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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XXIII-116 Urre, Rostaing d', seigneur d’Ourches, à M. de Gordes, Montélimar, 21 mars 1574. Reçue à Valence, le 23 mars 1574
Monsieur, nayant aulcunes de voz lettrres et craignant que les miennes et aultres que je vous ay [barré : fait] envoyé et escrit nayent
tumbé es mains des ennemys, jay prié monsieur de Rochefort, qui saict mieus que nul aultres les chemins dicy à Crest, de
vous aller comuniquer ce dont je luy ay prié vous faire entendre, craygnant que pour les difficultes des chemins je ne
puisse estre asseuré de votre dessain et desliberations pour le reguart de la reparation que les ennemys font
à Lourioul, nayant encoures lieu en leurs pouvoyr en votre gouvernement où ilz ce puissent louger touz ensemble [barré : que]
comme ilz feront audit Lorioul après lavoyr repetassé dont par ce moyen ilz entreprandront plus aysement du
cousté de Valence, Roumans, Crest et ceste ville, estant favorisé à leur besoin de ceus de leur party de della le
Rosne, venant à couvert jusques audit Lourioul sans que vous puisses faire estat des fources que vous pourryés
avoyr [barré : fec] sus les bras, vous metant en campaigne et si ilz ne tenoyent ledit Lorioul il ne peult passer de leurs
fources de dessa que vous nen soyés adverty, en après vous resouldre selon la cognoyssance que vous en auriés.
Joint que, tenant ledit Lorioul, ilz vous [barré : couppent] tiennent fermées les chemins dicy à Lyon, Valence, et Grenoble, et
font une belle recoulte de touz fruictz faisant contribuer une partye des villaiges du Vallentinoys, attirant une
infinité de desesperés à eus en esbranlant ceus qui nous sont encoures affectionés, si bien que sy vous menvoyés
lettres addressantes à monsieur le cardinal d’Armaignac et à monsieur le conte de Villechaire pour les prier
de vous secouryr des fources qui sont en leurs pouvoyr, tant de cheval que de piet, je partiroys incontinant pour
leurs aller faire entendre votre creance. Et silz estoyent en ceste bonne vollonté je les [barré : je] conduiroys en ceste
ville et puis prandrions droict à Grayne et vous pourryés estre avec toutes les aultres fources à Chabrillan
et Crest pour en après touz ensemble marcher à Lorrioul où, si nous navions quelques pièces pour les y fourcer,
nous les contraindrions par la faim de venyr au combat ou dabandonner ledit lieu. Si nous pouvyons tant faire
que dy camper quatre ou cinq jours, ce que nous ferions aysement par le moyen des vivres qui nous viendroyt de
Crest, où les chevaus legers seroyent pour [barré : nous] [ajouté : leurs] faire escourte. Ceus qui ont des chevaus à Valence avec quelque
aultre nombre de cavallerye que vous y ourdonneryés, feroyent pareillement escourte aus vivres que nous
viendroyent de Valence et Estoile, le craignant que ceus de Montelligier ne les destroussassent. Je croys que vous
estes bien adverty comme Glandaige et Ferrier sont à Miremande avec deus cournettes et quelques gens de
piet comme il en y a aussi à Cliou usclat [=Cliousclat]. Les sieurs de Mirebel, Mombrum et Roysse avec le meilleurs de leurs gens
de piet et cavallerye sont à Lourioul. Les sieurs de Diguieres, Champolleon avec leurs trouppes sont à Livron.
Jay tousiours gens asseurées quy men viennent pourter nouvelles certaynes. Ilz ont environ set à huict vintz
[116B]
pionnyer[s] qui travaillent tant quilz peuvent à Lourioul. Si est ce quil me semble si ce nest par ung grant loysir quilz ne peuvent
pas aultrement faire leur profit ny le tout remparer en ung moys quil ne ce desfasse avec quelque vollée de canon.
