Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XX-176 Mestral, Capitaine, à M. de Gordes, Valence, 28 février 1573.
Reçue à Grenoble, le 01 mars 1573. Répondue le 01 mars 1573
Monseigneur, je nay voulu fallir vous faire ce mot de lettre
pour vous advertir comme je fais tenir vos lettres dressantes à
monsieur de Rosset et celles de monseigneur le mareschal Damville,
ansamble les lettres quescriviés aux cappitaines Allaret et St Auban,
lesquelz je doubte que celle quenvoyés audit St Auban quil
ne laye receu à temps, parce quil estoit ja party de Bagnolz
avant que votre pacquet y aye peu estre. Quant au cappitaine
Alleret, jay opinion quil a receu la votre dans Pierrelate,
parquoy je pence que vous pouvés tenir asseuré de sa
compaignie. Jay prié mon corrier vous faire entendre
plus particulierement les affaires de sabas et doubtant
que les lettres quescripvés à monsieur de Chastellar le
face[nt] retorner arrière, je vous [barré : ay] supplierey de
croire quil y ha trop peu dune compaignie en ceste ville
à cause de ceux qui sont dedans que je doubte de
quelque trahison ; parquoy si treuviés bon den fère
mectre quelqu’une en ceste ville, les affaires seroit
en beaucoup plus grand seureté quilz ne sont. Le
cappitaine Briant et moy avons parlé ensemble ses jours
passés qui soyette [= souhaite] fort vous fère service et tient
la main de tout ce quil peust pour descouvrir
la meschanceté de les entreprinses, tant de ceux
de la ville que dehors ; lequel ma dict que
si luy envoyés commission quil hara dressé une
compaignie dans cinq ou six jours sans mectre
le païs en bien petite despence pour ladite assamblée,
car il se presente tous les jours soldartz en ceste
ville quil pourroit arrester et aussi par des
[176 v°] villages cy auprès quil ne feroit que les envoyer
querir quilz seront icy dans ung jour ou deux
assamblés. Je nay poinct heu nouvelles asseurées
de Somières, combien que le bruit soit icy quil fust
prins mardy dernier par assault toutesfois, je ne
le vous ause assurer parce quil na passé courier
qui men aye assuré. Toutesfois ne fauldrey incontinent
que pourrey scavoir la verité de vous en advertir.
Jay faict mectre quelzques soldartz dans les
Tourretes et ay adverty tous les aultres comme
Grane / [/ et aultres lieux cy auprès] de se prendre bien garde parce que
le bruit est entre eulx quilz veulent passer le
Rosne. Toutesfois je faictz courir le bruit que
vous debvés arriver de jour à aultre qui
leur garde dentreprendre rien encores ; et si
votre commodité le permettoit descendre sabas,
je pence quilz romproint de dessaintz quilz ont
entreprins, lesquelz ils ne mettront en effect.
Jay adverty les chevaulx legiers du seigneur
Centurion lesquelz les vont veoir tous les
jours et les tiennent fort bridés. Je les priey
dernierement daller couper la tralle du port
du Poulsin, ce quilz firent très voluntiers
et le lendemain les envoye abbatre les
cabries dudit port, mais il ne les peurrent
du tout mettre par terre à cause de ce quils
furent attaqués de façon quilz furent contrainctz
[177] se retirer. Toutesfois, je pence à ce quilz mont
asseuré que lesdits cabries ne leur pourroint plus
servir parce quelles sont presques toutes brulées.
Jay heu des nouvelles de monsieur de Peloux, lequel
ma mandé quil ha avitallé Chalancon pour ung
moys de tout ce quil y est besoing. Il me mande
par sa lettre quil espère les attaquer dans deux
ou trois jours et quil pretend les fère bien deloger
devant ledit Chalancon. Il[s] firent des mantellers
pour la sapper lundy dernier, mais ceulx de dedans firent
une sourtie sur eulx là où il y en demeurat
vingt et deux de ceulx de dehors et ceulx de dedans
se retirarent sans perdre ung home qung qui
fut blessé. Ceux de dehors peuvent estre en
nombre de huict cens ou mil homes, tant bons
que meschantz. Je ne fauldrey, monseigneur,
incontinant que japrendrey quelzques nouvelles,
tant dabas comme de cy autour, de vous
tenir adverty de tout ce quil se passera.
Attendant voz commandementz, je supplierey le
Createur,
Escrivant la presente, il est arrivé ung chanoyne qui vient du camp,
qui partit lundy dernier, qui nasseure la prinse dudit Somières mais
il spère que dans peu de jours après quil fut party, mondit
seigneur le mareschal debvoit fère donner lassault qu’on pretend
quil lemportera aysement par ce quil est sorty quelques ungs
de dedans qui ont dict lartillerie en avoir beaucoup tué et blessé ╫
[╫ Monsieur le conte de Candalle est arrivé auprès dudit
sieur mareschal avec deux cents chevaux et vingt
et deux enseignes de gentz de pied]
monseigneur, quil vous preserve en bonne
prosperité, heureuse vye et longue. De Valence,
ce dernier febvrier 1573.
Votre très humble
et très obeissant serviteur
C[appitain]e Mestral
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</p><p id="1" n="63 " type="texte">ma mandé quil ha avitallé Chalancon pour ung
</p><p id="1" n="64 " type="texte">moys de tout ce quil y est besoing. Il me mande
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</p><p id="1" n="66 " type="texte">ou trois jours et quil pretend les fère bien deloger
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