Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
-
XVII-204 Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Montpellier, le 29 juin 1572
Monseigneur, sur le poinct, sur le poinct [sic] que je serroy mon pacquet,
messieurs de Saulsan et de Bernin me sont venus veoir et m’a rendu ledit
sieur de Bernin un pacquet dans lequel j’ay trouvé votre lettre du XXe
de ce moys. Je vous remercie en premier lieu de tant de peine
qu’il vous plait prendre à me fère part de vos nouvelles desquelles
je suis sur toutes bien aise de votre appoinctement avec messieurs d’Uriage
pourvu que la réduction que vous faites au sieur de Montrigaud ne l’empesche.
Vous adviserés si pour le moins il ne seroit bon de le serrer ou
asseurer avec le sieur de Molard, car ce sera tant moins de procès
et tant moins entamer votre terre. Nous avons eu icy les mesmes
nouvelles de Flandres qui vous ont esté escrittes ou à autres de
Paris et de Lyon et depuis n’ont continué. Tout ce que je vous puis
escrire de ce quartier depuis mes précédentes est l’extraict
d’une lettre que je receu harsoir de monsieur de Joyeuse du XXVIIe.
Monsieur des Adrés a opinion que le roy n’a pas dicté de marchant
et craint que on l’estima avoir fait tour de jeune cappitaine
d’advancer de ses deniers. Si le seigneur Ludovic de Birago
se doubtoit d’estre prisé, je cuyde qu’il ne feroit difficulté
de recevoir promptement les compagnies tant de pied que de
cheval que on luy pourroit envoyer. Nous pensons que avant
la réception des présentes, vous scaurés à quoy nous en sommes
de paix ou de guerre à cause de la sommation que l’on
nous escrit par lettre du XXIIIIe de Lyon que l’ambassadeur d’Espagne
a fait au roy. Dieu par sa grâce veuille mectre au cueur
du roy la résolution qui doit estre pour son mieux et celuy de son royaulme,
lequel je prie aussi, après mes très humbles recommandations à votre bone
grâce qu’il vous done
Monseigneur, en toute prospérité très longue vie . De
[v°] Montpellier, ce XXIXe jour de juin 1572.
Vostre très humble et très affectioné serviteur
Bellievre
Madame de Gordes verra icy s’il luy
plait mes semblables recommandations à sa bonne grâce.
Je croy que monsieur d’Evènes voudra un peu laisser
passer la véhémence de ces chaleurs à cause de sa
maladie.
Tant s’en faut que ma femme soit marrie
que vous l’ayés appellé maleteste, qu’elle en
fait gourre, s’estant persuadée que la
bonté est une vertu qui regarde plus
tost le bien autruy que le sien propre et
que c’est moins mal fère endurer [barré : qu]autruy
qu’endurer soy mesme. C’est ce que feu monsieur
de Tallard disoit, quil valoit mieux estre diable
qu’âme damnée et là dessus allègue des
exemples sans sourtir de Grenoble.
Consulter le XML intégral
<div id="lettre" index="26" class="add" name="admin" date="2019-07-17T19:11:10.87+02:00"><desc><tome>XVII</tome><folios><f>204</f></folios><expediteur>Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné</expediteur><destinataire>M. de Gordes</destinataire><date type="reponse" cat="reelle"/><date type="expedition" cat="reelle">1572-06-29</date><date type="expedition" cat="affiche">1572-06-29</date><date type="reception" cat="reelle">1572-07-07</date><lieu type="expedition" gps="43° 36' 43'' N ; 3° 52' 38'' E">Montpellier</lieu><lieu type="reception" gps="45° 05' 58'' N ; 5° 40' 45'' E">Allières</lieu><hyperlien/><bibliographie/><note/></desc><p id="1" n="1 " type="texte">-
</p><p id="1" n="2 " type="titre">XVII-204 Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Montpellier, le 29 juin 1572
</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monseigneur, sur le poinct, sur le poinct [sic] que je serroy mon pacquet,
</p><p id="1" n="4 " type="texte">messieurs de Saulsan et de Bernin me sont venus veoir et m’a rendu ledit
</p><p id="1" n="5 " type="texte">sieur de Bernin un pacquet dans lequel j’ay trouvé votre lettre du XXe
</p><p id="1" n="6 " type="texte">de ce moys. Je vous remercie en premier lieu de tant de peine
</p><p id="1" n="7 " type="texte">qu’il vous plait prendre à me fère part de vos nouvelles desquelles
</p><p id="1" n="8 " type="texte">je suis sur toutes bien aise de votre appoinctement avec messieurs d’Uriage
</p><p id="1" n="9 " type="texte">pourvu que la réduction que vous faites au sieur de Montrigaud ne l’empesche.