Il est vray que sy on ha moyen du Contat de les prevenyr que je croys quilz y recevront ung grand escourne. Je ne
doubte point que les compagnies de gendarmes qui sont della l’Izère qui ne ce rendent de bon cœur auprès de vous au premyer
mandement votre. Par ce moyen vous pourrés donner la loy aus ennemys estant en païs où la cavallerye peult jouer, nestant
la leurs sans comparaison en pareil nombre ny en tel equipaige, vous asseurant questant pour le jourdhuy tout ce
qu’ilz peuvent metre de gens de cheval et semble quilz ne sauroyent estre plus de [lettre barrée] cent cinquante hommes à cheval [barré : ense]
sentent pour le combat, ayant ce quilz ont peu tirer de Provence, Vivarez, bannys du Contat et ceus des montaignes. Je ne
doubte point quils ny ayent set [ajouté : ou] huict centz ardelles [= aridelles] sans ledit nombre quilz peuvent estre de bons chevaus si dessus
mentionnées ; et si vous tirés des fources du Contat, on les doneroit le choys, je dis pour gens de piet de demeurer dans
noz villes, cependant que nous tirerons nous compagnies en campaigne, et si tant est quil les faille desfrier [= payer] je masseure
que les villes ne si rendront point difficilles, estant pour une si bonne occasion comme ceste là seroit. Quant aus vivres
pour les chevaus, sy nous estions devant Lorioul nous envoyerons queryr grand cantité de foine quil y a à lendroit
de Bays et requieroit lon de faire le mieus que lon pourroit. Il en y a aussi à Roumans quon feroit dessendre
jusques à vis-à-vis de Lourioul, et si vous sembloit dattaquer quelque aultre lieu plus propre que ledit Lorioul y estant
ledit sieur de Mombrum dedans avec partye de ces fources et les meilleures, vous pourriés dresser la teste à
Montelligier où les vivres vous viendroyent de Valence à souhait et par ce moyen vous les pourriés faire desmourdre
audit Lourioul et les attirer au combat. Vous [ajouté : auriés] aussi le cheoys de Allays ou Ouste du moins [barré : estant mesme]
pour dernier refuge, estant maître de la campaigne vous pourriés retirer toutes manières de vivres dans
noz lieus fermées et si vous trouviés bon duser du commandement abssolu que toutz ceus du Vallentinoys et
Baronnyes [barré : retiroit] [ajouté : retirassent] toute rasse de bestail della l’Izère, vous les y favouriseriés estant maitre de la campaigne
aussi bien le prennent ilz où ilz sont les maitres, comme ilz faisoyent au Contat. Ce faisant ilz ne peuvent avoyr
aulcune contribution pour entretenyr leurs gens de guerre, et fauldroit maulgré quilz en ayent que les
bastons ferrées que les suivent et aultres souldatz les abandonnent par le moyen de la famine. Je vous
supplye très humblement, monsieur, mescuser si je mazarde par trop de vous en discouryr inconsideramment.
[117A]
Je ne vous touche point que les forces du Languedoc ne vous viennent avec le temps sus les bras, mays il
me semble que devant quilz soyent toutz joinctz que vous aurés exploicté quelque chouse aussi auroyent
ilz bien peyne de vivre. Je remetray le surplus à la suffisance dudit sieur de Rochefort, après avoyr
salué voz bonnes graces par mes très humbles recommandations, priant Notre Seigneur vous donner
monsieur, en très bonne sancté, longue et hereuse vie. Au Montelimar, ce XXIe mars
Vostre très humble filz et très hobeyssant serviteur
à jamays, Hourche
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</p><p id="1" n="7 " type="texte">à Lourioul, nayant encoures lieu en leurs pouvoyr en votre gouvernement où ilz ce puissent louger touz ensemble [barré : que]
</p><p id="1" n="8 " type="texte">comme ilz feront audit Lorioul après lavoyr repetassé dont par ce moyen ilz entreprandront plus aysement du
</p><p id="1" n="9 " type="texte">cousté de Valence, Roumans, Crest et ceste ville, estant favorisé à leur besoin de ceus de leur party de della le
</p><p id="1" n="10 " type="texte">Rosne, venant à couvert jusques audit Lourioul sans que vous puisses faire estat des fources que vous pourryés
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</p><p id="1" n="12 " type="texte">fources de dessa que vous nen soyés adverty, en après vous resouldre selon la cognoyssance que vous en auriés.
