Projet GordesUne correspondance à la Renaissance

XVIII · f° 152 · 1572-08-05

XVIII-152 Besson, Jean, précepteur, à M. de Gordes, Paris, 05 août 1572

Besson, Jean, précepteur → M. de Gordes

Transcription

Texte de l’édition · graphies et annotations conservées

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XVIII-152 Besson, Jean, précepteur, à M. de Gordes, Paris, 05 août 1572

Monseigneur, jay differé à vous escripre par ce que monsieur

d’Orches m’envoya dernierement quil partoit bien tost pour sen aller

en Daulphiné. Je m’attendois par luy vous advertir de toutes nouvelles,

comme encores jespère faire. Toutesfois monsieur Pillet, present

porteur, m’advertit hier de son depart et quil seroit bien ayse

de vous porter des nouvelles de monsieur vostre filz pour lenvie quil

a de vous faire service ; lequel despuis jeudy, après disner,

est tumbé malade de la petite verolle, de laquelle il a

esté deux ou trois jours bien fort tormenté, car la challeur

estoit si grande, ne pouvant sortir, quelle luy randoyt une

fiebvre. Maintenant, elle commance à sortir et il prend ung peu

plus de repos que auparavantz. J’advertiz monsieur de La Roche

dès le premier jour quil prins mal et tous les jours je luy

faictz entendre son estat. Il fust hier icy pour le veoir

et mondit sieur d’Orches avec luy. Il leur sembla quil se

pourtoit bien, comme aussy il faict au medecin qui le visite,

non pour luy ordonner medecines, car ne la malladie, ne

le temps ne le permectent pas. Cest seulement pour lordonnance

du vivre et de peur que quelque autre accident ne luy

survienne, pour ce que ceste maladie est fort dangereuse

quant elle nest bien pencée et soigneusement. Vous vous

[v°] pouvez asseurer de ma diligence et soingnement que je n’obmectray

rien que je puisse penser que ce soit pour sa santé, Dieu fera

le reste. Le jeusne de monsieur de Rosset est guerry,

mais laisné et le filz de monsieur de Corbon y sont tumbez,

qui mest une fort grande peyne, car je les ay separez tous

de chambre et baillé des gardes qui nest sans despence.

Jespère que tous se porteront bien, car la verolle est sortie,

qui est signe de guerison. Je n’attens heure que La Coste

y tumbe toutesfois je lay spare. Je vous advertiray

du tout plus amplement par mondit sieur d’Orches, attendent le

despart duquel je prieray Dieu, vous donner

Monseigneur, en parfaicte santé, très longue et heureuse vie.

De Paris, ce Ve aoust 1572

Vostre très humble et très obeissant

Serviteur

Jean Besson

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