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Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XX-183 Monteynard, Louis de, co-seigneur de La Pierre, enseigne de la compagnie Suze, à M. de Gordes, Sommières, 28 février 1573. Reçue à Grenoble, le 13 mars 1573.
Monsieur, tout ce qui cest presenté digne vous estre mandé despuys
que suys en ces cartiers je lay faict par deux miennes lectres.
Retreuvant ce messagier si à propoz et asseuré, ne veulx
failly vous dire monsieur que le camp de monseigneur le
mareschal Dampville est tousjours au devant de
Sommieres où despuys dix jours passez, on n’a faict
aulcune chose que dempescher les ennemys ny myssent
aucuns secour, ce que navons peu faire. Mercredy passé
à laulbe du jour, il y entra quelque nombre d’hommes
passant la rivière près du pont en un endroict où lon
tenoit pour seur quil estoit impossible que secours leur
peust arriver par sest endroict là. On na peu ne sceu
entandre au vray quelle quantité y pourroit estre entrer,
pour raison estant arrivé le jour, lon a recognu troys
trouppes des ennemys et prins quelquungs deulx quilz
disent qu’estant près de la ville beaucoup deulx nont heu
le cueur d’y entrer. Par les advis qu’avoit monsieur le
mareschal dans ledit Sommières, ilz estoient en grande
necessité de pouldres. Chacung de ceulx qui y sont entrez
pourtoyent ung sac de pouldre pezant six lyvres. Les
assiegez font semblant de ne nous craindre guère,
faisant par foys sourties où ilz nont receu guère de
mal. Mais en bref, les trouppes qui vyennent de Gascoigne
soubz la charge de monsieur de Saulvignac qui sont
en nombre de deux milles hommes de moings, lesquelles
lon attend pour aujourdhuy ou demain pour le plus tard.
Avecq les bonnes trouppes qui y sont, mondit seigneur le
mareschal faict estat nespargner munitions pour [barré : faire]
refaire bresches et les assaillyr de tant de lieux
que Dieu aydant ladite ville sera bien toust remize soubz
lhobeissance de leur magesté, sans y reperdre aultant de
bon chief et souldatz comme avons faict au dernier assault.
Par la myenne dernière, vous en escripvoys bien au long de
ce qui en avoit este passé. Monsieur de Candalle est
[183 v°] arrivé en ce camp, menant sa compaignie. Despuys deux
jours les cappiteynes ont faict monstre et receu
argent. Despuys avant hyer, il ne se parle, ne moings
faict on estat, en faire aultant à la gendarmerie, dequoy
en somme bien fachez. Jay esté adverty par la voye
d’Arles que monsieur de Suze est party pour La
Rochelle despuys quelque jours en ça. Aujourdhuy,
monsieur de Bressieu a mandé prandre son lougis et
ma asseuré son homme quil arrivera demain venant
d’Arles où il y a faict quelque sesjour. Je desirerois bien
me voir en moyen pouvoir avoir mon congé et
m’approucher près de vous pour vous y faire le service
que j’ay toute ma vye desiré faire. Et lors quil
vous plaira me honnorer de voz commandementz, daussi
bonne vollunté m’y employerey, comme sallue vos bonnes
graces de mes très humbles recommendations, priant Dieu
vous donner,
monsieur, en perfecte sangté, très bonne, très longue heureuse
vye. Du camp de Sommieres, ce dernier jour de febvrier 1573.
[184] Monsieur, je pencoys que ce pourteur partit plus toust
qu’il n’a faict et pendant son sesjour en ce cartier, monsieur
de Savignac est arrive avecq ses trouppes en ce camp et
de jour mesmes monseigneur le mareschal faisoit battre
la ville de Sommyères de six canons et de deux collovrynes
par courtyne et d’ung canon pour abattre des cazemattes
estant près de la bresche. Du landemain, questoit mercredy
passé, à heure de mydi, ladite bresche fut recognue et treuvant
on quelle estoit raisonnable y fut ordonné unzse compaignies pour
la première poincte. Après ung long combat au plus hault de
la bresche, ilz se retirarent. Mondit seigneur le mareschal
commanda monsieur de Savignac marcher droict à la bresche
avecq huict centz des siens ce quil feit tout aussi toust
et furent repoulsez comme les aultres. En mesme instant,
comme le combat de la ville se faisoit, le corronel des Corsses
donna à la bresche du chasteau et le tout rehussit d’une
mesme fasson. Il se retreuve beaucoup de blessez et mesmes
cappiteynes, qui est cause que avecq le maulvays temps
de pluye quil faict, les soldatz se desbandent du camp.
Mondit seigneur le mareschal faict estat et resollution ne partyr
de là devant ladite ville quelle ne soyt remize en l’hobeissance
du roy. J’ay esté adverty de la prize du Pozin laquelle m’asseure
vous tient en quelque peyne. Je voudroys estre si heureux notre
trouppe fust près de vous et vous y pouvoyr faire quelques
agreables et humbles services et lors que j’aurey ceste
honneur le me commanderez, treuverez le desyr où je suys vous
faire pour toute ma vye ce que dessus.
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</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monsieur, tout ce qui cest presenté digne vous estre mandé despuys
</p><p id="1" n="4 " type="texte">que suys en ces cartiers je lay faict par deux miennes lectres.
