Projet GordesUne correspondance à la Renaissance

XVIII · f° 254 255 · 1572-08-20

XVIII-254 Pontevès, Pierre de, dame de Cazeneuve, à M. de Gordes, Gargas, 20 août 1572

Pontevès, Pierre de, dame de Cazeneuve → M. de Gordes

Transcription

Texte de l’édition · graphies et annotations conservées

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XVIII-254 Pontevès, Pierre de, dame de Cazeneuve, à M. de Gordes, Gargas, 20 août 1572

Monsieur, jay receu toutes voz despeches et entendu le contenu

d’ycelles et en premier lieu, je rendz graces à Notre Seigneur de ce

qu’estes toutz en bonne santé et luy prye de bien bon cueur vous y

tenir longuement. Par sa grace, nous en sommes de mesmes. Bien vous

puis assurer qu’en ce lieu y a une infinité de malade et ny a

cassine que ne niait jusques à six ou sept, et tout

de tierces. Dieu grace, nen meurt encores point. Nous en havons

heu deux seans et sont maintenent gueris ; Dieu graces estoyent

les palephenières. Je suis estée en grand peyne ayent entendu

la maladye de Laval, mais Dieu ma faict tant de grace

quil ma faict entendre sa convalescence. Jay de ses lettres

escriptes de sa main du Ve du present de Lyon. Vous nous

en havés mandé de plus fresches. Jay sperence en Dieu quil

se conduyra et sera aussi saige, estant en santé comme

il a esté en maladie, de sorte qu’en recepvrons toutz

contentement, sil luy plaict. Je trove bien vray ce que m’avez

escript touchant l’affaire que bien entendez, car par ci

devant cestoyt la femme que parloyt, mais maintenent

c’est lhomme qu’a dict à mon nepveu, monsieur de La

Coste quil n’a jamais entendu que de cinq mil

escus. Quand monsieur d’Apt feut à Aix pour

reconsillyer l’Eglise, luy mesme luy dict de quatre

mille. Si est ce que je suis nen faire nul semblant

[v°] ains nous (athaquer à partaiger) quest cause, joinct le desir

que jay de vous voyr à toute votre compagnye en ces cartyers,

vous pryes de y venir faire lhyver et me venir ayder à

manger une dozaine de pruneaux que avons (enlevé)

en ces cartiers sommes estes bien trompés de la recolte car

havons heu bien peu de grain selon la pailhe et n’avons

pas grand sperence d’havoyr guières vin, Dieu en soyt

loué de tout et luy plaise nous garder que n’ayons

guerre, car estant en paix, ne povons havoyr que trop

de bien vous ne me mandés rien touchant d’havoyr le (los)

du roy et permition de povoyr retenir, car il en y a de plus proches

que nous le fauldroyt oblyer à vous faire payer de ceux d’Orange.

Jay dict à monsieur de Cabanes que quand il voldra je luy

bailheray mil escus. Il est(trové) tumber malade de fiebvre

tierce de quoy jen suis en peyne si est ce que jay sperence

en Dieu quil en sera bien tost quitte. Puis que c’est

achapt na point de (leu) je vous porrois bien secorir de mil

escus et quelque chose d’avantaige pour laffaire de

messieurs d’Huryage ; et ne fauldroit que emprintessiés

voz bons seigneurs et amis ; en tout vous adviserés au

melhieur. Vous aurés ceste despeche par le moyen de

madame d’Hourches que m’a faict cest honeur de

menvoyer ce laquay pour entendre de voz novelles. Je suis

esté bien fort aise d’entendre des leurs, lesquelles Dieu

graces soit bonnes. Et ma fille ma escript quelle ha de

celles de monsieur d’Hourches du XIXe du passé

[fol. 255] Je prye Nostre Seigneur les volloyr tousjours tenir en sa sainte garde et

protection. Je me doubte fort que Balthazar aura la petite

veyrolle comme son compaignon ; et en cest endroit je me

recommande de fort bon cueur à vostre bonne grace é prye Dieu

vous donner la sienne, acompaignée de longue et contente vye.

Je vous prye me tenir advertye tant que porrés de toute la

troppe et de l’arryvée de Laval et d’Evènes. De Gargas, le

XXe aoust 1572.

Vostre mère Pierre de Pontevès

Me samble que vous pernés

tort de peyne de me escryre tout de vostre

meyn. Je me contanteray de III ho IIII lynes,

é vous prye pernés garde à vostre santé é prye Dyeu

la vous concervé

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Je suis&#xD;</p><p id="1" n="49  " type="texte"> esté bien fort aise d’entendre des leurs, lesquelles Dieu&#xD;</p><p id="1" n="50  " type="texte"> graces soit bonnes. Et ma fille ma escript quelle ha de&#xD;</p><p id="1" n="51  " type="texte"> celles de monsieur d’Hourches du XIXe du passé&#xD;</p><p id="1" n="52  " type="texte">[fol. 255] Je prye Nostre Seigneur les volloyr tousjours tenir en sa sainte garde et&#xD;</p><p id="1" n="53  " type="texte"> protection. 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