Projet GordesUne correspondance à la Renaissance

XVIII · f° 319 320 · 1572-09-25

XVIII-319 Avançon, Guillaume d', archevêque d'Embrun, à M. de Gordes, Embrun, 25 septembre 1572

Avançon, Guillaume d', archevêque d'Embrun → M. de Gordes

Transcription

Texte de l’édition · graphies et annotations conservées

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XVIII-319 Avançon, Guillaume d', archevêque d'Embrun, à M. de Gordes, Embrun, 25 septembre 1572

Monsieur, estant passez par ceste ville hier et avant-hier monsieur l’evesque

de Carpentraz et monsieur le chevalier de Vaugdemar, ilz m’ont

laissé les deux lettres cy joinctes pour vous faire tenir, lesquelles

je vous envoye. Vous verrez par celle de monsieur de Vogdemar

tout ce qui se passe en Levant. De Rome, monsieur, vous verrez

par l’aultre cy joincte tout ce qu’on m’en a escrit ces jours

passez. Monsieur de Savoye a faict cryer par tout son estat que tous

les huguenotz qui s’y estoient retirez eussent à vuyder dans

troys jours, sur paine de la vie. Il a faict constituer

prisonnier à Suze ung soliciteur de l’admiral qu’on dit avoir

esté à Grenoble. Je ne scay quel il est. Il passa hier icy

ung gentilhomme espagnol qui m’asseura que Janly avoit

esté pendu, et ses compagnons, et que le duc d’Albe a levé

le siège de devant Mons en Henault, et qu’il s’est acheminé

au-devant du prince d’Orenge qui voulloit entrer en Flandres

avec grandes forces, et que le duc de Brunsvic suyt

le prince avec cinq mille reistres pour le service de sa

majesté catholicque. Voylà tout ce que je scay, monsieur,

qui me semble estre digne de vous. Au demeurant,

monsieur, j’ay esté averty qu’il s’est retiré ung ministre

[v°] en la vallée de Queyras, qui est de mon diocèse, comme

vous pourrez aussi voir par la lettre du vischastelain dudit lyeu,

qui faict bien de l’honneste homme à ceste heure et excuse

bien joliement ce ministre. Si vous trouviez bon, monsieur,

que suivant les declarations faictes par sa majesté, qu’il

s’en saisist, qui veult qu’on garde les personnes factieuses

et qui ont eu quelque charge parmy eulx, se seroit

leur donner tousjours plus de crainte et empecher qu’il

ne dogmatise, comme je suis asseuré qu’il ne s’en pourra

garder. Il y a cinq ou six des anciens de Fressinières

qui se veullent catholiser, et cuide qu’il y en y a plusieurs

aultres qui vouldroient faire de mesme si ce n’estoit leur ministre

et qu’il y a parmy eulx de ces brigans et plus seditieux qu’ilz

craignent. Je vous avois mandé ces jours passez comme

monsieur le conte de Tende devoit estre mort, toutesfoys,

j’ay sceu depuis qu’il n’en est rien, mais qu’il a esté

bien près. L’on dit que monsieur de Santal a passé oultre

et qu’il est mort. Monsieur de Rousset m’a escrit

une lettre que je vous envoye, par laquelle vous verrez, monsieur,

[320] que nous sommes en quelque esperance de gaigner quelques

uns de noz voysins de Champsaur et de La Breolle. Je prie

Dieu qu’il nous en face la grace. Je ne vous seray

ennuyeux de plus long discours, si ce n’est pour me

recommander bien humblement à votre bonne grace et pryer

Notre Seigneur qu’il vous veulle donner,

Monsieur, en très bonne santé longue et très heureuse vie.

D’Ambrun, le XXVme de septembre 1572,

Votre très humble allié et serviteur

G davanson A d’Ambrun.

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