Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XVIII-145 M. de Gordes à Roger de Saint-Lary, seigneur de Bellegarde, Laval, 12 août 1572
Monsieur, j’ey receu ce jour d’uy votre lettre du IIIIe de ce moys, escrite à Car
maignoles. Il y a quelques jours que Monseigneur m’en a escrit une telle
que celuy qui m’a baillé la votre m’en a monstré la coppie ; et parce
que par icele vous voyés que j’ey mon pein taillé, je vous prie, Monsieur,
m’escuser si j’en suis le contenu en icelle, car il fault bien que ce
soyt pour quelques reysons et remonstrances qu’on aye faictes
à mondit seigneur qu’il se soyt souvenu de Vienne, car quant aux
lieux pour les autres compagnies, ce sont ceulx-là où eles firent leurs derniè
res monstres. Et quant mondit seigneur eut remis le lieu pour
votre monstre à moy, je vous eusse gratiffié de tous les lieux du
Daulphiné que vous m’eussiéus [sic] volu demander, bien vous eusse-
je volu prier de vous contenter de tout autre ors le Mon
telimar, car pour en parler à la verité, le debvoyr qu’ilz
firent lorsque le comte Ludovic les assaillit m’a donné
occasion de les favoriser et soulager, de sorte que je n’ey jamays
volu y metre aucune garnison depuis, et si en ey esté reserché.
Au reste, vous croyrés, Monsieur, que il ne scauroyt venir compagnie
en ce gouvernement de laquele je soye plus eyse et content.
Je n’ey que ung regret[barré : car jey] : qu’ele s’y trovera mal trettée,
car j’ay exprès commandement du roy par lettres [barré : pra] patentes de
ne fayre fornir aucuns vivvres ni utenssilles à ses gens
d’ordonnance qu’en payant de gré à gré et au pris du marché,
de quoy je vous ay bien volu advertir afin que vous voyés de y
pourvoyr ; et voyant que la gendarmerie n’i scauroyt vivvre,
quant bien elle seroyt payée tous les cartiers, j’en ey escrit
par deus ou troys foys à sa magesté et à Monseigneur, mays je
n’en ay eu aucune responce par laquelle je doybve contrevenir à ce
qui m’est commandé par lesdites patentes. Je vous replique ses patentes
parce que par missives je ne puis ny doybs me departir d’iceluy
commandement. Si votre compagnie vient en Avignon, il fauldra que
pour aler à Vienne elle passe tout le long du Daulphiné, qui sera
une bien grande foule desquele (barré : ce païs] il est sy chargé qu’il n’est
pas croyable, car tout se qui passe en Piedmont est aux despens
de ce gouvernement ; par quoy vous feriés beaucop de la fayre
venir tomber à Vienne par delà le Rosne et ne scay si vous avés
nouveles de votre tresorier.
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</p><p id="1" n="14" type="texte">je volu prier de vous contenter de tout autre ors le Mon
</p><p id="1" n="15" type="texte">telimar, car pour en parler à la verité, le debvoyr qu’ilz
</p><p id="1" n="16" type="texte">firent lorsque le comte Ludovic les assaillit m’a donné
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</p><p id="1" n="27" type="texte">quant bien elle seroyt payée tous les cartiers, j’en ey escrit
</p><p id="1" n="28" type="texte">par deus ou troys foys à sa magesté et à Monseigneur, mays je
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</p><p id="1" n="35" type="texte">pas croyable, car tout se qui passe en Piedmont est aux despens
</p><p id="1" n="36" type="texte">de ce gouvernement ; par quoy vous feriés beaucop de la fayre
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