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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XVIII-198 Simiane, Gaspard de, seigneur d'Evènes à M. de Gordes, Lyon, 12 août 1572
Monsieur, ce jourd’hui, à neuf heures du matin, revenant mon
nepveu et moy de voir monsieur de La Mante à la citadelle,
avons trouvé ici votre dépêche du IXe, que monsieur de
Mandellot nous a mandé et mon nepveu de La Coste
revenant de la court, par lequieul ai bien voulu respondre
à la vostre susdite, vous ayant escript despuis le partement
du laquai de monsieur de Rousset par monsieur le général
Grolier. Or, Monsieur, je loue Dieu de votre bon pourtement
et de cellui de madame de Gordes et de mes nepveus
et niepce. Nous en sommes de mesmes, Dieu graces,
et mon nepveu se ranforse de jour à autre et repose
bien la nuit. Quand aux valets, nous en soumes [barré : de mesmes] comme
[barré : que] vous estes là, car, oultre mon home de chambre qui
est ici malade, nous en avons heu à Jaunages, tout
ce qui est demuré hors le muletier qu’ai prins en
ceste vile. Je y mandis hier ma lictier[e] pour voir s’ils
estoint en disposition de pouvoir marcher, mais il y a
bien de la pitié pour enquores. Sans recheutes
dans huit ou dix jours, il y aura quelque moien.
Bref nous fairons la guerre à leiul. Bien prétandons
nous pour toute ceste sepmeine aller à Saint-Prie pour deux
ou trois jours et puis à Jaunages, sans aller ny à Mures
ny au Columbier. Je vous veulx bien dire que avant hier,
Grasset s’en alla sans dire mot et sans aucune
occasion sinon de poltronerie qui le conduira au gibet,
ayant prins ung escu dans la bourse de monsieur de
Chaponai qu’il avoit obliée le matin au chevet de son
lit et ne l’en subsonnet lors point, sinon quand il a esté
parti, et aiant le dit Chaponei de près advisé à son conte,
il c’est certeinement aperceu qu’il lui avoit esté prins.
Nous avons recouvré un autre laquai en son lieu, quy
Estoit [barré : au cappitaine] à l’escuier de La Coste, qui peult estre s’en est parti
de mesmes. Toutesfois, il dit avoir heu son congé. De vray,
il en avoit deux, et est de Lagni près de Paris,
jeune comme le mien. Il nous a dit les mesmes
nouvelles de Provence que m’escripviés, mesmes de messieurs
[v°] de St Sernin et de La Coste, qui estoint à Sault, et que monsieur
de Cabanes estoit entièrement guéri, dont loue Dieu.
Il nous a dit en oultre la mort de Lioux, ayant
leissé sa fame enseinte et bien malade. Je vous
envoie celle que monsieur de La Roche m’a escript,
par où verrés comment il se trouve court d’argent,
oultre que monsieur de Roissy se rend difficile à me
paier ma pancion ; à quoy, à mon advis enfin ne peult
gaigner que le temps à tout événement. Monsieur, si
vous trouvés bon par le paieur de votre compagnie ou
autre vous faire fournir cinq ou six cens livres à mon
nepveu en ceste ville, me samble n’en seroit que bon ;
et en recepvant cella, je ne larrai à l’advenir,
en ayant besoing, lui en fournir le plus que je pourrai. La despance,
comme pouvés pancer, n’a pas esté petite icy,
vous assurant bien que, à mon grand regret, je vous en
importune, oultre que pour ce n’en debvés vous incomoder,
car nous aurons peult-estre mieulx dellà que n’espérons.
Je remets toutes autres particularités à mon nepveu
de La Coste, mesmes de la santé de mon nepveu,
de laquelle il vous tesmoignera, et [barré : ayant] à madame de
Gordes ausy, quy me gardera en escripre et vous faire
ceste plus longue, si n’est pour me recommander très humblement
à vous bones graces et celles de madite dame et
du reste de votre compagnie, priant Dieu vous donner,
Monsieur, en santé contante vie. De Lion, ce XII
aoust 1572.
