Transcription
Texte de l’édition · graphies et annotations conservées
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XX-300 Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Lyon, 12 mars 1573.
Reçue à Grenoble, le 15 mars 1573. Répondue le 15 mars 1573.
Monseigneur, je vous ai escrit tous ces iours passés tout aussi souvent que j’ay
peu trouver des messagers et à present je ne scai ne qui merite bonement l’escrire.
Toutesfoys je n’ay voulu laisser de commencer ceste cy ayant entendu que le chevaucheur
de ceste ville envoye quelque pacquet à Grenoble. Il me semble vous avoir escrit
comme madamoiselle de St Preis, le sieur de Mures et Platel me veinrent trouver
hier matin pour se resoudre de leurs affères. Ledit Platel estoit content de livrer
audit sieur de Mures les dix et sept mille livres qui lui vienne pour sa part en
luy faisant par ledit sieur de Mures les promesses qu’il desyroit avec cautions
jusque à ce qu’il eust son adiudication de decret. A quoy iceluy sieur de Mures
estoit content de satisfère. Mais pour cela ne voloit passer outre à
fère par devant le vicaire ou official de monsieur de Lyon les confessions
et declarations portées par certaines memoires dressées et signées
par le conseil de mademoiselle de St Preis, ains seulement voloit passer
une procuration pour fère icelles confession et declarations, laquelle il entendoit
demeurer entre les mains de son cousin monsieur le Gardier iusqu’à ce
qu’après ladite adjudication luy et ses cautions seroyent hors d’obligation [barré : sans
que] à ce que cependant on ne s’en peut ayder. De ma part quant
ores j’eusse estimé qu’il n’y eust poinct eu de danger [barré : d’empechement et]
pour ladite demoiselle de passer oultre et par-dessus lesdits memoires,
si me fusse je bien gardé de le luy conseiller en chose que luy importe
tant au bien et à l’honneur. Mais j’ay trouvé le contenu esdits memoires
très raisonnable et necessaire. Mesmes qu’il y a si peu de bone volunté
entre ces deux persones qu’elle n’ont point d’occasion de s’y fier [mots barrés]
au moins pour le regard de ladite demoiselle. Car quant audit sieur de Mures,
je ne recognois pas grand hazard ne interest pour son regard. Et vault
mieux qu’elle aye patience que l’adjudication soit faitte, et qu’il soit retourné
de La Rochelle où il dict s’en aller. J’entends qu’il n’a pas tout l’argent
qu’il voudroit bien avoir. Peut estre qu’il se radvisera. Ladite damoiselle
et ledit Platel ont prins heure ceste apresdisnés de tourner pour veoir
comme ils auront à proceder cependant. Voila un procès mais c’est par ce que vous la m’avés
[300 v°] recommandée. Si mon frère n’est contremandé, nous le devons voir icy pour demain.
De la Rochelle ne de Sancerre je ne scay rien d’avantage
que par mes precedentes. Et sur ce, après mes très humbles recommandations à votre
bone grace et de madame de Gordes, je prie le Createur
vous doné
monseigneur en parfaicte santé, très longue et heureuse vie.
De Lyon, ce XIIIe mars au matin 1573.
Je suis en peine de monseigneur le mareschal, lequel j’entends avoir
sur les bras les rebelles de Montauban mesmes debvant estre
son camp harassé du siège se trouvant chargé de nombre d’artillerie
et qui pis est n’estant pas les compagnies de gendarmes qu’il a
fournies comme il appartiendroit ne par de là qui devroit estre
neantmoins son principal advantage. Je prie à Dieu luy estre
en ayde.
Monsieur de Langes me vient de dire comme monsieur de Mandelot
Vous à fait un depesche affin de vous fère entendre comme une
compagnie descend là bas devers mondit seigneur le mareschal sil vous plairra
l’employer pour le secours de monsieur de Louzières. Plait à Dieu
que vous y peussies faire quelque chose de bon.
Le poissonnier a dict avoir laissé mon frère à Sardon
qu’il s’en vient et devré estre icy demain au soir.
