Projet GordesUne correspondance à la Renaissance

XIX · f° 50 · 1572-10-05

XIX-50 Gruel, Claude, seigneur de Laborel à M. de Gordes, Le Saix, 05 octobre 1572

Gruel, Claude, seigneur de Laborel → M. de Gordes

Transcription

Texte de l’édition · graphies et annotations conservées

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XIX-50 Gruel, Claude, seigneur de Laborel à M. de Gordes, Le Saix, 05 octobre 1572

Monsieur, je n’ay volu laisser perdre ceste comoditté pour vous donner advis

du sucès de se pays. C’est que dimanche dernier arrivarent environ

soixante chevaux à Monbrun, là où il y avoyt de jans de callitté

et d’arquebuziers aussi, mais ilz ne peurent estre nombrer à cause

qu’ilz vindrent debvant jour ; soudain deux hommes l’un après

l’autre en murmurant me vindrent advertir que, debvant qu’il fust douze jours,

qu’ilz ariont prins des forteresses en se pays de Dauphiné,

et disant que si bon Dieu leur avoyt ousté l’admiral, qu’il

leur en avoyt sucitté ung aultre de plus grand callitté,

qu’ilz seriont tous bien hereux ; et voyant cella, j’en advertis

incontinant monsieur le vibalhi à cause de Gap, messieurs

de Serre, d’Orpiarre et de Saint-André, car ainsi que entandons

ilz desireriont fort d'avoyr ledit Saint-André, et se nous

seroyt une bride à tout le pays, et que ledit Saint-André

et Serre meriteriont bien d’avoyr quelcun que y commandat

avesques des soldartz. Il ne vous fault ja dire quelle garde

font les paisans vennant du traval, vous advertisant que

Saint-André est plus fort que l’on ne pance et ne n’y a point

de chasteau. Monsieur de Saint-André vous dira les particuliarités.

Et despuis ledit advertissement, nous avons heu quelque

chatoulhement de messieurs les nouveaux religieux : toutes

foys, yer, despuis que le sieur de Saint-André fust arrivé

yci, je heux novelles que ceux-là de Veyne desliberiont

de s’an aler en nombre de trante ou quarante ; toutesfoys je

ne n’ay point heu à nuict d’aultre advertissement. S’il survient

quelque chouse de noveau, je ne falheray vous randre le debvoyr

que vous suis tenu pour vous tenyr adverti, saluant

vous bonnes graces de mes tres humbles recommandations,

priant Notre Seigneur vous donner,

Monsieur, en parfaicte santé tres longue heureuse vie. De votre maison

de Saix, ce Ve hoctobre 1572,

Votre plus humble à vous fère service

Laborel

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