Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
-
XVIII-106 Urre, Rostaing d', seigneur d’Ourches, à M. de Gordes, Paris, 30 juillet 1572
Monsieur, je partys yer de Dourmans, quatre lieues par della Chasteautiery, où je layssès
la reyne, mère du roy et Monsieur, qui sont allées visiter madame de Lorrayne, laquelle y est
tumbée malade despuis huit jours en sa, que la fievre la saisit audit Dourmans ; les medecins
asseurent que ce ne sera rien, aydant Dieu. Tout aussi toust que madite dame sera hors de
fiebvre, la reyne, mère du roy et mondit seigneur reviendront en ceste ville pour donner ourdre
à leurs affaires, lessquelz ce passent à lacoustumée, sans que lon puisse ce resouldre à leur
dessain. Le roy est aus environs de la fouretz de Cressi, il se bruit quil ne viendra en ceste
ville quilz ne si rendent toutz emsemble, pour ne voulloyr demesler aulcunes affaires sans la
presence de la reyne sa mère et de mondit seigneur son frère. Au demeurant, le sieur de
Chastelart vous escrit pour le regart du cayer que Cavaignes a produit au conseil dont je
ne suis que bien ayse quar la fin en reussira à vostre grandeur, veu limpression, estime et
asseurance que leurs magestés et mondit seigneur ont de voz bonnes accions, comme ilz
mont dit plusieurs foys. Jay veu la lettre que vous escrivés à monsieur de Chastelart et à
moy du XVIIe ; je solliciteray leurs dites magestés pour vous donner advis de leur intention. Je
masseure quelles recevront grant contantement dentendre la bonne impression que le roy
d’Espagne a de leurs juste volonté. Je prie à Dieu qui les continue en bonne paix et amityé q.
Jay veu les lettres que le sieur de Mondoucet, ambassadeur pour leurs dites magestés près le duc
d’Albe, a escrit à mondit seigneur, comme monsieur de Jenly est prisonnyer avec grand nonbre
de noblesse, que je ne vous nommeray presentement pour nestre trop prolix. Il y demeura cinq
centz hommes sur la place. Ilz ont renvoyé force privés soldatz après les avoyr devalisés jusques
à la chemise quilz leurs ostarent. Jamays gentz ne firent si mal que firent les huguenotz françoys.
Ilz y ont aquis une très mauvaise reputation. Le filz du duc d’Albe est à une demye lyeue de Montz
lequel est sur le point de ce résouldre de deus choses : lune quest dataquer Montz par troys
endroitz ou daller au devant du prince d’Aurange pour le combatre. Voyla ce que le dit sieur
de Mondoucet a escrit à mon dit seigneur, lequel nous fit cest honneur en ce couchant à
Dourmans, de nous faire veoyr les dites lettres. Il y a troys jours que les nouvelles sont venues
à la court de la mort du conte de Ventadoul. Le conte de Maulevryer a eu sa compaignie.
Nous sommes tousiours attendant messieurs de Vènes et de Laval. Il ne seront pas plus toust
arrivé que je naye le piet à lestrier pour vous aller faire la reverance. Mon frère de Guarguas
[v°] ce pourtent bien, Dieu graces, comme font ces compaignons. Pour navoyr aultres nouvelles à vous
escrire, je salueray voz bonnes graces par mes très humbles recommandations, priant Nostre Seigneur
vous donner
monsieur, en très bonne santé longue et hereuse vye. A Parys ce XXXe de juillet.
Vostre très humble filz et très hobeyssant
à jamays
Hourche
Si madame veoit la presente, elle y trouvera mes
très humbles recommandations à sa bonne grace.
Comme jauray ce bien de vous veoyr, je vous feray
ung plaisant conte du discours passé entre monsieur de
Valence et moy, lequel dit autrement ne vous estre plus tel
quil a esté du passé. Cest la moindre perte que vous pouvés faire,
estant dune si escabreuse humeur comme il est.
