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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XXIII-80 Avançon, Guillaume d', archevêque d'Embrun, à M. de Gordes, Paris, 18 mars 1574. Reçue à Valence, le 29 mars 1574
Monsieur, jay receu la lettre quil vous a pleu mescrire dattée à Vallence du huictieme de ce
moys, et veu par icelle les peynes où vous estes pour le peu de moyens que vous
avés de resister à l’ennemy, qui saccroit et augmente journelement. Surquoy je vous
direy, monsieur, que nous avons tant faict par noz journéez que sa majesté nous
a acordé cinquante mil francs pour secourir notre pouvre patrie, lesquelz seront
prins sur l’allienation du domeyne de sa majesté en Daulphiné. Les compaignies dhommes
darmes seront payez, oultre cela des aultres deniers que sadite majesté a destinés à ces
fins, et ne leur manquera pas ung liard cartier par cartier. Il est semblablement
mandé à monsieur de Mandelot de vous fournir artillerie et monition. Le pays ne vous
saroyt puys ayder de si peu que vous nayés moyen deffectuer quelque chose de bon
et tient on icy que de samuser à la defencive et aux tresfves et suspentions darmes
que cest se laisser ruyner et bruler à petit feu, et moyen à lennemy de pratiquer noz
soldatz et de brasser les surprinses des villes. Jespère, monsieur, den discorir bien tost
avec vous plus à plein, ayant desia prins congé de sa majesté il y a quelques jours,
lequel veult que jaccompaigne [ajouté : et adsiste] monsieur le prince daulphin en son gouvernement.
Ledit seigneur prince pense de prendre ce jourdhuy congé de sadite majesté. Monsieur de
Guyse part demain pour sacheminer au sien, de manyère quil ny à neul qui aye gouvernement
en ce roiaulme, quil nalient au sien, excepté le roy de Navarre, que demeure au près
de sa majesté. Monsieur le mareschal de Montmorency nest point encores revenu en
ceste cour. Sa majesté luy en a ja escript par plusieurs foys. Monsieur le duc de
Lorraine doibt partir la sepmeyne prochaine. Monsieur le cardinal de Lorraine laccompagnera
jusques à Reims, et monsieur le cardinal de Guyse jusques à Metz. Quant aux nouvelles
de la guerre et de la paix, Montgomery est joinct à leurs trouppes qui sont à
Normandie. Il est venu acompaigné de soixante soldatz francoys ; Guiterie de
laultre costé a donné quelque esperance de leur faire poser les armes. Je ne say
sil ara tant de pouvoir et silz le vouldront croyre. Cependant monsieur de Monpencier
et monsieur ladmyral, qui sont à Poytiers, ne perdent temps à ramasser des
forces. Le seigneur Philipes Strocy est allé parler à La Noue. Nous sommes tousiours
icy à noz doubtes et soubsons acostumés. Vous verrés, monsieur, par ce que est cy joinct
[80B]
le pretexte de quoy se couvrent messieurs les reformés sus leur dernière desliberation.
On a prins au près de Mente ung cappitaine La Banne, qui faisoyt amas de soldatz.
On ladmena hier en ceste ville avec ving ou vingt cinq de ses soldatz que je vidz
passer. Ilz ont exibé quelques commissions quon dict estre faulces. Vous verrés aussy
cy joint les vers que ces gens de bien ont faict contre messieurs les troys derniers
chanceliers, toutesfoys plus à la heyne de cestuy cy que des aultres. Car les mortz ne
leur peuvent plus nuyre ny profiter. Madame de Bolion me fit hier veoir une
espèce de monnoye dont les gens eusent en Flandres, laquelles ilz debitent gaillardement
entre eux. Elle est de carton, car les metaulx leur sont cours. Il y a gravé sur [lun des]
sur revers dicelle deux clefz croyséez. Au dessuz de lecusson, ung chapeau ducal, et [ajouté : en [linscription ?]
qui est alentour d’icelle, il y a Pugno pro patria libertatis ergo. A laultre revers, il y a ung
lyon rempant, qui tient une clef à la geulle. Tout cela sert dune belle leçon aux princes
qui ont envye dapprendre et de bien retenir. Monsieur [barré : deux] [ajouté : le cardinal d’Est] est cuydé morir ces jours
passés. Toute sa depoulie avoyt esté donnée à la manyère qui sensuit, non jà selon
les sainctz decraictz et reiglementz faictz ces derniers jours au conseil du roy. [Larcheveché
barré : d’Aix Narbonne] [ajouté : d’Aux = Auch] au roy de Navarre et dict on quil faysoit la dessuz trante mil francs de [pension]
à monsieur le duc. On debvoyt bailler labbaye de Chalis à Madame de Nemours, la protection
de France en cours de Rome à monsieur le cardinal de Lorraine. Celuy-là sest de la profession.
Voyla tout ce que je vous puys mander pour cest heure, en attendant que jaye ce temps
destre au près de vous pour povoyr discorir de plusieurs choses qui ne sera jamays si
tost que je desire. Cependant je vous prie que je soys tousiours entretenu en votre bonne
grace, à laquelle je me recommande aussi humblement comme je prie Dieu quil vous donne,
monsieur, en très bonne santé, très longue et très heureuse vie. A Paris, le XVIIIe mars 1574
Votre très humble allié et
serviteur G. d’Avanson, [A. d’Embrun]
Il vous plairra monsieur denvoyer copie de ceste lettre [barré : et], des vers
cy joinctz, et de ceste belle protestation des hugenotz, à messieurs de
Grenoble et du Monestier. Car je me remes par celle que je leur
escris ausdites copies ne leur en mandant pour daultre.
Parce, monsieur, que la compaignie de monsieur de Savoye doibt aller en
Languedoc, suyvant le despartement quon a faict des compaignies [barré : sur] pour
ce prochain cartier, sa majesté mandera à monsieur de Nemours de vous secourir de
la sienne lors que vous en arés besoing, et que voz aultres forces seront prestes.
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</p><p id="1" n="34 " type="texte">On a prins au près de Mente ung cappitaine La Banne, qui faisoyt amas de soldatz.
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</p><p id="1" n="48 " type="texte">barré : d’Aix Narbonne] [ajouté : d’Aux = Auch] au roy de Navarre et dict on quil faysoit la dessuz trante mil francs de [pension]
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Fac-similé
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Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.