Votre à jamais très humble et
très obéissant frère
De Simyane
Monsieur, notre houtesse, à la quielle avons beacop dobligation,
desireroit avoir de vous une sauvegarde bien ample pour
sa maison de Granges de La Coste St André, suivant ung mémoire
que pour cest effait elle a fait dresser et que vous
envoie. Sil vous plait par votre première depeche
nous lenvoierés ici avec letres à ses fins au
chatelein et consuls de La Coste. Jay fait parler
par Chaponai au paieur de votre compagnie qui en
fournira aiant mandement et vous ce que vous
plarra. Vous verrés coument monsieur d’Hourches
ne peult tarder destre ici dans dimanche ou
lundi prochein. Je croy que nous ne partirons dici
devant ce temps pour avoir ce bien que de
le voir ; et cepandant mon nepveu se ranforse
mieulx et si nous gens se portent [barré : mieulx] bien, en
demeurerons moings à St Prie et Jaunages.
Je ne vous ay jamais tenu propos par qui vous
desireriés que mon nepveu feut presanté
à leurs magestés. Par votre première sil vous
plait en toucherés ung mot.
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</p><p id="1" n="6 " type="texte">Mandellot nous a mandé et mon nepveu de La Coste
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</p><p id="1" n="26 " type="texte">Grasset s’en alla sans dire mot et sans aucune
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</p><p id="1" n="33 " type="texte">Nous avons recouvré un autre laquai en son lieu, quy
</p><p id="1" n="34 " type="texte">Estoit [barré : au cappitaine] à l’escuier de La Coste, qui peult estre s’en est parti
</p><p id="1" n="35 " type="texte">de mesmes. Toutesfois, il dit avoir heu son congé. De vray,
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</p><p id="1" n="37 " type="texte">jeune comme le mien. Il nous a dit les mesmes
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</p><p id="1" n="39 " type="texte">[v°] de St Sernin et de La Coste, qui estoint à Sault, et que monsieur
</p><p id="1" n="40 " type="texte">de Cabanes estoit entièrement guéri, dont loue Dieu.
</p><p id="1" n="41 " type="texte">Il nous a dit en oultre la mort de Lioux, ayant
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</p><p id="1" n="43 " type="texte">envoie celle que monsieur de La Roche m’a escript,
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</p><p id="1" n="51 " type="texte">et en recepvant cella, je ne larrai à l’advenir,
</p><p id="1" n="52 " type="texte">en ayant besoing, lui en fournir le plus que je pourrai. La despance,
</p><p id="1" n="53 " type="texte">comme pouvés pancer, n’a pas esté petite icy,
</p><p id="1" n="54 " type="texte">vous assurant bien que, à mon grand regret, je vous en
</p><p id="1" n="55 " type="texte">importune, oultre que pour ce n’en debvés vous incomoder,
</p><p id="1" n="56 " type="texte">car nous aurons peult-estre mieulx dellà que n’espérons.
</p><p id="1" n="57 " type="texte">Je remets toutes autres particularités à mon nepveu
</p><p id="1" n="58 " type="texte">de La Coste, mesmes de la santé de mon nepveu,
</p><p id="1" n="59 " type="texte">de laquelle il vous tesmoignera, et [barré : ayant] à madame de
</p><p id="1" n="60 " type="texte">Gordes ausy, quy me gardera en escripre et vous faire
</p><p id="1" n="61 " type="texte">ceste plus longue, si n’est pour me recommander très humblement
</p><p id="1" n="62 " type="texte">à vous bones graces et celles de madite dame et
</p><p id="1" n="63 " type="texte">du reste de votre compagnie, priant Dieu vous donner,
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</p><p id="1" n="68 " type="texte">De Simyane
</p><p id="1" n="69 " type="texte">Monsieur, notre houtesse, à la quielle avons beacop dobligation,
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</p><p id="1" n="71 " type="texte">sa maison de Granges de La Coste St André, suivant ung mémoire
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