Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XVIII-138 Mandelot, François de, gouverneur du Lyonnais à M. de Gordes, Lyon, 04 août 1572
Monsieur, je receus ces jours icy voz lettres du XXXe
du moys passé avec celles qui y estoient encloses pour
monsieur d’Evenes votre frère, que je luy feis incontinant
tenir. Il n’est poinct de besoing que vous me remerciez
de ce que nous avons faict pour monsieur de Laval votre
filz, car je vouldrois le servir en plus grande chose
que celà, ce sera doncques quand l’ocasion s’en
présentera et où j’en auray le moien. Je m’asseure qu’il
vous aura faict entendre de ses nouvelles, comme il
commence à se bien porter et en esperance de monter
bientost à cheval, qui me gardera vous en dire
icy aultre chose. Au reste, monsieur, vous pourrez
avoir esté adverty comme la necessité de bledz augmente
tous les jours, plus en ceste ville, tellement que si
nous ne sommes secouruz de noz voisins, nous sommes
pour endurer beaucoup. Il y a ung marchant de
Bourgoing en Daulphiné, nommé Jacques Douyn,
qui a promis à ceulx de ceste ville d’y en faire venir
quelque quantité, pourveu qu’il vous plaise de luy
permettre, qui me faict vous supplier bien humblement
vouloir commander qu’il ne luy soit donné aucun
empeschement affin, que nous peussions estre secouruz,
[v°] en attendant que quelque provision, que nous sommes
après de faire faire en Bourgongne, suivant la
traicte qu’il auroit pleu au roy nous accorder, nous
soit amenée. Et en ce faisant, tout le peuple de ceste ville
se sentira grandement obligé à vous, et moy aussi
particullierement, pour men revencher en tout aultre
endroict où il vous plaira me commander.
Quant à nouvelles de la court, je n’ay pour ceste
heure aultre, sinon la continuaton de la deffaicte
de monsieur de Genlys, qui est veritable, mais
non pas possible si grande comme on la faisoit ;
bien est vray que l’on dict que ledit sieur de Genlys
avec quelque nombre de gentilzhommes de marque
sont mortz ou prisonniers ; et tout le mal que
je veois en celà, c’est la perte des gentilzhommes
de notre France qui pourroient ung jour faire service
au roy. L’on dict que le mariage du roy de Navarre
et de Madame est retardé jusques au XVIIIe de
ce mois. Voylà tout ce que je scaiche pour cest heure
digne de vous escripre. Après mes bien humbles recommandations
à votre bonne grace, je supplie le Créateur vous donner,
Monsieur, en parfaicte santé, très longue vye. De Lyon,
le IIIIe aoust 1572.
Votre plus afeccionné à vous faire servise
Mandelot
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</p><p id="1" n="43 " type="texte">ce mois. Voylà tout ce que je scaiche pour cest heure
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