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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XIX-77 M. de Lille à M. de Gordes, Rue, 10 octobre 1572
Le 10 octobre 15 [autre écriture : 71]
Monsieur, despuis mon partement de la court, ie ne vous ay escript qu’ne ceulle foys,
mais vous me ferez ce bien, sil vous plaist, de croire que ce na esté qua faulte de
subiect car, estant hors du lieu où les nouvelles ce peuvent entendre, tout ce que
vous scaurois escripre vous donrroit plustost enuy que plaisir, vous supliant très
humblement, monsieur, ne me vouloir demectre de la place que pense avoir en
voz bonnes graces, ains me commander pour votre service. Monsieur votre filz qui est
par desca, pourra faire estat de moy sil luy plaist en tout ce quil cocgnoistra que ie
luy pourray faire scervice et ne me trouvera aulcunement retif. Jay eu ma
grace signée et bouclée, ie linterineray quand il plaira à Dieu. Je la doibtz
interiner devant les mareschaulx de France. Je crois, monsieur, quaurés
entendu la rendition de Montz en Haynault qui a esté bagues scauves. Les François
qui estoint dedans sont esté presque tous mys en pièces, sen retornant en France et
estant sur le bord de la frontière, ayant prins congé d’eus, les seigneurs bourguignons
qui les conduisoint pour lesquelz La Noue, Scaucourt et le Begue de Senarpont estoint demeurés à Montz p[our otages.] Le conte Ludovic est allé en Allemaigne.
Il est mort force fra[nçois au]dict Montz, mesmes Rovre. Ie crois
à la verité, que le prince [d’Orange n’a] plus moyen de lever la teste et
pour sa faulte, car sil [avoit donné b]ataille lorsquil la presenta devant Montz
ainsi que le bruict est [mots manquants] du duc d’Albe, car ayent deulx
esquadrons de cavalerie dudict prince passé deulx clochers qui estoinct
chargez dartillerie et les hayes dautour farcyes d’harquebusiers λ [λ espaignolz], larmée
dudict sieur duc bransloit fort, penssent que le reste passat, mais ayent
le prince faict halte avecques le reste de larmée, ces deulx esquadrons retournarent
doù ilz estoinct ʺ [ʺ venus] fort en colère, lapellent Chelme et nont voullu du despuis rien
faire pour luy. Ie crois que cest de là don despendra sa plus grande ruine.
L’Anglois ne bouge, ains dict quil veult vivre en bonne amytié. Ie ne vous escriray
rien de La Rochelle, m’assurant qu’en avés des nouvelles plus seures que les mienes.
Ie crois que le tout ce conduira en bonne paix et union et ie prieray Dieu
Monsieur, quil vous tieigne en très parfaicte et très heureuse vye. De Rue, ce 10
octobre 1572
Votre très humble soldat et très affectioné
scerviteur
De Lille
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