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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XIX-333 Boczosel, Soffrey de, seigneur de Chastelard, à M. de Gordes, Paris, 24 décembre 1572
Monsegneur, vous verrés par les lettres du roy comme il nous a
accordé que vous reteniés deulx companies des quatre qu’il vous avoit
mandé faire lever en vostre gouvernement. Si vous voyez cy-après
que les quatre vous soint nécessaires et qu’il vous plaise en donner
advis au roy, et que messieurs du pays en présentent encor requête qu’ilz
m’envoyeront, on pourra encor gaigner les autres deulx. Vous verrés
ce que j’en ay remonstré sur ce qu’il vous a pleu m’en escrire
et sur les mémoires de messieurs du pays. Touttesfois, comme je leur
escris, les affaires du Languedoc sont les mesmes affaires
du Daulphiné où, si le danger de noz villes ne nous arrestoit
nous debvrions tous courir comme au feu qui, s’il n’est arresté,
se jettera sans doubte en noz maisons ; mais aussi il est bien
raisonnable d’asseurer premier noz villes et noz maisons qu’aller
au secours de noz voisins, oultre ce qu’est du service du
roi. Je scay bien l’affection que vous avez à monsieur le marechal
de Dampville et à ce qu’est de son adventaige et grandeur, et
ce qu’aussy de sa part il se promet de vous et de voz moyens,
comme vous les luy avez desparty aussi aux derniers troubles lorsque
vous luy envoyastes le capitaine Mestral. Vous en demeurerés,
comme je m’asseure, de bon accord, car mondit sieur le marechal
entend fort bien que ce ne seroit pas le service du roy de perdre
en votre gouvernement soubz couleur et espérance d’aller gaigner
dans le sien. Comme la dépêche fut commandée, je parlis à monsieur
de Sauve de la particularité contenue en votre lettre touchant
les gentilzhommes qu’avez mis puis le moys d’aoust au gouvernement
des villes, mais il a voulu que cela demeure à votre discrétion.
Monsieur d’Évènes vous peut escrire ce que monsieur de Saint-Jehan luy
a dict comme il a faict à moy de la plaincte de son beau-frère
pour n’avoir esté remis dans Valence. Le mesme jour que
Bourgel arriva en ceste ville, que fut le XIXe, nous avons receu les vostres
[v] du XXVIe novembre. Vous pouvés avoir receu la response
du roy à votre lettre du XVIIe dudit moys, de quoy je vous ay escrit
cy-devant. Je suis bien aise que despuis, monsegneur le prince
vous aye enfin accordé la chastelenie de Grane, après avoir
tant tardé à vous en faire response. Le XXe, le secrétaire Bertrand
me rendit la vostre du IIIIe de ce moys, faisant mention de
la mienne du XIXe du passé. Despuis, vous en aurés receu
plusieurs autres, et sceu comme le XVIe ce me semble de ce
moys, le roy fut blécé au bras par ung Allemand appellé Chelegue
comme tous deulx couroint et frapoint sur ung sanglier. Le roy
despuis n’a bougé du Louvre. Du jour mesme, la royne sa mère
fut fort pressée d’ung catharre don elle se douloit quelzques
jours au paravant, qui luy descendoit par la joue gauche
et c’est arresté soubz la machoire avec enfleure et inflammation.
On ne scait encore si l’enfleure se résouldra ou si elle aposthumera.
Il y a six jours qu’elle tient le lict, mais à présent sans
péril. Le conseil se tient, puis l’allègement de son mal, en sa
chambre. Le sieur de Mauvissière est de retour d’Angleterre
où il dict qu’il y [a] grand nombre de François retirés,
qu’ouvertement la royne d’Angleterre ne dict encor mot, mais
que l’on ne doibt pas estre du tout sans craincte de ce costé-là,
que Montgomery essaye à armer quelzques vaisseaux comme
faict aussi ung autre huguenot nommé Saure. De
ce matin, on parle de la mort du roy d’Espaigne et que
ceste nuict passée, on a envoyé quérir le sieur André de
Birague pour le dépêcher en Piedmont. Si cela est, nous aurons
peut-estre regret à la mort des huguenotz et d’avoir
laissé passer les beaux moyens et grandz advantaiges que
nous avions sur les Pays-Bas. Monsieur de Duras part
ce jourd’huy pour aller devers sa Sainteté à Rome prester
l’obédience pour le roy de Navarre. Messieurs du pays vous feront
[334] voir son ordonnance pour le restablissement de la religion catholique
en son pays de Béarn. Messieurs de la cour de parlement ont
devant eulx les facultés de monsieur le légat pour les vérifier.
On ne parle que de partir pour La Rochelle. On tient que
monsieur l’amiral a beaucoup de gens de guerre pour
assiéger Montauban, mais que ilz treuvent les vivres fort
courtz. Au reste, Monsieur, voz lettres pour Grane sont encor
à sceller à cause de la maladie qu’a esté mortelle
de feu madame la présidente de Birague, que fut hyer
enterrée. Je présente pour la fin mes très humbles recommandations
à votre bonne grâce et de celle de monsieur de La Roche.
Je prie Dieu,
Monseigneur, qui vous doint très longue et heureuse vie.
De Paris, ce XXIIIIe décembre 1572.
Votre très humble serviteur.
So. de Boczosel
De ce XXIIIIe, veille de Noël, au soir, notre dépêche est encor ez mains de monsieur de Saulve.
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</p><p id="1" n="27 " type="texte">les gentilzhommes qu’avez mis puis le moys d’aoust au gouvernement 
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</p><p id="1" n="47 " type="texte">On ne scait encore si l’enfleure se résouldra ou si elle aposthumera. 
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</p><p id="1" n="51 " type="texte">où il dict qu’il y [a] grand nombre de François retirés, 
</p><p id="1" n="52 " type="texte">qu’ouvertement la royne d’Angleterre ne dict encor mot, mais 
</p><p id="1" n="53 " type="texte">que l’on ne doibt pas estre du tout sans craincte de ce costé-là, 
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</p><p id="1" n="56 " type="texte">ce matin, on parle de la mort du roy d’Espaigne et que 
</p><p id="1" n="57 " type="texte">ceste nuict passée, on a envoyé quérir le sieur André de 
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</p><p id="1" n="60 " type="texte">laissé passer les beaux moyens et grandz advantaiges que 
</p><p id="1" n="61 " type="texte">nous avions sur les Pays-Bas. Monsieur de Duras part 
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</p><p id="1" n="64 " type="texte">[334] voir son ordonnance pour le restablissement de la religion catholique 
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</p><p id="1" n="66 " type="texte">devant eulx les facultés de monsieur le légat pour les vérifier.
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