Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
-
XXIII-5Bourgel, Méraud, commis des Etats du Dauphiné, à M. de Gordes, Grenoble, 17 mars 1574. Reçue à Valence le 19 mars 1574
Monseigneur, la reception de la lettre du roy du IIIe de ce mois, ou copie dicelle, avec les remontrances
de messieurs de Portes et de Grenoble, ont faict continuer la bonne volonté des consulz des
villes capitales, tous pourtez en cest ville ci ce nest pour le respect de celluy de Gap den
nespargner aulcune chose pour la conservation et tuition de ce païs et pour le garentir des
volleries et pillheries des rebelles à sa majesté. Sur ce, ayant esté mis en deliberation de mectre
sur la parcelle plus grande somme que de XLm[ille] livres accordées pour lestat general, comme aussi
lauctorité par iceluy en estoit donnée en cas de necessité des affères, laquelle se presente
plus gramde de jour à aultre, lesdits consulz ne se sont osé en dispenser sans en comunicquer
à leurs villes ayantz pour ceste effect requiz terme de huict jours mesmes pour faire responce
à l’ouverture que leur a esté faict d’imposer encores la somme de cent quinze mil livres
qui seroit revenir pour ceste année à raison de XXXIXm à XL livres par feu, le tout encores
aux conditions apposées et reservées par la condition de laquelle extraict a esté mise dans
ce depeche, tellement que la reprinse du contenu en icelles ne seroit que superflue. Par
la presente conclusion pourries aussi monseigneur entendre comme le tiers estat desire
que par votre auctorité et soubz votre bon voloir messieurs de l’Eglise et de la noblesse
ne soy escautz emploiés au faict de ses guerres ny entrés en aulcune despence
feussent exhortés de fournir quelque somme notable pour ce mesmes faict des
guerres, nestant moings question de leur faict, conservation de leurs personnes et biens.
Avant la [barré : publication] reception de la votre du XIme de ce mois, nous avions satisfaict
quant à vous envoyer pouldre, voyantz que telz mandementz ne demandoient
retardation pour ne interrompre voz deceingtz, estant couchée sur la parcelle
la somme que dessus, on regardera emprumpter quelque deniers pour supporter les
fraiz que se presenteront en atendant le temps de lexaction et paiement, lesquelz on
pourra plus facillement trouver soubz l’experance du remboursement, mesmes
après quon entendra avoiur esté permis par sa majesté imposer et lever la susdites
totale somme.
Monseigneur, on vous voldroit aussi requerir quil vous pleust faire arrester ez mains
des receveurs, et aultres qui en ont heu le maniement, les deniers exhigés ou à exhiger
appartenantz au roy, soit de son domaine ou des decimes ou des quatre solz puis
quelques années imposés sur chacune eymine sel, puis que sa majesté declare navoir
moien nous soullager, ce que depend de votre auctorité et en actendans sur ce votre
bon voloir et advis, remectans en temps plus calme dexecuter ladvis de monsieur
de La Roche, lieutenant de la compagnie de monseigneur le prince daufin. Vray
que cest une surcharge aux pouvres villageois desquelz recevons tous les
jours les plainctes, notamment de ceulx qui sont bailliés en aide
à La Mure, Vizille, St Quentin, et Armieu, pour avoir tousiours continué
dentrer en despence puis une année. Vray que pour le presente ne savoir aultre
remède pour la necessité.
Monseigneur [barré : pour la lettre du jour d’hier] nous avons receu advertissement
51B
du sire Jehan Bernard comme monseigneur le marechal Dampville a mis une
imposition de cinquante cinq solz sur chacun muy sel que seroit prins et levé
ès salins de Pecaix pour lentretenement dune compagnie de gens à pied
de soixante hommes mise en garnizon dans Aiguesmortes. Telle somme
reviendroit à une somme grande pour entretenir plusieurs semblables
compagnies mais ce pouvre païs se contente de soustenir ses
foulles, charges et despenses sans le charger dentrer à celles de ses
voisins. Dalhieurs nous en prevoyons une consequence ou
ouverture à perpetuité tellement que sommes deliberés en escrire
à monsieur de Chatelard pour en avoir quelque declaration du roy au contant
sans actendre le departement de monsieur Bossat qui ne pretend
departir sur la fin de ce mois. Nous desirerions vous supplier
en escrire ung mot à mondit sieur le marechal si le trouvés bon et
que se doibve faire. Car aultement ne vous en voldisons importuner.