</p><p id="1" n="5 " type="texte">Retreuvant ce messagier si à propoz et asseuré, ne veulx
</p><p id="1" n="6 " type="texte">failly vous dire monsieur que le camp de monseigneur le
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</p><p id="1" n="13 " type="texte">tenoit pour seur quil estoit impossible que secours leur
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</p><p id="1" n="16 " type="texte">pour raison estant arrivé le jour, lon a recognu troys
</p><p id="1" n="17 " type="texte">trouppes des ennemys et prins quelquungs deulx quilz
</p><p id="1" n="18 " type="texte">disent qu’estant près de la ville beaucoup deulx nont heu
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</p><p id="1" n="23 " type="texte">assiegez font semblant de ne nous craindre guère,
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</p><p id="1" n="25 " type="texte">mal. Mais en bref, les trouppes qui vyennent de Gascoigne
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</p><p id="1" n="29 " type="texte">Avecq les bonnes trouppes qui y sont, mondit seigneur le
</p><p id="1" n="30 " type="texte">mareschal faict estat nespargner munitions pour [barré : faire]
</p><p id="1" n="31 " type="texte">refaire bresches et les assaillyr de tant de lieux
</p><p id="1" n="32 " type="texte">que Dieu aydant ladite ville sera bien toust remize soubz 
</p><p id="1" n="33 " type="texte">lhobeissance de leur magesté, sans y reperdre aultant de
</p><p id="1" n="34 " type="texte">bon chief et souldatz comme avons faict au dernier assault.
</p><p id="1" n="35 " type="texte">Par la myenne dernière, vous en escripvoys bien au long de
</p><p id="1" n="36 " type="texte">ce qui en avoit este passé. Monsieur de Candalle est
</p><p id="1" n="37 " type="texte">[183 v°] arrivé en ce camp, menant sa compaignie. Despuys deux
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</p><p id="1" n="39 " type="texte">argent. Despuys avant hyer, il ne se parle, ne moings 
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</p><p id="1" n="41 " type="texte">en somme bien fachez. Jay esté adverty par la voye
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</p><p id="1" n="43 " type="texte">Rochelle despuys quelque jours en ça. Aujourdhuy, 
</p><p id="1" n="44 " type="texte">monsieur de Bressieu a mandé prandre son lougis et
</p><p id="1" n="45 " type="texte">ma asseuré son homme quil arrivera demain venant
</p><p id="1" n="46 " type="texte">d’Arles où il y a faict quelque sesjour. Je desirerois bien
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</p><p id="1" n="48 " type="texte">m’approucher près de vous pour vous y faire le service
</p><p id="1" n="49 " type="texte">que j’ay toute ma vye desiré faire. Et lors quil
</p><p id="1" n="50 " type="texte">vous plaira me honnorer de voz commandementz, daussi
</p><p id="1" n="51 " type="texte">bonne vollunté m’y employerey, comme sallue vos bonnes
</p><p id="1" n="52 " type="texte">graces de mes très humbles recommendations, priant Dieu
</p><p id="1" n="53 " type="texte">vous donner,
</p><p id="1" n="54 " type="texte">monsieur, en perfecte sangté, très bonne, très longue heureuse
</p><p id="1" n="55 " type="texte">vye. Du camp de Sommieres, ce dernier jour de febvrier 1573.
</p><p id="1" n="56 " type="texte">[184] Monsieur, je pencoys que ce pourteur partit plus toust
</p><p id="1" n="57 " type="texte">qu’il n’a faict et pendant son sesjour en ce cartier, monsieur
</p><p id="1" n="58 " type="texte">de Savignac est arrive avecq ses trouppes en ce camp et
</p><p id="1" n="59 " type="texte">de jour mesmes monseigneur le mareschal faisoit battre
</p><p id="1" n="60 " type="texte">la ville de Sommyères de six canons et de deux collovrynes
</p><p id="1" n="61 " type="texte">par courtyne et d’ung canon pour abattre des cazemattes
</p><p id="1" n="62 " type="texte">estant près de la bresche. Du landemain, questoit mercredy
</p><p id="1" n="63 " type="texte">passé, à heure de mydi, ladite bresche fut recognue et treuvant
</p><p id="1" n="64 " type="texte">on quelle estoit raisonnable y fut ordonné unzse compaignies pour
</p><p id="1" n="65 " type="texte">la première poincte. Après ung long combat au plus hault de
</p><p id="1" n="66 " type="texte">la bresche, ilz se retirarent. Mondit seigneur le mareschal
</p><p id="1" n="67 " type="texte">commanda monsieur de Savignac marcher droict à la bresche
</p><p id="1" n="68 " type="texte">avecq huict centz des siens ce quil feit tout aussi toust
</p><p id="1" n="69 " type="texte">et furent repoulsez comme les aultres. En mesme instant,
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</p><p id="1" n="71 " type="texte">donna à la bresche du chasteau et le tout rehussit d’une
</p><p id="1" n="72 " type="texte">mesme fasson. Il se retreuve beaucoup de blessez et mesmes
</p><p id="1" n="73 " type="texte">cappiteynes, qui est cause que avecq le maulvays temps
</p><p id="1" n="74 " type="texte">de pluye quil faict, les soldatz se desbandent du camp.
</p><p id="1" n="75 " type="texte">Mondit seigneur le mareschal faict estat et resollution ne partyr
</p><p id="1" n="76 " type="texte">de là devant ladite ville quelle ne soyt remize en l’hobeissance 
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