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XXII-170-171 Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Soleure, le 10 février 1574
Monseigneur, peu après vous avoir fait un depesche,
jay receu votre lettre du dernier janvier pour responce
de la quelle mes precedentes satisferont en partie,
y adioustant que ie ne scay comme lon parle en voz
quartiers du fait de La Rochelle, mais en ces [effacé : quartiers],
on la bien rellement [sic] deguysé quilz en sont rentrés
en une grande fefiance et nous a cela interrompu
nos dessaings. Jay bien affères à les rendre capables
de ce qui en est. Je men vay en une journée qui se
tient à Bade où je ne faulliray pas den estre
attaqué de diverses sortes. Cela a esté cause que le
sieur du Chelar ma mandé quil veoyt bien que ny
serviroit de rien jusques à ce que ces nuées puissent
avoir esté esclarcies.
Je ne puis comprendre loccasion du voyage de
monsieur de Maugeron. Monsieur de Langes mescrit que il
sest fait ouyr à Lyon que alloit droict en Languedoc
devers monseigneur le marechal de Damville.
Jattens responce de quelques capitaines d’Ury aux quels
jay baillé charge de sinformer , [, : par le menu] de ce que fust fait
en votre maison de St Saphorin.
Quant à ce que lon a volu faire entendre à sa majesté
que vous avés doné occasion aux bandes suisses
de se mescontenter, il me semble que les lettres des seigneurs
de cinq cantons et de Fribourg, ensemble des
colonels, vous pourront grandement servir pour
faire apparoir tout le contraire et, en outre, que cest
du comte de Gayasse quilz se plaignent pour ses mauvais
deportements. Si vous avés moyen asseuré, vous devés
[170 v°] soubs correction, envoyer les propres originaux
et si pouvés asseurer quils sont si peu content
dudit comte de Gayasse que plusieurs des principaux
dentre eux se sont fait ouyr que si lon [barré : roy]
venoit jamais afère autre levée, on
adiouxteroit ceste condition quilz ne seroient
plus conduicts par Italiens.
Quant à ce que on a volu fère entendre à
sa magesté que na tenu que à vous que lesdits Suisses
ne se soyent employer en Daulphiné, vous
vous en scaurés trop mieux justifier ; mais
entre autres choses, il me semble que vous pouvés
[barré : dire] faire remonstrer à icelle
comme cestoit en Languedoc à monseigneur le marechal
que sa magesté les envoyoyt.
Comme il estoit impossible les employer en
Daulphiné pour lextrème [barré : famme et necessité] necessité
de vivres et de toutes choses que est audit Daulphiné
sur tout es endroicts où il les eust fallu
mener.
Limpossibilité que y eust eu dy conduire des
vivres quant ores il y en eust heu ailleurs,
tant pour ce quilz ne sy pourroyent porter que par dos
de mulets que par ce que par le moyen de plusieurs
petis chateaux occupés, on les eust peu couper
[171] quon scait assés comme on ne se peut ayder
dune trouppe de Suisses quen une pièce et
sans les separer ; et [barré : de] si les mectant tout
ensemble, ils ny pourroyent estre menées
finalement, que on scait quel moyen il y avoit
jouyr desdits Suisses nestants pour des poynes
et plains [barré : tes] de mescontentement et de querelles
pour les vexations et mauvais traictements
quils disoyent avoir receu depuis leur
depart de La Rochelle ;
que le païs de Daulphiné se desesperoit
pour nen pouvoir plus.
Ces choses representées aux autres dont vous
vous scaurés mieux adviser, pourront
[barré : d] esclarcir sadite magesté de ce que en est,
et seroit bon que ce seroit monsieur d’Evènes
mesmes que le remonstra, car il le fera
avec plus de respect et deficace pour estre
votre frère et homme de guerre que en peut
parler en termes et dallieurs vous naurés
plus le producteur et soustenement dudit comte
de Gayasse contre lequel vous avés aussi beau
bourrer si vous volés.
[171 v°] Jen eusse escrit à messieurs de Morvilliers et
de Limoges, mais il ma semblé quil vaudra
mieux que je me reserve [barré : à que] pour quelque autre
office ; mais il me semble bien que pour le moins
vous en devés escrire à mondit seigneur de Morvilliers
et faire que mondit sieur en parle audit seigneur. Vous
avés raison, les secretaires sont amys et que font
grand cas de vous, sur tout messieurs de [barré : Frises] Sauve
et de Villeroy [barré : que sont v] au departement
des quelz vous estes en labsence lun de lautre.
Monseigneur, je me recommande très humblement à votre
bone grace et supplie le Createur quil vous doint
en toute prosperité et longue vie. De
Soleurre, le Xe jour de fevrier 1574.
Monsieur et madamoyselle d’Ourches
verront icy sil vous plait, mes semblables
recommandations à leurs bonnes graces.
Votre très humble et très affectionné
serviteur Bellievre
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</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monseigneur, peu après vous avoir fait un depesche,
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</p><p id="1" n="69 " type="texte">Ces choses representées aux autres dont vous
</p><p id="1" n="70 " type="texte">vous scaurés mieux adviser, pourront
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