Monsieur le president Truchon se treuve nommé davoir assisté à telle
deliberation. Sur ce vous ayantz presenté noz très humbles recommandations
nous prions Dieu,
monseigneur, vous donner en très bonne santé, longue et heureuse vie. De
Grenoble, ce XVIIme mars 1574
Vostres humbles et obeyssans serviteurs les
commis des estatz de Daufiné
Bourgel
Consulter le XML intégral
<div id="lettre" index="1655" class="add" name="admin" date="2026-07-26T21:43:30.129+02:00"><desc><tome>XXIII</tome><folios><f>51</f></folios><expediteur>Bourgel, Méraud, commis des Etats du Dauphiné</expediteur><destinataire>M. de Gordes</destinataire><date type="reponse" cat="reelle"/><date type="expedition" cat="reelle">1574-03-17</date><date type="expedition" cat="affiche"/><date type="reception" cat="reelle">1574-03-19</date><lieu type="expedition" gps="45° 19' 91'' N ; 5° 73' 62'' E">Grenoble</lieu><lieu type="reception" gps="44° 93' 33'' N ; 4° 89' 21'' E">Valence</lieu><hyperlien/><bibliographie/><note/></desc><p id="1" n="1 " type="texte"> -
</p><p id="1" n="2 " type="titre">XXIII-5Bourgel, Méraud, commis des Etats du Dauphiné, à M. de Gordes, Grenoble, 17 mars 1574. Reçue à Valence le 19 mars 1574
</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monseigneur, la reception de la lettre du roy du IIIe de ce mois, ou copie dicelle, avec les remontrances
</p><p id="1" n="4 " type="texte">de messieurs de Portes et de Grenoble, ont faict continuer la bonne volonté des consulz des
</p><p id="1" n="5 " type="texte">villes capitales, tous pourtez en cest ville ci ce nest pour le respect de celluy de Gap den
</p><p id="1" n="6 " type="texte">nespargner aulcune chose pour la conservation et tuition de ce païs et pour le garentir des
</p><p id="1" n="7 " type="texte">volleries et pillheries des rebelles à sa majesté. Sur ce, ayant esté mis en deliberation de mectre
</p><p id="1" n="8 " type="texte">sur la parcelle plus grande somme que de XLm[ille] livres accordées pour lestat general, comme aussi
</p><p id="1" n="9 " type="texte">lauctorité par iceluy en estoit donnée en cas de necessité des affères, laquelle se presente
</p><p id="1" n="10 " type="texte">plus gramde de jour à aultre, lesdits consulz ne se sont osé en dispenser sans en comunicquer
</p><p id="1" n="11 " type="texte">à leurs villes ayantz pour ceste effect requiz terme de huict jours mesmes pour faire responce
</p><p id="1" n="12 " type="texte">à l’ouverture que leur a esté faict d’imposer encores la somme de cent quinze mil livres
</p><p id="1" n="13 " type="texte">qui seroit revenir pour ceste année à raison de XXXIXm à XL livres par feu, le tout encores
</p><p id="1" n="14 " type="texte">aux conditions apposées et reservées par la condition de laquelle extraict a esté mise dans
</p><p id="1" n="15 " type="texte">ce depeche, tellement que la reprinse du contenu en icelles ne seroit que superflue. Par
</p><p id="1" n="16 " type="texte">la presente conclusion pourries aussi monseigneur entendre comme le tiers estat desire
</p><p id="1" n="17 " type="texte">que par votre auctorité et soubz votre bon voloir messieurs de l’Eglise et de la noblesse
</p><p id="1" n="18 " type="texte">ne soy escautz emploiés au faict de ses guerres ny entrés en aulcune despence
</p><p id="1" n="19 " type="texte">feussent exhortés de fournir quelque somme notable pour ce mesmes faict des 
</p><p id="1" n="20 " type="texte">guerres, nestant moings question de leur faict, conservation de leurs personnes et biens.
</p><p id="1" n="21 " type="texte">Avant la [barré : publication] reception de la votre du XIme de ce mois, nous avions satisfaict
</p><p id="1" n="22 " type="texte">quant à vous envoyer pouldre, voyantz que telz mandementz ne demandoient
</p><p id="1" n="23 " type="texte">retardation pour ne interrompre voz deceingtz, estant couchée sur la parcelle
</p><p id="1" n="24 " type="texte">la somme que dessus, on regardera emprumpter quelque deniers pour supporter les
</p><p id="1" n="25 " type="texte">fraiz que se presenteront en atendant le temps de lexaction et paiement, lesquelz on
</p><p id="1" n="26 " type="texte">pourra plus facillement trouver soubz l’experance du remboursement, mesmes
</p><p id="1" n="27 " type="texte">après quon entendra avoiur esté permis par sa majesté imposer et lever la susdites
</p><p id="1" n="28 " type="texte">totale somme.
