monseigneur le mareschal Damville a monstré
de recevoir voluntiers mes lettres et de me porter sa
bone volunté. Je m’asseure que c’est pour se souvenir des expéditions desquelles nous envoyons au roy et à luy [ ]
notre negociation et donner advis amplement de ce
que nous estimons estre requis en ce lieu pour y estre
doresnavant toutes choses nomées de bon ordre avecque
la responce de quoy jespère mon congé après
toutes foys avoir executé ce que sa majesté
nous aura commandé ; et que ceux de la Religion
font les retifs daller en Flandres montre que la
peur et la necessité est tousiours plus forte et
fait aller à la guerre plus de gens que la gayeté
de cueur ou envie que lon aye den manger. Si le seigneur
que scavés a envie de doner une cassade [mots
barrés] au lieutenant de sa compagnie, mon seigneur de Neumours
luy en done le plus honeste pretexte du monde. Je ne
cuydois pas que monsieur de St André vous deut faire veoir
la lettre que jay escritte à monsieur d’Allières et vous prometz
monseigneur, que je tiens monsieur de Laval déià si sage et
advisé que je nen lestime en avoir besoing. Il na besoing
de pouvoir que destre aveques des grands personnages car il scaura bien
[f° 70] approcher, remarquer et retenir ce que luy poura servir,
seulement, je luy souhaitte bone santé et bone fortune.
On parle icy divertement de la defaicte et non défaicte
du duc de Medina Celi et me doubte que se trouvera
que toute la tempeste tumba sur la flotte de Portugal qui
estoit toutes de marchands pour les affères de Flandres. Nous
avons les mesmes nouvelles à mon advis que vous devés
avoir, hormis que lon dict que le roy de Navarre se doit
déclairer chef des Françoys que y vont, en quoy il y a bien
quelque apparence, ce que à la longue ne pourroit faillir
de nous y attirer, mesmes si on voloit prendre bon revanche
sur ce quartier desperance. Hier passa par icy un courrier que
dit que monsieur le baron de Rieux, gouverneur de Narbonne
a sceu comme, à Collyores, six gallères avoyent
deschargé quelques gens de guerre.
Monseigneur, après mes humbles recommandations à votre
bonne grâce et de madame, Je prie Notre Seigneur qui vous
done très longue et très heureuse vie. De Montpellier,
ce XXIIIIe juliet 1572
Votre très humble et très affectionné
serviteur
Bellievre
Ce porteur est envoyé exprès par un general des monoyes et par moy pour faire venir
les essayeur et tailleur de Grenoble affin de fère espreuves
de la monoye de la ceste ville, dont le roy a des plainctes
mesmes pour raison des doubles pris à telles pièces de six blancs
et nous mande fère les pièces aux meilleurs officiers. Le meilleur que jen voye
est que c’est à l’un des deux, autrement je craindroys que cela
me retarda.
Messieurs de la court de parlement de Tholose ont envoyé
en court monsieur du Faur, nouveau president, avec
monsieur ladvocat du roy de St Félix, pour faire réformer
larticle de ledit contenant evocation des causes
[v°] dentre ceux de diverses religions pour raison de quoy ilz avoient obtenu
le consentement daucuns conseillers de la Religion de leur compagnie,
daucuns gentilshommes et églises de leur ressort, mais il a esté
faitte une autre Brigue qui a remis les affères en difficulté.
1572
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</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monseigneur, hier au matin, lhomme de monsieur le baron de La Roche
</p><p id="1" n="4 " type="texte">mapporta votre pacquet du XVIIIe de ce moys. Je cuydoys que ledit
</p><p id="1" n="5 " type="texte">sieur baron ne fust pressé, sinon quant il vouloit arriver en
</p><p id="1" n="6 " type="texte">Avignon, mais je ne lay peu non plus arrester, ny veoir à son retour
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</p><p id="1" n="22 " type="texte">pour encore nous naurons point de guerre avec l’Espagnol, et
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</p><p id="1" n="35 " type="texte">que nous estimons estre requis en ce lieu pour y estre
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</p><p id="1" n="52 " type="texte">[f° 70] approcher, remarquer et retenir ce que luy poura servir,
</p><p id="1" n="53 " type="texte">seulement, je luy souhaitte bone santé et bone fortune.
</p><p id="1" n="54 " type="texte">On parle icy divertement de la defaicte et non défaicte
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</p><p id="1" n="58 " type="texte">avons les mesmes nouvelles à mon advis que vous devés
</p><p id="1" n="59 " type="texte">avoir, hormis que lon dict que le roy de Navarre se doit
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</p><p id="1" n="61 " type="texte">quelque apparence, ce que à la longue ne pourroit faillir
</p><p id="1" n="62 " type="texte">de nous y attirer, mesmes si on voloit prendre bon revanche
</p><p id="1" n="63 " type="texte">sur ce quartier desperance. Hier passa par icy un courrier que
</p><p id="1" n="64 " type="texte">dit que monsieur le baron de Rieux, gouverneur de Narbonne
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</p><p id="1" n="69 " type="texte">done très longue et très heureuse vie. De Montpellier,
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</p><p id="1" n="73 " type="texte">Bellievre
</p><p id="1" n="74 " type="texte">Ce porteur est envoyé exprès par un general des monoyes et par moy pour faire venir
</p><p id="1" n="75 " type="texte">les essayeur et tailleur de Grenoble affin de fère espreuves
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