</p><p id="1" n="10 " type="texte">Vous adviserés si pour le moins il ne seroit bon de le serrer ou
</p><p id="1" n="11 " type="texte">asseurer avec le sieur de Molard, car ce sera tant moins de procès
</p><p id="1" n="12 " type="texte">et tant moins entamer votre terre. Nous avons eu icy les mesmes
</p><p id="1" n="13 " type="texte">nouvelles de Flandres qui vous ont esté escrittes ou à autres de
</p><p id="1" n="14 " type="texte">Paris et de Lyon et depuis n’ont continué. Tout ce que je vous puis
</p><p id="1" n="15 " type="texte">escrire de ce quartier depuis mes précédentes est l’extraict
</p><p id="1" n="16 " type="texte">d’une lettre que je receu harsoir de monsieur de Joyeuse du XXVIIe.
</p><p id="1" n="17 " type="texte">Monsieur des Adrés a opinion que le roy n’a pas dicté de marchant
</p><p id="1" n="18 " type="texte">et craint que on l’estima avoir fait tour de jeune cappitaine
</p><p id="1" n="19 " type="texte">d’advancer de ses deniers. Si le seigneur Ludovic de Birago
</p><p id="1" n="20 " type="texte">se doubtoit d’estre prisé, je cuyde qu’il ne feroit difficulté
</p><p id="1" n="21 " type="texte">de recevoir promptement les compagnies tant de pied que de
</p><p id="1" n="22 " type="texte">cheval que on luy pourroit envoyer. Nous pensons que avant
</p><p id="1" n="23 " type="texte">la réception des présentes, vous scaurés à quoy nous en sommes
</p><p id="1" n="24 " type="texte">de paix ou de guerre à cause de la sommation que l’on
</p><p id="1" n="25 " type="texte">nous escrit par lettre du XXIIIIe de Lyon que l’ambassadeur d’Espagne
</p><p id="1" n="26 " type="texte">a fait au roy. Dieu par sa grâce veuille mectre au cueur
</p><p id="1" n="27 " type="texte">du roy la résolution qui doit estre pour son mieux et celuy de son royaulme,
</p><p id="1" n="28 " type="texte">lequel je prie aussi, après mes très humbles recommandations à votre bone
</p><p id="1" n="29 " type="texte">grâce qu’il vous done
</p><p id="1" n="30 " type="texte">Monseigneur, en toute prospérité très longue vie . De
</p><p id="1" n="31 " type="texte">[v°] Montpellier, ce XXIXe jour de juin 1572.
</p><p id="1" n="32 " type="texte">Vostre très humble et très affectioné serviteur
</p><p id="1" n="33 " type="texte">Bellievre
</p><p id="1" n="34 " type="texte">Madame de Gordes verra icy s’il luy
</p><p id="1" n="35 " type="texte">plait mes semblables recommandations à sa bonne grâce.
</p><p id="1" n="36 " type="texte">Je croy que monsieur d’Evènes voudra un peu laisser
</p><p id="1" n="37 " type="texte">passer la véhémence de ces chaleurs à cause de sa
</p><p id="1" n="38 " type="texte">maladie.
</p><p id="1" n="39 " type="texte">Tant s’en faut que ma femme soit marrie
</p><p id="1" n="40 " type="texte">que vous l’ayés appellé maleteste, qu’elle en
</p><p id="1" n="41 " type="texte">fait gourre, s’estant persuadée que la
</p><p id="1" n="42 " type="texte">bonté est une vertu qui regarde plus
</p><p id="1" n="43 " type="texte">tost le bien autruy que le sien propre et
</p><p id="1" n="44 " type="texte">que c’est moins mal fère endurer [barré : qu]autruy
</p><p id="1" n="45 " type="texte">qu’endurer soy mesme. C’est ce que feu monsieur
</p><p id="1" n="46 " type="texte">de Tallard disoit, quil valoit mieux estre diable
</p><p id="1" n="47 " type="texte">qu’âme damnée et là dessus allègue des
</p><p id="1" n="48 " type="texte">exemples sans sourtir de Grenoble.
</p><p id="1" n="49 " type="texte"> 
</p><p id="1" n="50 " type="texte"/></div>
Fac-similé
2 vue(s) identifiée(s) dans le catalogue du corpus.
La visionneuse se charge à l’approche de cette section.
Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.