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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XIX-314 Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Avignon, 16 décembre 1572
Monseigneur, ceste sera pour vous advertir que monseigneur le mareschal
m’a dict ce matin comme il avoit esté prié par monsieur de Suze de vous
prier vouloir bailler le commandement des compagnyes que vous levés en Daulphiné
à son filz, et qu’il n’avoyt peu de moings que luy acorder de vous en escrire,
dont il a voulu que je vous advertisse affin que vous ne fussiés surprins,
scachant assés qu’il est trop plus raisonnable que vous gratiffiés les
votres. Ceste requeste est bien eslognée du langaige que naguères
vous tenoyt mondit sieur de Suze à Grenoble. Je m’asseure bien que vous
n’estes pas si soudain que quant bien vous ne recevriés si tost la
présente, vous voulussiés vous haster de ce fère. Je vous en
envoyeray néantmoings deux doubles. Je n’ay encor receu les lettres du
roy, pour séjourner encor icy quelque peu de temps, dont m’a
escrit monseigneur de Morvilliers. Mondit seigneur le mareschal
est venu fère un tour jusques icy pour fère quelques préparatives.
Ceux de Nymes, pour response à la signification que leur a esté
faicte des dernières lettres patentes du roy, ont mandé un long discours
des causes de leurs défiances, avec force plainctes et invectives, et
par conclusion qu’ilz ne sont pas encor prestz d’obéir. Peult-estre que
quant ilz se verront pressés, ilz se radviseront, de quoy je prie
Dieu leur donner la grâce pour la nécessité en laquelle ilz mectent
principalement ce gouvernement, et qu’il vous donne,
Monseigneur, après m’estre très humblement recommandé à votre bonne grâce
et longue et heureuze vie. D’Avignon, ce XVIe decembre 1572.
Votre très humble et très affectionné
serviteur. Bellievre
Vous verrés les copies des lettres qui ont esté envoyées à mondit seigneur le mareschal qui monstrent
estre du mesme stile que celle dont luy avés envoyé copie adressante à « monsieur le
catholicque ». Il est bon et requis de s’y prendre garde ; et néantmoings, il me semble que
il charge le sieur de Montbrun par ceux-cy d’avoyr asseurance de luy, ce qu’il ne
monstroyt avoyr par ladite lettre qui
estoyt à luy adressante, en quoy il
pourroyt bien avoyr de l’artifice ;
et néantmoings, on ne peult
faillir de si prendre bien garde.
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</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monseigneur, ceste sera pour vous advertir que monseigneur le mareschal 
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</p><p id="1" n="21 " type="texte">quant ilz se verront pressés, ilz se radviseront, de quoy je prie 
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</p><p id="1" n="24 " type="texte">Monseigneur, après m’estre très humblement recommandé à votre bonne grâce 
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