Projet GordesUne correspondance à la Renaissance

XIX · f° 177 · 1572-11-24

XIX-177 Bellièvre, Jean de, seigneur de Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Beaucaire, 24 novembre 1572

Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné → M. de Gordes

Transcription

Texte de l’édition · graphies et annotations conservées

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XIX-177 Bellièvre, Jean de, seigneur de Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Beaucaire, 24 novembre 1572

Monseigneur, pour n’user de redicte, il vous plaira veoir ce que

j’escris à monsieur de Saint-André touchant la dépesche que j’ay aujourd’huy receu

du roy. Je vous promects que je n’ay depuis fait mon proffit, me trouvant

surprins de ce que je cuydois en estre dépestré, et n’y voulois plus penser.

Et ce qui augmente encor ma peine, c’est que je veoy bien que monseigneur le

mareschal se fasche que je le laisse. C’en sera ce qu’il plaira à Dieu, qui ne veut

pas que seuls nous soyons trop à nous ayses. Nous attendons nouvelles ce soir si ceux

de Nymes voudront entrer en conférence, dont je suis requis estre de la

partie. Nous avons à faire à un conseiller Clausonne, qui est un terrible homme,

comme vous pourrés cognoistre par des responces qu’il a faictes à monsieur le sénéchal

de Grille. Je n’en espère pas grand cas, parce qu’ils se sont déjà bien

fort déclarés, jusqu’à renommer la reine d’Angleterre leur protectrice.

Toutesfoys, il ne costera rien d’essayer, et d’autant plus le devons-nous faire

qu’ils monstrent ne craindre rien tant. Vous verrés, s’il vous plait, la copie

de la lettre que j’ay escripte à monsieur de Saint-Sernain, avec une petite à monsieur

de Cabanes, par laquelle je me rapporte. Je l’envoye à madame la grand

vicaire votre seur et la prie fort spécialement de la faire tenir seurement à monsieur de La Coste.

Je luy eusse envoyé mon laquais, mais il ne scait encor aller ne venir.

Monseigneur, je me recommande très humblement à votre bonne grâce et prie le

Créateur qu’il vous done, en parfaicte santé, très longue et heureuse vie.

De Beaucaire, le XXIIIIme jour de novembre 1572.

Votre très humble et très affectioné serviteur

Bellievre

Madame de Gordes et monsieur de

La Roche verront icy, s’il leur

plaict, mes semblables recommandations,

et vous plaira luy communiquer

ladite copie.

J’envoye à monsieur de Saint-André

la copie de la lettre que j’ay

receu ce soir de monsieur de

Montbrun.

Depuis, nous avons receu responce de

Clausonne, qui ne veut entrer

en conférance. Toutesfoys, on ne laisse

de la poursuyvre, puisqu’ilz la craignent.

Je veoy bien que, puisque l’on y envoye mon frère,

il y a de la besoigne et que si j’y veoy, j’en

auray ma part. Vous scavés que pour autres occasions

toutesfoys, j’ay piéça redoubté ceste charge,

veyant qu’il y va de l’honneur et du hazard

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