Projet GordesUne correspondance à la Renaissance

XX · f° 262, 263 · 1573-03-08

XX-262 Rousset, Aubert de, lieutenant de la compagnie Gordes, à M. de Gordes, Loriol, 08 mars 1573.

Rousset, Aubert de, lieutenant de la compagnie Gordes → M. de Gordes

Transcription

Texte de l’édition · graphies et annotations conservées

-

XX-262 Rousset, Aubert de, lieutenant de la compagnie Gordes, à M. de Gordes, Loriol, 08 mars 1573.

Reçue à Grenoble, le 11 mars 1573. Répondue le 12 mars 1573.

Monsieur, despuis la despêche que je vous fis du Ve, j’ay

resseu deux des votres, l’ugne du Ve et l’autre par le

cappitaine Coulon leq uel faict sa compagnie à Celes, estant

le lieu que vous a advisé le plus comode pour estre

proche d’issy. Et pour plus promptement ladvoyr dressée

ne demeurent. Je vous direy que Vileneufve de Berc est

du tout perdue s’estant monsieur de Lauguière, sa

femme et le sieur de Montault saulvés. Quoy estant

adverty, je feus yer matin au Montelhymar me

doubtant de ce que je trovey que le peuple seroyt

effrayé pour advoyr des voysins inesperés et les

trovey de telle fasson qu’ilz penssoyent desjà estre

à la velhe de revenir à pis qu’ilz n’ont jamays

estés, ayant mesmes oppinion que l’ons brassoyt quelques

menées en leurs vile que leurs prometoyt hou la

peur hou les fassons de ceulx qu’ilz doutent. Je

y porveus le mieulx que je peus mesmes au chasteau,

lequel est acomodé pour quelque temps de toutes choses

nessessayres. Ilz desirent advoyr quelques estrangiers

pour leur seurté et m’en presantarent request, laquelle

je ranvoyrey à vous aveques totesfoys que atandens

qu’il y fut par vous aultrement porveu il leur seroyt

premis de retirer quelques souldatz pour leur

consservation par conssentement des catholiques et aultres.

Vous ne porriés croyre monsieur la jalouzie enquoy

ses tradimens mettent ung chescng. Vous mescripvés que

seriés bien hayse savoyr quy est ce capitaine La Croix. C’est

ung qui menoyt des crues pour monsieur de Saint Jeran ayant comme

long m’a dit bien ample comission de monsieur le mareschal. Monsieur

[262v°] du Telh le volut employer pour aller à Vilenefve, mays il nyt eust

hordre. Aultrement je vous direy que la compagnie du segneur Saint Santurion

n’a point de l’argent. Je leur foys fornir sur talhe ce qui leur

est nessessayre, les voyant sy volonteers au service et sy affectionés

que l’ons ne leur porroyt refuser cella et à la peyne que vous

povés pensser qu’ilz hont. Je n’a y falhy fère courir le paquet

adressant à monsieur le maréchal et les aultres lettres à qui elle s’adressoy.

Monsieur de Cabanes doibt partir demayn pour s’en retorner en

Provence. J’ay este mervelheusement joyeus antendre des nouvelles de

messieurs d’Evènes et de Laval vous suppliant me fère part de

toutes celles qu’en ressevrés. Madame la contesse de Laval

a esté yssy estant très marrie comme elle dit tant du Pousin que

des molins qu’ilz luy hont prins. Monsieur de Vaucluse a couché

se soyr yssy. Il vous bayse les mains très humblement et m’a dit

que tant vous savés qu’il ne falhira vous parvenir voyr. La compagnie

de monsieur de Maulgeron couche à nuyt à Montmeran et comme

j’entens s’en va d’alongue en Languedoc. Je ne les arresteray point

puys que je n’ay aulcung comandement de vous [mots barrés] et aussy que la

vostre n’arrestera à venir suyvant ce que m’escripvés. Je vous

tiendrey adverty de tout ce quy se presantera. Monsieur scripvant

ceste Madame d’Ourche me anvoyé monsieur de La Bastie pour

me prier de vous scripre que suyvans quelques lettres que l’ong

a trouvés à ungne femme dont je vous envoye copie venant

l’ugne de monsieur de Roysse et acdressante à ung sien beau frère

nomé le cappitaine Baron, qui voyes n’ayes oppinion que ledit sieur

de Roysse remue en aulcune fasson et qu’il n’en fault doubter.

Je le vis dernierement à Saint Gervays, quy m’en dit aultant

lequel je croys, mays comme que se soyt sy vous advés la forsse

avecques vous vos ferés deux biens asseurrés les ungs et garderés les

aultres de remuer. Ce pandent nous ferons yssy comme nous advons

faict à l’ayde de Notre Seigneur auquel je supplie vous doner

[263] monsieur, en parfaicte prosperité très heureuse et

très bonne vie et longue. De Lauriol, ce VIIIIe de mars 1573

Votre très humble serviteur

Rousset

Monsieur depuys ceste scripte, monsieur de Moydieu

est arrivé et m’a randu la votre dont j’ay veu ladvis

que l’ons vous a donée que au Pousin travalhent aux fossés.

Votre oppinion est la plus seyne, long fera ce que l’ons

porra à ce que m’escripvés. Quant aux souldatz don j’advoys

acomodé monsieur du Telh, ilz estoyent [déchiré]

aultant d’ungz que d’aultres, de fasson que [déchiré]

demeuroyt moingz asseurée. Je vous envoye [déchiré]

de Conbans, de La Roche et de Lisle.

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