</p><p id="1" n="29 " type="texte">Monseigneur, on vous voldroit aussi requerir quil vous pleust faire arrester ez mains
</p><p id="1" n="30 " type="texte">des receveurs, et aultres qui en ont heu le maniement, les deniers exhigés ou à exhiger
</p><p id="1" n="31 " type="texte">appartenantz au roy, soit de son domaine ou des decimes ou des quatre solz puis
</p><p id="1" n="32 " type="texte">quelques années imposés sur chacune eymine sel, puis que sa majesté declare navoir
</p><p id="1" n="33 " type="texte">moien nous soullager, ce que depend de votre auctorité et en actendans sur ce votre
</p><p id="1" n="34 " type="texte">bon voloir et advis, remectans en temps plus calme dexecuter ladvis de monsieur
</p><p id="1" n="35 " type="texte">de La Roche, lieutenant de la compagnie de monseigneur le prince daufin. Vray
</p><p id="1" n="36 " type="texte">que cest une surcharge aux pouvres villageois desquelz recevons tous les
</p><p id="1" n="37 " type="texte">jours les plainctes, notamment de ceulx qui sont bailliés en aide
</p><p id="1" n="38 " type="texte">à La Mure, Vizille, St Quentin, et Armieu, pour avoir tousiours continué 
</p><p id="1" n="39 " type="texte">dentrer en despence puis une année. Vray que pour le presente ne savoir aultre
</p><p id="1" n="40 " type="texte">remède pour la necessité.
</p><p id="1" n="41 " type="texte">Monseigneur [barré : pour la lettre du jour d’hier] nous avons receu advertissement
</p><p id="1" n="42 " type="texte">51B
</p><p id="1" n="43 " type="texte">du sire Jehan Bernard comme monseigneur le marechal Dampville a mis une
</p><p id="1" n="44 " type="texte">imposition de cinquante cinq solz sur chacun muy sel que seroit prins et levé
</p><p id="1" n="45 " type="texte">ès salins de Pecaix pour lentretenement dune compagnie de gens à pied
</p><p id="1" n="46 " type="texte">de soixante hommes mise en garnizon dans Aiguesmortes. Telle somme
</p><p id="1" n="47 " type="texte">reviendroit à une somme grande pour entretenir plusieurs semblables
</p><p id="1" n="48 " type="texte">compagnies mais ce pouvre païs se contente de soustenir ses 
</p><p id="1" n="49 " type="texte">foulles, charges et despenses sans le charger dentrer à celles de ses
</p><p id="1" n="50 " type="texte">voisins. Dalhieurs nous en prevoyons une consequence ou
</p><p id="1" n="51 " type="texte">ouverture à perpetuité tellement que sommes deliberés en escrire
</p><p id="1" n="52 " type="texte">à monsieur de Chatelard pour en avoir quelque declaration du roy au contant
</p><p id="1" n="53 " type="texte">sans actendre le departement de monsieur Bossat qui ne pretend
</p><p id="1" n="54 " type="texte">departir sur la fin de ce mois. Nous desirerions vous supplier
</p><p id="1" n="55 " type="texte">en escrire ung mot à mondit sieur le marechal si le trouvés bon et
</p><p id="1" n="56 " type="texte">que se doibve faire. Car aultement ne vous en voldisons importuner.
</p><p id="1" n="57 " type="texte">Monsieur le president Truchon se treuve nommé davoir assisté à telle
</p><p id="1" n="58 " type="texte">deliberation. Sur ce vous ayantz presenté noz très humbles recommandations
</p><p id="1" n="59 " type="texte">nous prions Dieu,
</p><p id="1" n="60 " type="texte">monseigneur, vous donner en très bonne santé, longue et heureuse vie. De
</p><p id="1" n="61 " type="texte">Grenoble, ce XVIIme mars 1574
</p><p id="1" n="62 " type="texte">Vostres humbles et obeyssans serviteurs les
</p><p id="1" n="63 " type="texte">commis des estatz de Daufiné
</p><p id="1" n="64 " type="texte">Bourgel
</p><p id="1" n="65 " type="texte"> 
</p><p id="1" n="66 " type="texte"> 
</p><p id="1" n="67 " type="texte"> 
</p><p id="1" n="68 " type="texte"/></div>
Fac-similé
Aucune image correspondant à cette cote n’a été retrouvée dans le catalogue. Les références documentaires sont conservées.
Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.