</p><p id="1" n="13 " type="texte">Joint que, tenant ledit Lorioul, ilz vous [barré : couppent] tiennent fermées les chemins dicy à Lyon, Valence, et Grenoble, et
</p><p id="1" n="14 " type="texte">font une belle recoulte de touz fruictz faisant contribuer une partye des villaiges du Vallentinoys, attirant une
</p><p id="1" n="15 " type="texte">infinité de desesperés à eus en esbranlant ceus qui nous sont encoures affectionés, si bien que sy vous menvoyés
</p><p id="1" n="16 " type="texte">lettres addressantes à monsieur le cardinal d’Armaignac et à monsieur le conte de Villechaire pour les prier
</p><p id="1" n="17 " type="texte">de vous secouryr des fources qui sont en leurs pouvoyr, tant de cheval que de piet, je partiroys incontinant pour
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</p><p id="1" n="19 " type="texte">ville et puis prandrions droict à Grayne et vous pourryés estre avec toutes les aultres fources à Chabrillan
</p><p id="1" n="20 " type="texte">et Crest pour en après touz ensemble marcher à Lorrioul où, si nous navions quelques pièces pour les y fourcer,
</p><p id="1" n="21 " type="texte">nous les contraindrions par la faim de venyr au combat ou dabandonner ledit lieu. Si nous pouvyons tant faire
</p><p id="1" n="22 " type="texte">que dy camper quatre ou cinq jours, ce que nous ferions aysement par le moyen des vivres qui nous viendroyt de
</p><p id="1" n="23 " type="texte">Crest, où les chevaus legers seroyent pour [barré : nous] [ajouté : leurs] faire escourte. Ceus qui ont des chevaus à Valence avec quelque
</p><p id="1" n="24 " type="texte">aultre nombre de cavallerye que vous y ourdonneryés, feroyent pareillement escourte aus vivres que nous
</p><p id="1" n="25 " type="texte">viendroyent de Valence et Estoile, le craignant que ceus de Montelligier ne les destroussassent. Je croys que vous
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</p><p id="1" n="27 " type="texte">piet comme il en y a aussi à Cliou usclat [=Cliousclat]. Les sieurs de Mirebel, Mombrum et Roysse avec le meilleurs de leurs gens
</p><p id="1" n="28 " type="texte">de piet et cavallerye sont à Lourioul. Les sieurs de Diguieres, Champolleon avec leurs trouppes sont à Livron.
</p><p id="1" n="29 " type="texte">Jay tousiours gens asseurées quy men viennent pourter nouvelles certaynes. Ilz ont environ set à huict vintz
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</p><p id="1" n="31 " type="texte">pionnyer[s] qui travaillent tant quilz peuvent à Lourioul. Si est ce quil me semble si ce nest par ung grant loysir quilz ne peuvent
</p><p id="1" n="32 " type="texte">pas aultrement faire leur profit ny le tout remparer en ung moys quil ne ce desfasse avec quelque vollée de canon.
</p><p id="1" n="33 " type="texte">Il est vray que sy on ha moyen du Contat de les prevenyr que je croys quilz y recevront ung grand escourne. Je ne
</p><p id="1" n="34 " type="texte">doubte point que les compagnies de gendarmes qui sont della l’Izère qui ne ce rendent de bon cœur auprès de vous au premyer
</p><p id="1" n="35 " type="texte">mandement votre. Par ce moyen vous pourrés donner la loy aus ennemys estant en païs où la cavallerye peult jouer, nestant
</p><p id="1" n="36 " type="texte">la leurs sans comparaison en pareil nombre ny en tel equipaige, vous asseurant questant pour le jourdhuy tout ce
</p><p id="1" n="37 " type="texte">qu’ilz peuvent metre de gens de cheval et semble quilz ne sauroyent estre plus de [lettre barrée] cent cinquante hommes à cheval [barré : ense]
</p><p id="1" n="38 " type="texte">sentent pour le combat, ayant ce quilz ont peu tirer de Provence, Vivarez, bannys du Contat et ceus des montaignes. Je ne
</p><p id="1" n="39 " type="texte">doubte point quils ny ayent set [ajouté : ou] huict centz ardelles [= aridelles] sans ledit nombre quilz peuvent estre de bons chevaus si dessus
</p><p id="1" n="40 " type="texte">mentionnées ; et si vous tirés des fources du Contat, on les doneroit le choys, je dis pour gens de piet de demeurer dans
</p><p id="1" n="41 " type="texte">noz villes, cependant que nous tirerons nous compagnies en campaigne, et si tant est quil les faille desfrier [= payer] je masseure
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</p><p id="1" n="43 " type="texte">pour les chevaus, sy nous estions devant Lorioul nous envoyerons queryr grand cantité de foine quil y a à lendroit
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</p><p id="1" n="46 " type="texte">ledit sieur de Mombrum dedans avec partye de ces fources et les meilleures, vous pourriés dresser la teste à
</p><p id="1" n="47 " type="texte">Montelligier où les vivres vous viendroyent de Valence à souhait et par ce moyen vous les pourriés faire desmourdre
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</p><p id="1" n="56 " type="texte">[117A]
</p><p id="1" n="57 " type="texte">Je ne vous touche point que les forces du Languedoc ne vous viennent avec le temps sus les bras, mays il
</p><p id="1" n="58 " type="texte">me semble que devant quilz soyent toutz joinctz que vous aurés exploicté quelque chouse aussi auroyent
</p><p id="1" n="59 " type="texte">ilz bien peyne de vivre. Je remetray le surplus à la suffisance dudit sieur de Rochefort, après avoyr
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</p><p id="1" n="61 " type="texte">monsieur, en très bonne sancté, longue et hereuse vie. Au Montelimar, ce XXIe mars
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Fac-similé
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Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.