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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XIX-66 Urre de Cornillan d’Oncieu, Louis d', seigneur du Puy-Saint-Martin, à M. de Gordes, Crest, 08 octobre 1572
Monsieur, les Consulz de ceste ville m’ayant tenu six ou sept
jours en promesse de partir d’eure à heure pour aller vers
vous, par lesquelz je fesoys estat vous mander ; ce que voyant leur
longueur, je vous envoye par ce porteur expres, qu’ilz m’ont
bailhé pour cest effect, c’est ung petit livre cosu et une
piece de memoyre desguisé, le tout porté par ung
messagier et postilhon ordinayre de monsieur de Montbrun,
que le chastellein de Monsieur d’Ourche, mon cousin, print à
Saou, et me le mena en ce lieu ; lequel je interogey et
recogneus fort effrayé et ce contrariant en presque touttes
les demandes que je luy faysois. Il me confessa d’avoyr esté
en plusieur lieulx, et toutz suspectz, pour le commandement
de son maistre, mais que ce n’estoyt que pour les adviser toutz
de se contenir soubz l’obeyssance du roy et soubz ses ordonnances,
et que les papiers qu’il portoyt estoyent de meschantz pappiers qu’il
avoyt treuvés par les chemins. J’avoys belle envye, Monsieur,
de le vous guarder ou de l’envoyer s’agrementer en chemin.
Mais, ayant repceu lettres de vous comme ledict de Montbrun
ne desiroyt que de ce contenir en reppos dans sa mayson
soubz l’hobeyssance des edictz de sa Majesté, pour ne guaster
aulcune chose et pencent que ce seroyt assés de vous envoyer l
e pacquet et me tenir plus advisé, je laissay aller le susdit
messagier, ne prevoyant ce que despuys c’est descouvert de
leurs accoustumées traystresses et malleurreuses vollentés, dont
ledict sieur d’Ourche, à ce qu’il m’escripvist hersoir bien tard,
vous a au long adverty. Il y avoyt ja troys jours que estoyt
venu à moy ung gentilhomme de bien bon lieu, de dix grandes
lieues d’icy, me porter le mesme advys, lequel ne me pouvant
persuader estre veritable, me contentey de tenir tant seullement
les yeulx ung peu plus ouvers. Mais saichant et voyant une
[v°] plus clayre descouverte de la resolution qu’ilz ont prinze
generalle de s’eslever, Monsieur, j’ay desparty des commissions
par tout ce ressort à ce matin pour adviser toutz les lieulx,
premierement de se bien guarder et pour me mander
les rosles, chascung endroyt soy, des hommes armés et aultres
cappables à porter armes, avecques commendement de se tenir
prestz pour, au premier mandement, marcher là où je leur
ordonnerey ; et ce pendent jay mandé particullierement
à quelques-ungs de mes amys me mener incontinent
ung nombre de bons soldatz et bien cogneus, le tout
jusques au nombre de soixante ou quatre vingtz tant seullement,
que je logerey sus les bras des messieurs à catholizer et
des plus suspectz nouveaulx catholisés, attendent l’ordre qu’il
vous playra, Monsieur, me commender que je tiengne pour
les fayre entretenir en plus grand nombre si jen ay besoing.
