Projet GordesUne correspondance à la Renaissance

XXIII · f° 111 · 1574-03-20

XXIII-111 Boczosel, Soffrey de, seigneur de Chastelard, à M. de Gordes, Paris, 21 mars 1574. Reçue à Valence, le 29 mars 1574

Boczosel, Soffrey de, seigneur de Chastelard → M. de Gordes

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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées

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XXIII-111 Boczosel, Soffrey de, seigneur de Chastelard, à M. de Gordes, Paris, 21 mars 1574. Reçue à Valence, le 29 mars 1574

Monsegneur, ceste est pour vous advertir comment monsegneur le prince

daulphin est parti du jour dhyer de ceste ville pour aller en sa maison

à St Fergeau, et de là en Daulphiné. Jay retiré ce jourdhuy de monsieur

de Sauve les commissions, linstruction et ledict pour engager pour L m[ille] Ltz

de domaine, que iay baillé à Cheron son secretaire, quil avoit laissé

yci à cest effect, de les luy porter, après lequel, pour ce faire part demain.

Mondit segneur le prince me commanda à son depart de poursuivre quil

eust une lettre du roy à monsegneur de Nemours pour luy envoyer sa

companie sil la demandoit, de quoy ce jourdhuy matin iay parlé

premierement à monsieur de Sauve et luy en ay donné ung memoire, puis

à monsegneur le duc, sortant pour aller en la chambre du roy, après

à la royne, et finablement au roy en sa chambre au retour de sa messe,

et luy ay remonstré que le lieutenent, lensègne, et la plus grande

partie de ladite companie estoit du Daulphiné, que difficilement

pourront il aller faire la guerre ailleurs, [ajouté : la] voyant ce pendant [barré : la guerre]

dans ledit pays et voyant leurs maisons subgettes aux brigandages et invasions

de l’ennemi. Touttesfois le roy ma respondu que par le departement

qui avoit esté faict de sa gendarmerie, ladite companie se trovoit

ordonnée pour le Languedoc et quil ne vouloit pas changer ce quen

avoit esté faict, mais que mondit segneur le prince, estant arrivé

en son gouvernement, et ayant veu lestat des forces quil pourroit

assembler et recogneu celles de lennemi luy en donnant advertissement

il y pourvoiroit. Jay escrit la response du roy à mondit segneur le

prince et faict entendre que ie nen parlerois plus que ie nen eusse

noveau commandement de luy. Il ma faict fort bon visage despuis

ce que ie vous en escrivis, me semble du XIe de ce moys, et à son despart,

il luy pleut me recommander les affaires de son gouvernement, et si

ie ny estois employé cy devant, quil esperoit que ie y continuerois

[barré : avec] pour son service à present quil sy en alloit, que je parlasse souvent

de luy à leurs majestés, quil feroit pour moy tout ce don je le

requerrois, et mille autres bons propoz, desquelz je me sens grandement

honnoré. Il jouira bien plus tost de moy par ce moyen que par celuy

que Bazemont luy voulloit faire prendre. Le XIXe, ie receus votre

[barré : lettre] depeche du XIIIe [barré : la quelle fait] celle que vous faisiez

au roy fut leue le XXe. Mondit segneur le prince à son depart

[111B]

navoit pas receu celles que vous luy escrivis comme je pense quil

[barré : n’a faict] ne les recevra pas, mais ie luy fis lecture des copies que

mavez envoyé des lettres à leurs majestés et à luy. C’est ung prince de

grand cueur, et qui viendra facillement aux mains et au c[ombat ?]

avec lennemy si loccasion sy presente, et si il la cherchera. Il est party

avec son train ordinaire, mais il espere, en passant, avoir des gentilshommes

de ses terres de Bourbonnois, Auvergne, Beaujoulois, et Dombes.

Je ne vous puis dire le temps quil pourra estre en Dauphiné et

ne sera pas, comme ie pense, advant Quasimodo, et ay ouy parlé

aux siens quil pourroit faire pasques en Bourbonnois. Ce pendant ie

pense quil vous envoyera ledict pour le faire publier et donner

quelque commencement à lexeqution diceluy. Je y ay faict mettre

clause par la quelle iespère avoir raison des sieurs de la [P?]

et de Motet silz ne me veullent volontairement faire part

de leurs acquisitions. Il est vray que les VI c[ents] écus que le sieur de

Richelieu a heu de moy me feront faute, mais il me promet [me]

faire bien tost raison et me donner asseurance advant quil parte

de ceste ville pour aller trover mondit segneur le prince à St Fergeau.

