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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XXIII-91 Urre, Rostaing d', seigneur d’Ourches, à M. de Gordes, Montélimar, 19 mars 1574. Reçue à Valence, le 20 mars 1574
toutes les
fources des ennemys tiennent fermées toutz les chemins dicy à Valence, tant par la montaigne que par la pleyne. Jay monté
à cheval ceste nuict avec douze gentilhommes pour aller essayer de prandre quelque prisonnyer pour entendre de
leurs desliberations mays comme je suis arrivé à Clyon d’Andrans, jay trouvé Seguerany avec sa troupe party.
Jay donné sus leurs guet où jay desfaict quelques arquebusiers dont entre les aultres y ha esté tué ung
souldat nommé Pierre Daurange, le plus mauvays guouge et le plus redoubté qui sourtit longtemps ha de la dite
principaulté. Jen [barré : ay] tiens ung prisonnyer qui estoit à cheval, qui est bien estimé parmy eus, aussy heust
bonne fasson, nommé Guillaume Bachillyer de Boullenne, lequel mat asseuré que le sieur de Mombrum est
party à ce matin de Rouynac avec tout ce quil ha peu ramasser des lieus quil tient, ayant aussi faict marcher
ceus qui estoyent lougées à Mamas, Barret, et Soyans pour saller toutz getter dans Lourioul pour le fortifier
dont pour cest efect ilz font marcher toutz les paysans des susditz villaiges, lesquelz ilz appellent pionyers. Le
sieur de Glandaige attendent le dit sieur de Mombrum ha [=à] Miremande où ilz sont encoures et la plus part de
leurs infanterye est à Clyon Usclat quest tout joignant ledit Miremande. Ledit prisonnyer dit quil na
pas veu les fources de ceus des montaignes, mays que celles dudit sieur de Mombrum peuvent estre de cent
chevaus assés bons et mil arquebusiers, et quilz ne cherchent que loccasion pour combatre en grous comme ilz le font
bien paroistre de ce louger à Lourioul pour nous y convier. La verité est bien telle que telz artifices quilz
s’aydent font qune infinité de gens les vont trouver, et si font aulcunement esbranler le peuple qui nous estoit
[rature] affectioné veu quilz fortifient de nouveau infinis lieus fermées et quilz prannent piet par ce moyen au bon
paiis raflant tout le bestail de ceus de notre party, usant par mesme moyen de ransonnementz insupportables.
Je vous envoye des lettres [de] monseigneur le marechal de Damville, de monsieur le president Truchon, et de monsieur
le conte de Villechayre lequel vous offre au vray besoin de ces fources. Je masseure quil vous en secoureroyt
tant de cheval que de piet, entendu quelles sont tout innutilles au Contat. Il y a plusieurs villes que
ne soyent que bien aysés, que vous aydissiés des compagnies qui sont dedans, veu quau Contat il ny a aulcuns
suspectz. Si vous aviés telle correspondance avec monseigneur le cardinal d’Armaignac et ledit conte, quilz
vous vollussent ayder de leurs fources, vous pourriés metre leurs compagnies dans les villes et vous servyr des
notres en campaigne, si le moyen estoit dattaquer quelque lieu qui seroit par vous advisé. Autrement me semble ne
[91B]
pourrions guières exploicter de nous metre ensemble. Vous mescuserés, monsieur, sil vous plaict, si jen parle
trop impertinemment. Cest que je suis ainsin piqué des billivesées quilz abreuvent le monde, que nous navyons
que paroistre. Aussi me desplaict infiniement quilz ont avec eus de bonnes fources de toutz leurs adherans tant
du Contat, Provence et Languedoc, sans que nous prevallyons de ceus de notre party de ces troys provinces, puisque
quant ilz en seront recherchés quilz auront peur de veoyr brusler la maison de leurs voyins. Il en y a qui nous
asseure que si vous requerriés monsieur de Mandellot de vous envoyer troys centz arquebusiers, quilz vous
secouriroit encoures plustot dudit nombre pour le moins. Ilz serviroyent pour la guarde des villes. Je me mets
possible par trop avant sus le discours de la guerre. Cest pource que le dit prisonnyer mat asseuré estre
la trefve, encoures moins la paix, inesperée. Il est arrivé aujourdhuy le mareschal de lougis de la
compagnie de monsieur de La Tour avec vint sallades, lequel avec ces compaignons avoit congé de ce retirer
à leurs maison Ce trouvant enfermées, ilz desireroyent bien que vous leurs fissiés donner quelque commodité
pour faire service au roy soubz votre charge, et mont prié de vous en toucher ce mot. Je leur ay bien respondu
quil ny a grant commodité en ceste ville pour chevaus, entendu le seiourt que vous y avés faict et lexterillité de
lannée, bien que ceste dite ville ne se sauroyt passer de gens de cheval. Jay une douzayne de gentilhommes icy
à qui je feys donner foin et avoyne pour leurs chevaus. Quant à la vye, je suis bien aysé que nous despandons
noz danrées plustost que si les huguenotz en tattoyent en faisant service au roy, vous asseurant que nous sommes
ordinayrement en campaigne et si je masseure que vous ouyrés dire que nous asseurons aulcunement
ceste playne et si guardons que le[s] picoureurs ne sazardent que de bonne sourte. Je salue voz bonnes graces par
mes très humbles recommandations, priant Notre Seigneur vous donner,
monsieur, en très bonne sancté, longue et hereuse vye. Au Montelimar, ce XVIIIIe, à sis heures du soyr
Vostre très humble, très hobeyssant filz et serviteur
Hourche
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Fac-similé
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Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.