Je vous promès par Dieu, Monsieur, que je ne scauroys choizir en
tout ce lieu trente hommes de qui je puysse tirer service
de soldatz, le nombre des cathollizés ou à catholizer est de
plus de quatre centz, et presque toutz bons traystes, oultre
le commerce des deux marchés pour sepmayne où, comme vous
scavés, Monsieur, aborde ung grand nombre d’estrangiers de
touttes conditions et relligions. Je vous supplie, Monsieur,
avoyr pitié de moy pour me donner des gentz de guerre
cellon que voyés et verrés s’en presenter l’occasion et moyen
de les entretenir, et ce pendent, Monsieur, je vous prometz que
je perdrey la vie dens la ville ou je la guarderey à sa
majesté ; et à vous, du chasteau, je vous en respons. Je me
suys aussy dispencé, Monsieur, de fayre à ce matin
commandement à toutz les catholizés despuys la publication
de la derniere ordonnance de sa majesté en ce lyeu pour la
deffance des assemblées et presches generalles par tout
[67] son royaullme, et de mesmes à toutz ceulx de la nouvelle
prettendue relligion qui sont à cathollizer, habitantz et domicilliés
de ceste ville de ne sortir, en quelle facon que ce soyt de
jour ne de nuict de leurs maysons, et ce par l’espace de huict
jours, à peyne de la hard, leur faysant entendre
n’estre ceste presente ordonnance et commendement pour
leur porter aulcung mal ny prejudice, mais pour les
randre plus asseurés de leur personnes et biens soubz
la protection, commendementz et main forte de sa Majesté ;
et pour obvyer à des inconvenientz qui, à faulte de ce,
en pourroyent advenir, me reservant, Monsieur, si je
sentoys de quelques-ungs quelque choze de pys pour leurs
accoustumées traystresses vollentés, les loger, comme m’en
avés faict le commendement, ung peu plus discortoysement.
Monsieur, je vous bayse tousjours très humblement la
main, suppliant mon Dieu à mon accoustumée vous
donner,
Monsieur, en parfaicte sancté, heureuse, contente et longue
vie. Du Crest, ce mecredy matin, VIIIe jour d’octobre 1572.
Vostre plus humble et plus obeissent comme
filz et serviteur
Deurre Doncieu
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</p><p id="1" n="16 " type="texte">de se contenir soubz l’obeyssance du roy et soubz ses ordonnances, 
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</p><p id="1" n="27 " type="texte">ledict sieur d’Ourche, à ce qu’il m’escripvist hersoir bien tard, 
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</p><p id="1" n="31 " type="texte">persuader estre veritable, me contentey de tenir tant seullement 
</p><p id="1" n="32 " type="texte">les yeulx ung peu plus ouvers. Mais saichant et voyant une
</p><p id="1" n="33 " type="texte">[v°] plus clayre descouverte de la resolution qu’ilz ont prinze 
</p><p id="1" n="34 " type="texte">generalle de s’eslever, Monsieur, j’ay desparty des commissions 
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</p><p id="1" n="37 " type="texte">les rosles, chascung endroyt soy, des hommes armés et aultres 
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</p><p id="1" n="45 " type="texte">des plus suspectz nouveaulx catholisés, attendent l’ordre qu’il 
</p><p id="1" n="46 " type="texte">vous playra, Monsieur, me commender que je tiengne pour 
</p><p id="1" n="47 " type="texte">les fayre entretenir en plus grand nombre si jen ay besoing. 
</p><p id="1" n="48 " type="texte">Je vous promès par Dieu, Monsieur, que je ne scauroys choizir en 
</p><p id="1" n="49 " type="texte">tout ce lieu trente hommes de qui je puysse tirer service 
</p><p id="1" n="50 " type="texte">de soldatz, le nombre des cathollizés ou à catholizer est de 
</p><p id="1" n="51 " type="texte">plus de quatre centz, et presque toutz bons traystes, oultre 
</p><p id="1" n="52 " type="texte">le commerce des deux marchés pour sepmayne où, comme vous 
</p><p id="1" n="53 " type="texte">scavés, Monsieur, aborde ung grand nombre d’estrangiers de 
</p><p id="1" n="54 " type="texte">touttes conditions et relligions. Je vous supplie, Monsieur, 
</p><p id="1" n="55 " type="texte">avoyr pitié de moy pour me donner des gentz de guerre 
</p><p id="1" n="56 " type="texte">cellon que voyés et verrés s’en presenter l’occasion et moyen 
</p><p id="1" n="57 " type="texte">de les entretenir, et ce pendent, Monsieur, je vous prometz que 
</p><p id="1" n="58 " type="texte">je perdrey la vie dens la ville ou je la guarderey à sa 
</p><p id="1" n="59 " type="texte">majesté ; et à vous, du chasteau, je vous en respons. Je me 
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</p><p id="1" n="61 " type="texte">commandement à toutz les catholizés despuys la publication 
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