Consulter le XML intégral
<div id="lettre" index="190" class="add" name="admin" date="2019-07-16T20:01:18.594+02:00"><desc><tome>XVIII</tome><folios><f>106</f></folios><expediteur>Urre, Rostaing d', seigneur d’Ourches</expediteur><destinataire>M. de Gordes</destinataire><date type="reponse" cat="reelle"/><date type="expedition" cat="reelle">1572-07-30</date><date type="expedition" cat="affiche">1572-07-30</date><date type="reception" cat="reelle">1572-08-13</date><lieu type="expedition" gps="48° 51’ 24’’ N ; 2° 21’ 07’’ E">Paris</lieu><lieu type="reception" gps="45° 15' 14'' N ; 5° 56' 00" E">Laval</lieu><hyperlien/><bibliographie/><note/></desc><p id="1" n="1 " type="texte"> -
</p><p id="1" n="2 " type="titre">XVIII-106 Urre, Rostaing d', seigneur d’Ourches, à M. de Gordes, Paris, 30 juillet 1572
</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monsieur, je partys yer de Dourmans, quatre lieues par della Chasteautiery, où je layssès
</p><p id="1" n="4 " type="texte">la reyne, mère du roy et Monsieur, qui sont allées visiter madame de Lorrayne, laquelle y est
</p><p id="1" n="5 " type="texte">tumbée malade despuis huit jours en sa, que la fievre la saisit audit Dourmans ; les medecins
</p><p id="1" n="6 " type="texte">asseurent que ce ne sera rien, aydant Dieu. Tout aussi toust que madite dame sera hors de
</p><p id="1" n="7 " type="texte">fiebvre, la reyne, mère du roy et mondit seigneur reviendront en ceste ville pour donner ourdre
</p><p id="1" n="8 " type="texte">à leurs affaires, lessquelz ce passent à lacoustumée, sans que lon puisse ce resouldre à leur
</p><p id="1" n="9 " type="texte">dessain. Le roy est aus environs de la fouretz de Cressi, il se bruit quil ne viendra en ceste
</p><p id="1" n="10 " type="texte">ville quilz ne si rendent toutz emsemble, pour ne voulloyr demesler aulcunes affaires sans la
</p><p id="1" n="11 " type="texte">presence de la reyne sa mère et de mondit seigneur son frère. Au demeurant, le sieur de
</p><p id="1" n="12 " type="texte">Chastelart vous escrit pour le regart du cayer que Cavaignes a produit au conseil dont je
</p><p id="1" n="13 " type="texte">ne suis que bien ayse quar la fin en reussira à vostre grandeur, veu limpression, estime et
</p><p id="1" n="14 " type="texte">asseurance que leurs magestés et mondit seigneur ont de voz bonnes accions, comme ilz
</p><p id="1" n="15 " type="texte">mont dit plusieurs foys. Jay veu la lettre que vous escrivés à monsieur de Chastelart et à
</p><p id="1" n="16 " type="texte">moy du XVIIe ; je solliciteray leurs dites magestés pour vous donner advis de leur intention. Je
</p><p id="1" n="17 " type="texte">masseure quelles recevront grant contantement dentendre la bonne impression que le roy
</p><p id="1" n="18 " type="texte">d’Espagne a de leurs juste volonté. Je prie à Dieu qui les continue en bonne paix et amityé q.
</p><p id="1" n="19 " type="texte">Jay veu les lettres que le sieur de Mondoucet, ambassadeur pour leurs dites magestés près le duc
</p><p id="1" n="20 " type="texte">d’Albe, a escrit à mondit seigneur, comme monsieur de Jenly est prisonnyer avec grand nonbre
</p><p id="1" n="21 " type="texte">de noblesse, que je ne vous nommeray presentement pour nestre trop prolix. Il y demeura cinq
</p><p id="1" n="22 " type="texte">centz hommes sur la place. Ilz ont renvoyé force privés soldatz après les avoyr devalisés jusques 
</p><p id="1" n="23 " type="texte">à la chemise quilz leurs ostarent. Jamays gentz ne firent si mal que firent les huguenotz françoys. 
</p><p id="1" n="24 " type="texte">Ilz y ont aquis une très mauvaise reputation. Le filz du duc d’Albe est à une demye lyeue de Montz
</p><p id="1" n="25 " type="texte">lequel est sur le point de ce résouldre de deus choses : lune quest dataquer Montz par troys
</p><p id="1" n="26 " type="texte">endroitz ou daller au devant du prince d’Aurange pour le combatre. Voyla ce que le dit sieur
</p><p id="1" n="27 " type="texte">de Mondoucet a escrit à mon dit seigneur, lequel nous fit cest honneur en ce couchant à
</p><p id="1" n="28 " type="texte">Dourmans, de nous faire veoyr les dites lettres. Il y a troys jours que les nouvelles sont venues
</p><p id="1" n="29 " type="texte">à la court de la mort du conte de Ventadoul. Le conte de Maulevryer a eu sa compaignie.
</p><p id="1" n="30 " type="texte">Nous sommes tousiours attendant messieurs de Vènes et de Laval. Il ne seront pas plus toust 
</p><p id="1" n="31 " type="texte">arrivé que je naye le piet à lestrier pour vous aller faire la reverance. Mon frère de Guarguas
</p><p id="1" n="32 " type="texte">[v°] ce pourtent bien, Dieu graces, comme font ces compaignons. Pour navoyr aultres nouvelles à vous
</p><p id="1" n="33 " type="texte">escrire, je salueray voz bonnes graces par mes très humbles recommandations, priant Nostre Seigneur 
</p><p id="1" n="34 " type="texte">vous donner
</p><p id="1" n="35 " type="texte">monsieur, en très bonne santé longue et hereuse vye. A Parys ce XXXe de juillet.
</p><p id="1" n="36 " type="texte">Vostre très humble filz et très hobeyssant
</p><p id="1" n="37 " type="texte">à jamays
</p><p id="1" n="38 " type="texte">Hourche
</p><p id="1" n="39 " type="texte">Si madame veoit la presente, elle y trouvera mes
</p><p id="1" n="40 " type="texte">très humbles recommandations à sa bonne grace.
</p><p id="1" n="41 " type="texte">Comme jauray ce bien de vous veoyr, je vous feray
</p><p id="1" n="42 " type="texte">ung plaisant conte du discours passé entre monsieur de
</p><p id="1" n="43 " type="texte">Valence et moy, lequel dit autrement ne vous estre plus tel
</p><p id="1" n="44 " type="texte">quil a esté du passé. Cest la moindre perte que vous pouvés faire,
</p><p id="1" n="45 " type="texte">estant dune si escabreuse humeur comme il est. 
</p><p id="1" n="46 " type="texte"/></div>
Fac-similé
2 vue(s) identifiée(s) dans le catalogue du corpus.
La visionneuse se charge à l’approche de cette section.
Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.