Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XIX-246 Oraison, Antoine d', vicomte de Cadenet à M. de Gordes, Cadenet, 8 décembre 1572
Monsieur, je vous ay bien voulleu advertir par Boniveau de
mon arrivée en ce lieu et fère entendre le désir que j’ay de
savoyr l’estat de vostre disposition. Je prye Dieu qu’il soyt
tel que je le vous souhaicte. Quand à ma santé, elle est
assez bonne, grâces à Nostre Seigneur, pour avoyr faict ung
voiaige de dix moys et avec la peyne et travail que vous
savés qu’il y a d’estre à la court. Il est vray qu’estant
icy, je particippe de la peyne et fascherye en laquelle
ma fame est réduicte et constituée, l’ayant trouvée
en une telle extrémitté que les médecins ne savoyent
plus à quoy recourir, quy sont presque les ordinayres
et acostumées réceptions que l’ay à ma maison puis dix
ou quinze ans en sa qu’il y a que ceste pouvre créature
est conffinée en ceste perplexité, qui ne me peult
apporter que le regret et desplaisir tel que vous monsieur
pouvez pancer. Le bon Dieu m’en donnera consolation quant
il luy plairra me randre digne de ses grâces. Cependant
je jouys du repos le plus que je puis, me desdyant
et faisant estat de m’acheminer à l’assiègement
de La Rochelle, encores pour ceste bonne foys ; pour
le regard des affayres de Nismes, j’ay laissé à
Beaucayre monsieur le mareschal d’Ampville bien
Occupé à y provoyr, d’aultant qu’il n’a poinct les
Forces ny les moyens telz qu’il désireroyt et que
Seroyt de besoing d’avoyr pour tyrer l’hobéissance
debue au roy du nombre des gens qui sont dedans
assez disposés à soy conserver en leur opiniastreté.
Il a mandé par monsieur de Lombes à sa magesté pour
[v] luy faire adnoncer de mettre sus les impozitions nécessaires
en son gouvernement pour cest effaict. A quoy je ne
doubte poinct qu’il ne soyt bien requiz que les gouverneurs
limitrophes et voisins de ceste lizière luy soyent
bons coadjucteurs comme vous monsieur savez trop mieulx.
Au surplus, monsieur de La Coste et moy adcistons
aux comptes de messieurs de Sault il y a quelques jours
et pance qu’ilz seront bien tost desterminés et
arrestés, nous promettant luy et moy d’avoyr
ce bien que de vous tenir bien tost en ces cartiers
là où nous discourrons sur le surplus, Dieu
aydant, auquel je prye vous donner
Monsieur, en parfaicte santé longue et heureuse vye,
me recommandant très humblement à votre bonne
grâce. De Cadenet, ce VIIIe décembre 1572
Votre bien humble cousin et hobéissant
à vous faire service
de Cadenet
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</p><p id="1" n="6 " type="texte">tel que je le vous souhaicte. Quand à ma santé, elle est
</p><p id="1" n="7 " type="texte">assez bonne, grâces à Nostre Seigneur, pour avoyr faict ung
</p><p id="1" n="8 " type="texte">voiaige de dix moys et avec la peyne et travail que vous
</p><p id="1" n="9 " type="texte">savés qu’il y a d’estre à la court. Il est vray qu’estant
</p><p id="1" n="10 " type="texte">icy, je particippe de la peyne et fascherye en laquelle
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</p><p id="1" n="15 " type="texte">ou quinze ans en sa qu’il y a que ceste pouvre créature
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</p><p id="1" n="17 " type="texte">apporter que le regret et desplaisir tel que vous monsieur
</p><p id="1" n="18 " type="texte">pouvez pancer. Le bon Dieu m’en donnera consolation quant
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</p><p id="1" n="24 " type="texte">Beaucayre monsieur le mareschal d’Ampville bien
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</p><p id="1" n="27 " type="texte">Seroyt de besoing d’avoyr pour tyrer l’hobéissance
</p><p id="1" n="28 " type="texte">debue au roy du nombre des gens qui sont dedans
</p><p id="1" n="29 " type="texte">assez disposés à soy conserver en leur opiniastreté.
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</p><p id="1" n="31 " type="texte">[v] luy faire adnoncer de mettre sus les impozitions nécessaires
</p><p id="1" n="32 " type="texte">en son gouvernement pour cest effaict. A quoy je ne 
</p><p id="1" n="33 " type="texte">doubte poinct qu’il ne soyt bien requiz que les gouverneurs
</p><p id="1" n="34 " type="texte">limitrophes et voisins de ceste lizière luy soyent
</p><p id="1" n="35 " type="texte">bons coadjucteurs comme vous monsieur savez trop mieulx.
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