Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
-
XIX-205 Montmorency-Damville, Henri de, gouverneur du Languedoc, à M. de Gordes, Beaucaire, 30 novembre 1572
Monsieur de Gordes, j’ay receu les lettres que vous m’avez escriptes du [date laissée en blanc] du présent,
et veu par la teneur d’icelles le bon ordre que vous avez donné à Vallance. Je
me promectz qu’avec le nombre d’hommes que vous y avez mys et la prudence du
sieur de La Thivolière, qu’il n’y adviendra aulcun inconvényent ; et ce que je vous escripvis
dernyèrement du besoing qu’il y avoit que vous y fissiez ung passaige n’estoit
pas pour vous persuader d’y demeurer, ains pour y donner le mesme ordre que
vous avez faict. Quant aux six compagnyes, je suis bien d’avys que, sans attendre
la vollunté du roy, vous les faictes lever, car, comme vous dictes, sa majesté ne
trouvera jamais maulvays ce que l’on fera pour son service, et ne seroit pas temps
de les lever quand la nécessité s’en offriroit, qui est évydente, car maintenant nous
pouvons croire que nous sommes à la guerre ; et tant plus nous allons en avant, tant
plus elle s’eschauffe de deça. D’aylleurs sa majesté m’a escript qu’ayant envoié le sieur
du Vigen à La Rochelle pour négotier avec les Rochellois, ilz l’ont blessé à la mort
de cinq grandz coups d’espée, et tué trois gentilzhommes de sa compagnye, estant
sadite majesté en crainte qu’ilz veullent s’ayder des estrangiers ; par ainsi le plus tost sera
le meylleur que vous faictes lever lesdites compagnyes, car, puisque cella est, ce païs et
le Daulphiné seront en dangier d’avoir avec le temps tout le fardeau de ceste guerre
sur le dos. Quant au faict de Montbrun, puisqu’il vous use de tant de
longueur, je m’en donne une fort mauvaise augure et ay peur qu’à la fin il vous
eschappera. Il ne s’y fault fyer que de bonne façon et prenez bien garde que sur
ces entrefaictes, ilz ne facent quelques assemblées, car l’on m’a adverty que vers
Aurenges il y a quelques cappitaines de la nouvelle oppinion, lesquelz toutesfois
ne bousgent, mais il y a encore assez de temps pour ce faire. Au reste, quant
aux commissions que j’avois depeschées pour lever des compagnyes en votredit gouvernement, je vous advise qu’il n’y en avoit qu’une addressante au sieur de
Rochefort ; et sy avec cella je l’avoys acompaigné d’une lettre que je vous escripvois
pour vous prier de luy bailler lieu pour la dresser. Mays depuis en ça, il
n’a eu le moyen de la dresser et m’a renvoyé la commission et les lettres.
[v] Je serois bien marry, en cela et en toute autre chose qui déppendera
de votre gouvernement, de permectre qu’il s’y feist rien du monde sans
votre sceu ; et si je vous respondis que monsieur de Suze m’avoit pryé pour ledit sieur de
Rochefort, et que je ne l’avois pas recherché d’accepter ladite compagnye. Voilla
tout ce que je vous puis escripre, et vous prye pour la fin continuer de me
faire part de voz nouvelles, et le feray de semblable de mon costé, d’aussi bon
cœur que je me recommande à votre bonne grâce, priant Dieu vous donner,
Monsieur de Gordes, en parfaicte santé, longue et heureuse vye. De Beaucaire,
ce XXXe novembre 1572.
Votre plus affectionné parfaict et asseuré amy
H de Montmorency
Consulter le XML intégral
<div id="lettre" index="581" class="add" name="admin" date="2019-07-16T11:55:19.859+02:00"><desc><tome>XIX</tome><folios><f>205</f></folios><expediteur>Montmorency-Damville, Henri de, gouverneur du Languedoc</expediteur><destinataire>M. de Gordes</destinataire><date type="reponse" cat="reelle"/><date type="expedition" cat="reelle">1572-11-30</date><date type="expedition" cat="affiche">1572-11-30</date><date type="reception" cat="reelle">1572-12-08</date><lieu type="expedition" gps="43° 81' 00'' N ; 4° 64' 44'' E">Beaucaire</lieu><lieu type="reception" gps="45° 19' 91'' N ; 5° 73' 62'' E">Grenoble</lieu><hyperlien/><bibliographie/><note/></desc><p id="1" n="1 " type="texte"> -
</p><p id="1" n="2 " type="titre">XIX-205 Montmorency-Damville, Henri de, gouverneur du Languedoc, à M. de Gordes, Beaucaire, 30 novembre 1572
</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monsieur de Gordes, j’ay receu les lettres que vous m’avez escriptes du [date laissée en blanc] du présent, 
</p><p id="1" n="4 " type="texte">et veu par la teneur d’icelles le bon ordre que vous avez donné à Vallance. Je 