Je suis bien aisé, monsieur, que vous nayez pas ietté sur moy l’[ ?ennui]

de ceste vente de domaine, et pour nen estre chargé iay mieux

aymé que vous en receviés ledict de la part de mondit segneur

le prince que de la mienne. Monsieur le president Truchon a obtenu

par le moyen du commis de monsieur de Sauve une declaration [ ?du roy]

pour rentrer en la terre de St Laurens du Pont en remboursant

monsieur de La Tivollière. Monsieur d’Ambrun a heu celle que

vous luy escriviés, et celle du vibally d’Ambrun. De Marquetz nest

pas encor arrivé que iaye sceu. Je rendz assez de temoinage

à messieurs du pays que touttes voz lettres au roy sont plaines des

misères que le pauvre peuple souffre, que non la bonne volonté

mais le pouvoir deffant aux bons subjectz, quil ny a plus ou en

prendre ny moyen que lon en treuve, et les grandz inconvenientz

qui en adviendront si [barré : le] sa majesté ny remedie. Je ne me suis pas

venté du refuz que les estatz ont faict [barré : au roy] de ce que ilz

[112A]

avoint accostumé de donner au roy, comme vous mavez escrit, car

on le trouvera bien mauvais. Jen layray apporter la nouvelle à Boilhat (Bressat ?).

Je ne scay monsieur quel rapport vous a esté faict de luy, mais

[barré c’est] lannée dernière quil estoit en ceste ville avec madame de

Maugiron pour le procès contre le sieur de Pardaillan, il me voyoit souvent

mais je ne congeus jamais en luy indiscretion en votre endroit, mais tous

bons et honnorables propoz, ny entendu quil en aye usé autrement

alheurs. Touttesfois ce sont gens qui gaignent leur vie à accuser et

deffendre, et a debattre et soustenir touttes causes. Ie my prendray

sogneusement garde et si ien decouvre quelque chose, ie le relevray bien.

Je suis bien aisé que vous vous serviés du sieur de Marquetz par deca.

Il [ajouté : vous] y satisfera fort [ajouté : bien] sil le veut faire car le bon entendement ne

luy deffaut pas ny la practique de ceste cour. Je plains grandement

le feu capitaine la Marcousse. Je ne puis avoir la lettre de monsieur le

president de Mazan pour Cot, il a de long temps le billet que monsieur

d’Evenes me laissa. Je le voy tous les jours et luy en parle autant

de fois. Au lieu que ie pensois que monsieur de St Sulpice et monsieur

de Villeroy deussent partir je les ay trouvé ce matin en cappe

au lougis du roy. Ledit sieur de Villeroy fut hyer à Chantilli, que nous

faisoit croire que cestoit pour partir ce jourdhuy. Jestime que

vous pourriés avoir la presente par monsieur de Montatère qui sen acquittera

peut estre mieux quil ne fit par deça des votres lors quil vint,

si cest-il loué de la bonne chère que vous luy fistes en passant.

On tient pour certain que St Jehan de Lorge a esté tué ou dans

son abbaye de St Jehan ou dans Falèze. Tant est quil est mort.

Il a esté bruict que monsieur de Limeul avoit pris les armes

avec les mal contentz, mais il se treuve au près de monsieur de

Losses quil est allé trover bien accompagné pour le service du roy.

Son frère est des mal pourveus et qui en prend où il en peut

trouver, d’où estoit procedé tel bruict. On ma dict que le roy

a mandé les gentilzhommes segneurs et princes qui estoint allez

en Pologne mesmement ceulx qui ont charge, et dict on

que la plus grand part est en chemin pour le retour. On a envoyé

[barré : assign] payement pour cinquante chevaux legers du seigneur Centurion

pour deux moys. Ce matin monsegneur le duc a assemblé

[112B]

plusieurs segneurs pour ouyr la querelle quest du jour querele[ ?]

de jeudi dernier XVIIIe entre le comte de Martinengues et

le sieur de Sainte Marie, gouverneur de Dorlan advenue sur le [rature]

blason de la couleur de gris, mais cest quilz servent tous

deux une mesme maistresse. On ma dict que ce que

les estatz de Languedoc ont accordé au roy a esté à la charge

quil sera employé dans le pays pour la deffence diceluy. Monsieur

d’Evènes mexcusera sil luy plaict si ie ne luy feis une particulière

lettre. Je nay baillé que XXXVI écus sol pour loffice de notaire.