Votre très humble et très affectionné serviteur
Bellievre
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<div id="lettre" index="969" class="add" name="admin" date="2020-10-28T17:45:26.96+01:00"><desc><tome>XX</tome><folios><f>300</f></folios><expediteur>Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné</expediteur><destinataire>M. de Gordes</destinataire><date type="reponse" cat="reelle"/><date type="expedition" cat="reelle">1573-03-12</date><date type="expedition" cat="affiche">1573-03-12</date><date type="reception" cat="reelle">1573-03-15</date><lieu type="expedition" gps="45° 76' 08'' N ; 4° 82' 81'' E">Lyon</lieu><lieu type="reception" gps="45° 19' 91'' N ; 5° 73' 62'' E">Grenoble</lieu><hyperlien/><bibliographie/><note/></desc><p id="1" n="1 " type="texte"> -
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</p><p id="1" n="6 " type="texte">Toutesfoys je n’ay voulu laisser de commencer ceste cy ayant entendu que le chevaucheur
</p><p id="1" n="7 " type="texte">de ceste ville envoye quelque pacquet à Grenoble. Il me semble vous avoir escrit
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</p><p id="1" n="9 " type="texte">hier matin pour se resoudre de leurs affères. Ledit Platel estoit content de livrer
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</p><p id="1" n="19 " type="texte">qu’après ladite adjudication luy et ses cautions seroyent hors d’obligation [barré : sans 
</p><p id="1" n="20 " type="texte">que] à ce que cependant on ne s’en peut ayder. De ma part quant
</p><p id="1" n="21 " type="texte">ores j’eusse estimé qu’il n’y eust poinct eu de danger [barré : d’empechement et]
</p><p id="1" n="22 " type="texte">pour ladite demoiselle de passer oultre et par-dessus lesdits memoires,
</p><p id="1" n="23 " type="texte">si me fusse je bien gardé de le luy conseiller en chose que luy importe
</p><p id="1" n="24 " type="texte">tant au bien et à l’honneur. Mais j’ay trouvé le contenu esdits memoires
</p><p id="1" n="25 " type="texte">très raisonnable et necessaire. Mesmes qu’il y a si peu de bone volunté
</p><p id="1" n="26 " type="texte">entre ces deux persones qu’elle n’ont point d’occasion de s’y fier [mots barrés]
</p><p id="1" n="27 " type="texte">au moins pour le regard de ladite demoiselle. Car quant audit sieur de Mures,
</p><p id="1" n="28 " type="texte">je ne recognois pas grand hazard ne interest pour son regard. Et vault
</p><p id="1" n="29 " type="texte">mieux qu’elle aye patience que l’adjudication soit faitte, et qu’il soit retourné
</p><p id="1" n="30 " type="texte">de La Rochelle où il dict s’en aller. J’entends qu’il n’a pas tout l’argent
</p><p id="1" n="31 " type="texte">qu’il voudroit bien avoir. Peut estre qu’il se radvisera. Ladite damoiselle
</p><p id="1" n="32 " type="texte">et ledit Platel ont prins heure ceste apresdisnés de tourner pour veoir
</p><p id="1" n="33 " type="texte">comme ils auront à proceder cependant. Voila un procès mais c’est par ce que vous la m’avés
</p><p id="1" n="34 " type="texte">[300 v°] recommandée. Si mon frère n’est contremandé, nous le devons voir icy pour demain.
</p><p id="1" n="35 " type="texte">De la Rochelle ne de Sancerre je ne scay rien d’avantage
</p><p id="1" n="36 " type="texte">que par mes precedentes. Et sur ce, après mes très humbles recommandations à votre
</p><p id="1" n="37 " type="texte">bone grace et de madame de Gordes, je prie le Createur
</p><p id="1" n="38 " type="texte">vous doné
</p><p id="1" n="39 " type="texte">monseigneur en parfaicte santé, très longue et heureuse vie.
</p><p id="1" n="40 " type="texte">De Lyon, ce XIIIe mars au matin 1573.
</p><p id="1" n="41 " type="texte">Je suis en peine de monseigneur le mareschal, lequel j’entends avoir
</p><p id="1" n="42 " type="texte">sur les bras les rebelles de Montauban mesmes debvant estre
</p><p id="1" n="43 " type="texte">son camp harassé du siège se trouvant chargé de nombre d’artillerie
</p><p id="1" n="44 " type="texte">et qui pis est n’estant pas les compagnies de gendarmes qu’il a
</p><p id="1" n="45 " type="texte">fournies comme il appartiendroit ne par de là qui devroit estre
</p><p id="1" n="46 " type="texte">neantmoins son principal advantage. Je prie à Dieu luy estre
</p><p id="1" n="47 " type="texte">en ayde.
</p><p id="1" n="48 " type="texte">Monsieur de Langes me vient de dire comme monsieur de Mandelot
</p><p id="1" n="49 " type="texte">Vous à fait un depesche affin de vous fère entendre comme une
</p><p id="1" n="50 " type="texte">compagnie descend là bas devers mondit seigneur le mareschal sil vous plairra
</p><p id="1" n="51 " type="texte">l’employer pour le secours de monsieur de Louzières. Plait à Dieu
</p><p id="1" n="52 " type="texte">que vous y peussies faire quelque chose de bon.
</p><p id="1" n="53 " type="texte">Le poissonnier a dict avoir laissé mon frère à Sardon
</p><p id="1" n="54 " type="texte">qu’il s’en vient et devré estre icy demain au soir.
</p><p id="1" n="55 " type="texte">Votre très humble et très affectionné serviteur
</p><p id="1" n="56 " type="texte">Bellievre</p></div>
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