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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XIX-185 Urre, Pierre d', évêque de Viviers, à M. de Gordes, Venterol, 27 novembre 1572
Monsieur, ce pourteur s’en va à Grenoble pour les affaires de monsieur
de Paris, et principallement pour arrézoner les lodz de la terre
de Saint-Maurice au proffit de mes nepveux de Venterol ; et pour ce,
Monsieur, que le feu père vous estoit serviteur affectioné, je ne
craingdrey vous suplier bien humblement qu’il vous plèze leur
despartir de votre faveur à l’andret de messires de la chambre
des contes et trézoriers, à ce que mesdits nepveus puissent gagner
ce qu’est porté par l’ordonance de sa magesté, et vous augmanterés
l’affection que j’ay de vous faire très humble servise, et mesdits
nepveus vous demeureront perpétuelz serviteurs. Je acompagneray
ce mot de lettre de vous assurer que ceulx de Nions font
toutz bon devoir à bien et sogneuzemant garder leur ville et chasteau,
qui n’est sans grand despance, comme plus amplemant ilz vous
feront entandre, et mesmes come il est bien nécessère de la bien
garder, ayant heu advertissemant qu’il y havet entreprinze
sus eulx, par façon qu’ilz ont esté contreintz augmanter leurs
gardes. Vous scavés, Monsieur, que si ce lieu estoit saizi, que nous
serions en la guerre par tout ce pays. Parquoy, Monsieur, je
vous suplie bien humblement havoir pitié d’eulx et leur faire
havoir quelque récompance de la grand despance qu’ilz portent
journellemant. Vous serés adverti aussi comme mondit seigneur de Paris
heust advertissemant que l’on se vouloit saizir du lieu
de Condorcès, ce que pance eussent fet sans l’ordre que
ledit sieur y a mys, et vous asseure que journellemant passe
par ce pays là-hault ung nommé le cappitène Félis de Chasteauneuf
et deux de Nions, ung nommé La Rozane et ung Ercules
Bernard, beau-frère de La Roche de Grane, allans et venans
de Privas à Montbrun. Nous extimons qu’ilz traffiquent quelque
[v] choze que ne vault guières pour ce pays et le service de sa magesté.
Mondit sieur de Paris et moy y mandames de soldatz pour les
hatraper, mais l’on les failhit pour ce coup, nous havons doné
ordre que s’ilz y repassent en serons advertis. Si vous le
treuvés bon, qu’il vous plèze nous le mander, nous sommes
en espérance vous en randre bon conte. Ceulx de Mirabeau
ont prins ung espion ces jours passés venant delà le
Rone de la part du sieur de Pierre Gourde s’en allant treuver
le sieur de Montbrun. Il pourtoit une balle de cire verte
dans laquelle y havoit une lettre. Ilz ont mené ledit pourteur
et lettre à monsieur le vibailli de Buis, lequel m’asseure vous
envoyera le tout ; qui me gardera vous fère la prézante
plus longue que de mes humbles recomandations à toutes voz
bones grâces, et suplie le Créateur vous doner,
Monsieur, en toute prosperité, santé, longue et hereuze vie. A Venterol,
ce 27me novembre 1572.
Votre humble et hobéissant serviteur
P. Durre Evêque de Viviers
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