</p><p id="1" n="5 " type="texte">me promectz qu’avec le nombre d’hommes que vous y avez mys et la prudence du 
</p><p id="1" n="6 " type="texte">sieur de La Thivolière, qu’il n’y adviendra aulcun inconvényent ; et ce que je vous escripvis 
</p><p id="1" n="7 " type="texte">dernyèrement du besoing qu’il y avoit que vous y fissiez ung passaige n’estoit 
</p><p id="1" n="8 " type="texte">pas pour vous persuader d’y demeurer, ains pour y donner le mesme ordre que 
</p><p id="1" n="9 " type="texte">vous avez faict. Quant aux six compagnyes, je suis bien d’avys que, sans attendre 
</p><p id="1" n="10 " type="texte">la vollunté du roy, vous les faictes lever, car, comme vous dictes, sa majesté ne 
</p><p id="1" n="11 " type="texte">trouvera jamais maulvays ce que l’on fera pour son service, et ne seroit pas temps 
</p><p id="1" n="12 " type="texte">de les lever quand la nécessité s’en offriroit, qui est évydente, car maintenant nous 
</p><p id="1" n="13 " type="texte">pouvons croire que nous sommes à la guerre ; et tant plus nous allons en avant, tant 
</p><p id="1" n="14 " type="texte">plus elle s’eschauffe de deça. D’aylleurs sa majesté m’a escript qu’ayant envoié le sieur 
</p><p id="1" n="15 " type="texte">du Vigen à La Rochelle pour négotier avec les Rochellois, ilz l’ont blessé à la mort 
</p><p id="1" n="16 " type="texte">de cinq grandz coups d’espée, et tué trois gentilzhommes de sa compagnye, estant 
</p><p id="1" n="17 " type="texte">sadite majesté en crainte qu’ilz veullent s’ayder des estrangiers ; par ainsi le plus tost sera 
</p><p id="1" n="18 " type="texte">le meylleur que vous faictes lever lesdites compagnyes, car, puisque cella est, ce païs et 
</p><p id="1" n="19 " type="texte">le Daulphiné seront en dangier d’avoir avec le temps tout le fardeau de ceste guerre 
</p><p id="1" n="20 " type="texte">sur le dos. Quant au faict de Montbrun, puisqu’il vous use de tant de 
</p><p id="1" n="21 " type="texte">longueur, je m’en donne une fort mauvaise augure et ay peur qu’à la fin il vous 
</p><p id="1" n="22 " type="texte">eschappera. Il ne s’y fault fyer que de bonne façon et prenez bien garde que sur 
</p><p id="1" n="23 " type="texte">ces entrefaictes, ilz ne facent quelques assemblées, car l’on m’a adverty que vers 
</p><p id="1" n="24 " type="texte">Aurenges il y a quelques cappitaines de la nouvelle oppinion, lesquelz toutesfois 
</p><p id="1" n="25 " type="texte">ne bousgent, mais il y a encore assez de temps pour ce faire. Au reste, quant 
</p><p id="1" n="26 " type="texte">aux commissions que j’avois depeschées pour lever des compagnyes en votredit gouvernement, je vous advise qu’il n’y en avoit qu’une addressante au sieur de 
</p><p id="1" n="27 " type="texte">Rochefort ; et sy avec cella je l’avoys acompaigné d’une lettre que je vous escripvois 
</p><p id="1" n="28 " type="texte">pour vous prier de luy bailler lieu pour la dresser. Mays depuis en ça, il 
</p><p id="1" n="29 " type="texte">n’a eu le moyen de la dresser et m’a renvoyé la commission et les lettres.
</p><p id="1" n="30 " type="texte">[v] Je serois bien marry, en cela et en toute autre chose qui déppendera 
</p><p id="1" n="31 " type="texte">de votre gouvernement, de permectre qu’il s’y feist rien du monde sans 
</p><p id="1" n="32 " type="texte">votre sceu ; et si je vous respondis que monsieur de Suze m’avoit pryé pour ledit sieur de 
</p><p id="1" n="33 " type="texte">Rochefort, et que je ne l’avois pas recherché d’accepter ladite compagnye. Voilla 
</p><p id="1" n="34 " type="texte">tout ce que je vous puis escripre, et vous prye pour la fin continuer de me 
</p><p id="1" n="35 " type="texte">faire part de voz nouvelles, et le feray de semblable de mon costé, d’aussi bon 
</p><p id="1" n="36 " type="texte">cœur que je me recommande à votre bonne grâce, priant Dieu vous donner, 
</p><p id="1" n="37 " type="texte">Monsieur de Gordes, en parfaicte santé, longue et heureuse vye. De Beaucaire, 
</p><p id="1" n="38 " type="texte">ce XXXe novembre 1572. 
</p><p id="1" n="39 " type="texte">Votre plus affectionné parfaict et asseuré amy
</p><p id="1" n="40 " type="texte">H de Montmorency 
</p><p id="1" n="41 " type="texte"/></div>
Fac-similé
2 vue(s) identifiée(s) dans le catalogue du corpus.
La visionneuse se charge à l’approche de cette section.
Lieux de la lettre
Repérage selon les coordonnées du corpus, sans géocodage externe. Fond géographique contemporain indicatif, Natural Earth.