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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XVIII-238 Simiane, Jean-Baptiste de, abbé de Saint-Sernin, à M. de Gordes, Apt, 18 août 1572
Monsieur, je vous escrivis de Sault le IIme de ce moys, si bien me
souvient, et croy que ma lettre vous sera esté rendue. Despuys jay veu la
votre du Vme escrite par ensemble à messieurs d’Apt, de Cabanes et
à moy, dont jay esté très ayse, car ayant seu que vous avyez eu quelques
accès de fièvre, jestoys en peyne ; si vous en seriés quitte comme vous
escrivés que vous lestes et mon neveu Charles dont jen loue Dieu et
aussi de la bonne santé de madame de Gordes et du reste de votre
compagnie. Par vosdites lettres et aussi par celles de monsieur d’Evenes,
notre frère de Lyon le IIIIme, jay seu la convallescence de mon neveu
de Laval de sorte qua ceste heure, je panse quil soit du tout bien
guery et quil commance à se renforcer, Dieu luy en face la grace,
tout ainsi que vous et tous nous desirons. Par tout ce pays y a un
grand cours de grandes et griesves maladies. Si est ce que de tous
ceulx qui vous appartiennent, je ne sache aucun malade que madame
de La Coste qui a eu quatre ou cinq accès de fièvre tierce qui
toutesfoys se diminuent fort. Monsieur de Cabanes alla hyer à
Gordes et, en disnant, la fièvre le print ainsi que ma dit un des
myens qui estoit là et en revint arsoir. D’aujourdhuy je nay point
sceu de ses nouvelles, mais jen saurey par mon laquay que jenvoye
à Gargas pour porter ceste lettre à madamoyselle de Caseneufve,
laquelle vous faict une despeche par voye de la poste de Villeneufve.
On na faict à Sault que la veriffication des meubles contenus en
linventaire que monsieur d’Aubignan avoit faict faire ; et comme on vouloit
vacquer à ouyr les comtes, monsieur de La Coste feut le IIIIme
constraint de partir pour aller à Marseille faire monstre au chateaudif ;
laquelle il a faicte pour deux cartiers et quant ausdits comtes le
tout feut sursoyé et remis à Lurmarin au XXme, que sera après
demain. En ce pays, on est hors de doubte de guerre pour quelque
temps pource que on a certaines nouvelles que larmée de Don Jan
d’Austrie a prins la route de Levant. Si est ce quil y a lettres patentes
[v°] du roy données à Paris en juillet par lesquelles est mandé que chasque
feu ait à porter à Marseille une charge de bled, dautant que sa magesté
est advertie de plusieurs entreprises quon faict sus ladite ville. Jay veu
lettres de Rome du XXVme, je ne scay si de juin ou juillet, par lesquelles
on escrit que larmée venitienne avoit pris Castelnovo et mis en pièces
tout ce qui se trouva dedans et des dix gallères turquesques qui
venoyent au secours, les cinq avoyent estées mises à fond et les autres
cinq prinses et menées à Venise. Quest tout ce que je vous puys
escrire, après mes très humbles recommandations à votre bonne grace
et à celles de madame de Gordes, de mes neveus et nièce, en
priant Dieu
Monsieur, quil vous doint la sienne, accompaignée de longue et
contante vie. D’Apt, ce XVIIIme aoust 1572. Je suys très ayse
monsieur le president Truchon soyt remis en bonne santé, Dieu le luy
[barré : la] veuille maintenir longuement
Votre bien humble et obeissant frère
Baptiste de Simienne
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</p><p id="1" n="25 " type="texte">linventaire que monsieur d’Aubignan avoit faict faire ; et comme on vouloit
</p><p id="1" n="26 " type="texte">vacquer à ouyr les comtes, monsieur de La Coste feut le IIIIme
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</p><p id="1" n="28 " type="texte">laquelle il a faicte pour deux cartiers et quant ausdits comtes le
</p><p id="1" n="29 " type="texte">tout feut sursoyé et remis à Lurmarin au XXme, que sera après
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</p><p id="1" n="31 " type="texte">temps pource que on a certaines nouvelles que larmée de Don Jan
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</p><p id="1" n="35 " type="texte">est advertie de plusieurs entreprises quon faict sus ladite ville. Jay veu
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</p><p id="1" n="38 " type="texte">tout ce qui se trouva dedans et des dix gallères turquesques qui
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