Je luy en doibz quatre de ce costé. Quand les lettres seront expediées

[barré : me] ie les luy envoyeray. Je presente pour la fin mes très humbles

recommandations à votre bonne grace et à la sienne. Je prie Dieu,

monseigneur, vous donner très longue et heureuse vie.

de Paris, ce XXI mars 1574

Votre très humble serviteur

So de Boczosel

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Le XIXe, ie receus votre&#xD;</p><p id="1" n="36  " type="texte">[barré : lettre] depeche du XIIIe [barré : la quelle fait] celle que vous faisiez&#xD;</p><p id="1" n="37  " type="texte">au roy fut leue le XXe. Mondit segneur le prince à son depart&#xD;</p><p id="1" n="38  " type="texte">[111B]&#xD;</p><p id="1" n="39  " type="texte">navoit pas receu celles que vous luy escrivis comme je pense quil&#xD;</p><p id="1" n="40  " type="texte">[barré : n’a faict] ne les recevra pas, mais ie luy fis lecture des copies que&#xD;</p><p id="1" n="41  " type="texte">mavez envoyé des lettres à leurs majestés et à luy. C’est ung prince de&#xD;</p><p id="1" n="42  " type="texte">grand cueur, et qui viendra facillement aux mains et au c[ombat ?]&#xD;</p><p id="1" n="43  " type="texte">avec lennemy si loccasion sy presente, et si il la cherchera. 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Monsieur le president Truchon a obtenu&#xD;</p><p id="1" n="61  " type="texte">par le moyen du commis de monsieur de Sauve une declaration [ ?du roy]&#xD;</p><p id="1" n="62  " type="texte">pour rentrer en la terre de St Laurens du Pont en remboursant&#xD;</p><p id="1" n="63  " type="texte">monsieur de La Tivollière. Monsieur d’Ambrun a heu celle que&#xD;</p><p id="1" n="64  " type="texte">vous luy escriviés, et celle du vibally d’Ambrun. De Marquetz nest&#xD;</p><p id="1" n="65  " type="texte">pas encor arrivé que iaye sceu. Je rendz assez de temoinage&#xD;</p><p id="1" n="66  " type="texte">à messieurs du pays que touttes voz lettres au roy sont plaines des&#xD;</p><p id="1" n="67  " type="texte">misères que le pauvre peuple souffre, que non la bonne volonté&#xD;</p><p id="1" n="68  " type="texte">mais le pouvoir deffant aux bons subjectz, quil ny a plus ou en&#xD;</p><p id="1" n="69  " type="texte">prendre ny moyen que lon en treuve, et les grandz inconvenientz&#xD;</p><p id="1" n="70  " type="texte">qui en adviendront si [barré : le] sa majesté ny remedie. Je ne me suis pas&#xD;</p><p id="1" n="71  " type="texte">venté du refuz que les estatz ont faict [barré : au roy] de ce que ilz&#xD;</p><p id="1" n="72  " type="texte">[112A]&#xD;</p><p id="1" n="73  " type="texte">avoint accostumé de donner au roy, comme vous mavez escrit, car&#xD;</p><p id="1" n="74  " type="texte">on le trouvera bien mauvais. 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Ie my prendray&#xD;</p><p id="1" n="82  " type="texte">sogneusement garde et si ien decouvre quelque chose, ie le relevray bien.&#xD;</p><p id="1" n="83  " type="texte">Je suis bien aisé que vous vous serviés du sieur de Marquetz par deca.&#xD;</p><p id="1" n="84  " type="texte">Il [ajouté : vous] y satisfera fort [ajouté : bien] sil le veut faire car le bon entendement ne&#xD;</p><p id="1" n="85  " type="texte">luy deffaut pas ny la practique de ceste cour. Je plains grandement&#xD;</p><p id="1" n="86  " type="texte">le feu capitaine la Marcousse. Je ne puis avoir la lettre de monsieur le&#xD;</p><p id="1" n="87  " type="texte">president de Mazan pour Cot, il a de long temps le billet que monsieur&#xD;</p><p id="1" n="88  " type="texte">d’Evenes me laissa. Je le voy tous les jours et luy en parle autant&#xD;</p><p id="1" n="89  " type="texte">de fois. Au lieu que ie pensois que monsieur de St Sulpice et