Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XX-126 Urre, Rostaing d', seigneur d’Ourches, à M. de Gordes, Montélimar, 27 janvier 1573.
Reçue à Grenoble, le 29 janvier 1573.
Monsieur, jay receu deux lettres quil vous a pleu mescrire, lune du XVIIe, laultre du
XXIIIe, ausquelles jeusse plustot respondu neust esté que jattendoys le retour de
mon laquay que javaoys envoyé à Monppellyer devers messieurs les financyers, desquelz
jay grande occasion de me douloyr, veu quilz ne mont encoures aquité mon mandat,
bien que monsieur le president Bellyèvre si soyt employé vivement, auquel je demeure
infiniment obligé et perpetuel serviteur. Jespère que dans quatre ou cinq jours, je seray
entierement resoulu de ce dit affaire. Je larray ce propos pour vous dire que nous
demeurons aulcunement en peyne de la santé de madame de Gordes, et nen serons relevé
que par le retourt de mon laquay que je vous envoye expressement. Je masseure que vous
estes assés infourmé de la prise de Connysson. Les soldatz qui estoyent dedans sortys
espée et dague, et la moytyé restes de nostre part. Le cappitayne Montmeian, sergent
maiour, prisonnier entre leurs mains, monsieur de Rioulx, gouverneur de Nerbonne, blessé
à une cuisse devant ung chasteau nomme Gabian qui est près de Besiers. Monsieur
le mareschal de Damville avance le possible lestablyssement de son armée, et presse
tant quil peust lattirail de ces canons si bien qun de ces jours et le temps pour camper
et le camp pour combatre et assieger sen vont prestz. Il a passé par icy des gentilz
hommes qui viennent devers monsieur lamiral, lesquelz mont dit quil a remys plusieurs
villottes [barré : soubz] en son gouvernement soubz lobeyssance du roy. Le cappitayne Louynes passat
avant hiert en ceste ville, venant de la court, qui me dit que messieurs d’Evènes et de Laval
estoyent en fort bonne santé, lesquelz faisoyent estat de partir avec monsieur de Vances au
premier jourt pour La Rochelle. Je masseure que les lettres quilz vous ont escrites sont
despuis le partement dudit Louynes. Jay pancé au lyeu le plus propre de ces quartiers
pour y dresser une compaignie. Il me semble que Sainct Pol seroit bien commode pour
estre abondant en vivres, pour tirer des soldatz tant de ces environs que des Baronnyes
et du Contat. Ce nous est beaucoup dhonneur et de bien davoyr en ceste ville,
[126 v°] monsieur, madame la contesse de Greignan et monsieur de Rousset. Je fis promptement
tenyr voz lettres à madame la vicayre de Saincte Clayre d’Avignon. Il y a environ quinze jours
que le lieutenant du cappitayne Ansselme estè party des environs de La Rochelle [lequel]
dit que monsieur de La Noue en est sourty pour faire entendre à leurs magestés sa
negotiation delaquelle on ne pouvoit encoures savoyr certaynes nouvelles, Dieu [nous ?]
les doint bonnes. Ledit cappitayne Loynes dit quil ce trouve dix mille gentilhommes
de compte faict armés à preuve pour aller à lassault, si tant estoit que le service du
roy le requierat. Notre Seigneur pourvoyra à tout sil luy plaist, auquel je supplye vous
donner,
monsieur, en très bonne sancté , longue et très hereuse vye, saluant voz bonnes graces
de mes très humbles recommandations. Au Monteilhimart, ce XXVIIe janviert.
Monsieur, si tant est que votre dessente sabas ne puissent estre pour le premier dimanche de caresme,
je vous supplye doncques quentre cy et ce temps là, vous mescrivyés votre lettre en me commandant par
icelle de vous aller trouver à Valence pour ce dit dimanche, bien que votre dessain ne soit tel. Cest pour
obvier à ce dont je vous [barré : mis] fis mention par monsieur le president Bellièvre quar je vous puis asseurer
que je ne suis pas sans peyne de seller mon voyage, comme monsieur de Rousset vous tesmoignera à voz
premières vues, et neanmoins pour le meilleur, il est de besoin que jen use en ceste sorte. Il suffira que
jay votre lettre pour ce dit effect dans cinq ou six jours après le partement de mon laquay de Grenoble et sil
vous plaict quelle ne fasse aultre mention que de votre arrivée le dit dimanche au dit Valence et à moy
commandement de vous y aller trouver ce dit jourt. Je viens presentement de recevoyr ung paquet de monsieur
le mareschal que je vous envoye. Lartillerie de Lyon et les souldatz qui laccompaignent ont couché ceste nuit
passee à Enconne. Je masseure quilz auront ce joudhuy gaigné Avignon.
Vostre très humble très hobeyssant filz et
pour jamays serviteur
Hourche
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