monsieur&#xD;</p><p id="1" n="90  " type="texte">de Villeroy deussent partir je les ay trouvé ce matin en cappe&#xD;</p><p id="1" n="91  " type="texte">au lougis du roy. Ledit sieur de Villeroy fut hyer à Chantilli, que nous&#xD;</p><p id="1" n="92  " type="texte">faisoit croire que cestoit pour partir ce jourdhuy. Jestime que&#xD;</p><p id="1" n="93  " type="texte">vous pourriés avoir la presente par monsieur de Montatère qui sen acquittera&#xD;</p><p id="1" n="94  " type="texte">peut estre mieux quil ne fit par deça des votres lors quil vint,&#xD;</p><p id="1" n="95  " type="texte">si cest-il loué de la bonne chère que vous luy fistes en passant.&#xD;</p><p id="1" n="96  " type="texte">On tient pour certain que St Jehan de Lorge a esté tué ou dans&#xD;</p><p id="1" n="97  " type="texte">son abbaye de St Jehan ou dans Falèze. Tant est quil est mort.&#xD;</p><p id="1" n="98  " type="texte">Il a esté bruict que monsieur de Limeul avoit pris les armes&#xD;</p><p id="1" n="99  " type="texte">avec les mal contentz, mais il se treuve au près de monsieur de&#xD;</p><p id="1" n="100  " type="texte">Losses quil est allé trover bien accompagné pour le service du roy.&#xD;</p><p id="1" n="101  " type="texte">Son frère est des mal pourveus et qui en prend où il en peut&#xD;</p><p id="1" n="102  " type="texte">trouver, d’où estoit procedé tel bruict. On ma dict que le roy&#xD;</p><p id="1" n="103  " type="texte">a mandé les gentilzhommes segneurs et princes qui estoint allez&#xD;</p><p id="1" n="104  " type="texte">en Pologne mesmement ceulx qui ont charge, et dict on&#xD;</p><p id="1" n="105  " type="texte">que la plus grand part est en chemin pour le retour. On a envoyé&#xD;</p><p id="1" n="106  " type="texte">[barré : assign] payement pour cinquante chevaux legers du seigneur Centurion&#xD;</p><p id="1" n="107  " type="texte">pour deux moys. Ce matin monsegneur le duc a assemblé&#xD;</p><p id="1" n="108  " type="texte">[112B]&#xD;</p><p id="1" n="109  " type="texte">plusieurs segneurs pour ouyr la querelle quest du jour querele[ ?]&#xD;</p><p id="1" n="110  " type="texte">de jeudi dernier XVIIIe entre le comte de Martinengues et&#xD;</p><p id="1" n="111  " type="texte">le sieur de Sainte Marie, gouverneur de Dorlan advenue sur le [rature]&#xD;</p><p id="1" n="112  " type="texte">blason de la couleur de gris, mais cest quilz servent tous&#xD;</p><p id="1" n="113  " type="texte">deux une mesme maistresse. On ma dict que ce que&#xD;</p><p id="1" n="114  " type="texte">les estatz de Languedoc ont accordé au roy a esté à la charge&#xD;</p><p id="1" n="115  " type="texte">quil sera employé dans le pays pour la deffence diceluy. Monsieur&#xD;</p><p id="1" n="116  " type="texte">d’Evènes mexcusera sil luy plaict si ie ne luy feis une particulière&#xD;</p><p id="1" n="117  " type="texte">lettre. Je nay baillé que XXXVI écus sol pour loffice de notaire.&#xD;</p><p id="1" n="118  " type="texte">Je luy en doibz quatre de ce costé. Quand les lettres seront expediées&#xD;</p><p id="1" n="119  " type="texte">[barré : me] ie les luy envoyeray. Je presente pour la fin mes très humbles&#xD;</p><p id="1" n="120  " type="texte">recommandations à votre bonne grace et à la sienne. Je prie Dieu,&#xD;</p><p id="1" n="121  " type="texte">monseigneur, vous donner très longue et heureuse vie.&#xD;</p><p id="1" n="122  " type="texte">de Paris, ce XXI mars 1574&#xD;</p><p id="1" n="123  " type="texte">Votre très humble serviteur&#xD;</p><p id="1" n="124  " type="texte">So de Boczosel&#xD;</p><p id="1" n="125  " type="texte"/></div>

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Lieux de la lettre

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