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XXII-278-279 Simiane, Gaspard de, seigneur d’Evènes, à M. de Gordes, Saint-Germain-en-Laye, 18 janvier 1574. Reçue à Valence, le 04 février 1574. Répondue le 04 février 1574.
Monsieur, je vous ay fait une depeche de Paris par le seigneur
Anthoine Veguier de Marseilhe. Soudein quil feut parti, le sieur
d’Antragues venant de la part de monsieur de Suse, qui
peult estre vous randra la presente, me randit la votre du
IIIIe du presant, de Crest, et celle que faisiés au roy
pour le fayt de Viene où, à ce que men a dit monsieur
de Sauve, lons ne touchera ayant du tout discouru
avec leurs magestés et à monsieur le chancellier qui
ma bien sceu dire que son filz archevesque de
Vienne luy avoit bien dit quil avoit heu advis que
ce nestoit grand-chose de la dite entreprise. Je ne
puis passer oultre sans me douloir avec vous, monsieur,
de la perte que nous avons fait à la mort de feu
notre bonne et vertueuse mère, madame de Caseneufve,
et dire que je ne seray jamais sans regret en ce monde
de ne luy avoir esté randre le debvoir, ayant esté si
près delle comme j’ay esté, Dieu nous douint à
tous la paciance quil cognoit nous estre necessère
et mesmes à vous, monsieur qui, avec tant de pertes
estes accablé dune infinité daffaires. Si fault
il continuer tousiours en votre accostumée vertu et prudance
ce qui maccroit mon emoi est ung mescontantement que
par ce que ma escript monsieur de Cabanes n’aperçoy honnt
messieurs mes frères, hors monsieur d’Apt pour le
testament quelle ha fayt, bien que je ne sache
ni m’aie escript quieul il est, sinon quil nest pas
marri quelle maie advantagé. Jespère que quieul
quil soit, nous nen vivrons, Dieu aidant, moingues en
amitié quavons fait jusques ici ; pour le moyns le
prie je monster plus tost de ce monde que jen
soye loccasion. Laissant ce taint enuieulx discours,
je vous diray, monsieur, que mes instructions, les
caiers que monsieur de Chatellard a dressés sur
les remonstrances des viles et de messieurs des
estats du peïs, sonnt estés presantés au conseil
et remises à monsieur de Limoges pour les regarder
et en faire raport au conseil, mayant leurs
magestés assuré que au plus tost lons respondra à tout
et satisfera le mieulx que lons pourra, ayant
esgard au temps et necessité des affaires du roy
[278 v°] desorte que ne soumes hors de bone esperance, ayant à
mon advis, rien oublié de leur remonstrer les failles
et charges de ce gouvernement, de mesmes celles
que les Suisses y honnt aportés et fait la gandermerie,
leur ayant assés fait paroitre aussi combien les
dit Suisses vous y honnt estés inutilles ou, pour mieulx
dire, à leur servisse, nayant soubs votre pouvoir
pièce ni poudre pour ataquer ung coulombier ! Je me
suis opiniastré sur cella, ayant monsieur de Chatellard,
comme il vous a escript, heu quelque vant que le comte [d’]
Agaiast debvoit avoir mis en avant que, aiant vous
les ennemis sur les bras, aviés moien les emploier ;
mais je ne le puis crère car je luy en ay parlé
ouvertement et fayt confesser que leur desante
au dit gouvernement a esté mal à propos pour les
affaires du roy et de son peuple. Je me doubte
plus tost quil ha opinion que le peïs aie mandé des
informations, il ma dit une demi douseine de fois
despuis que suis ici quil me vouloit entretenir. Jai ausy
parlé à la reyne bien au long de particulier que
m’aviés chargé, comme feray au roy à la première comodité.
Elle ma dit que lons vous avoyt fait une depeche pour
mander deça le rolle de [ajouté : quelques ungs de] ceulx qui honnt fait servisse
au roy près de vous pour les provoir lors que les
charges et benefices vaqueront depardella et que de
mesmes en fonnt aux autres provinces. Il se parle
de beacop de beaux reglemens desquieuls, par mes
autres depeches, ou vous voyant, vous pourray randre
meilheur compte que meintenent. Quand à votre particulier,
la reyne ma comandé en faire presanter ung mémoire
pour monsieur de Sauve, ce que feray au premier jour, en ayant
parlé au roy premierement comme ay fait à elle,
à laquieulle ne pance avoir rien oubllié à
remonstrer de vous despances et du peu de moien
quavés de les soubstenir. Quand au sceu pour
vous cinq mille l. ts de pecs, monsieur Milhard et
autres entandus en ces affaires, disent que
les pouvés prandre et les pecs donner sur le brevet
sans difficulté et que au pis aller si besoing en
est, ne faudroit après quavoir une barré : eval] validation du
dit brevet qui sobtiendra coume lons voudra. Cest
ladvis mesme de monsieur le general Chatelier.
[fol. 279] Je noublieray rien en ce que je panceray estre de besoing
pour lexpedition de votre dit affaire, ni de parler
au roy coume ay à la royne pour monsieur de Rousset
et faire mieulx ou ausy bien que pour moi msmes.
Lons parle dune grand casserie de compagnies d’homes darmes.
Je pance quavant quaiés cest cy que monsieur de Maugeron
sera della et y va, à ce quil ma dit pour y servir à
la paix. Il ma demandé où il vous trouveroit et offert
à mon arrivée icy beaucop dhonnestetés jusques à la moitié
de son lict et me le leisser à son partement et ses
chevaux, sachant que suis en poste. Jay envoié vous letres
à monsieur de Laval mon nepveu avec la letre de banque
par monsieur de La Falèse que monsieur d’Hourches cognoit à
mon advis bien. [barré : que] Le voylà depeché en Pologne.
De bien avant en Alemagne, monsieur de La Fin, frère
de Beuvois La Nocle, a esté mandé icy et bien que ne
laie veu, une infinité de mes amis mhount assuré luy
avoir demandé nouvelles de mon dit nepveu, lequieul
Dieu merci, se pourtoit très bien. Monsieur de St Supplice
est allé à La Rochelle, Poictou et Guiene pour
assurer le monde de faire entendre que le roy
ne scavoit rien de lentreprise que lons dit avoir
esté decouverte dans La Rochelle. Dieu nous douint
la paix qui nous est necessère et à vous
monsieur, en sainté contante vie, me recomandant
tousiors très humblement à vous bones graces. De St Germein, ce
XVIII janvier 1574.
Je suis en peine de ce que monsieur le cardinal de Ferrare n’est icy.
Il est à XVIII liues [barré : dicy] à une siene habéie. Lons ma
assuré quil y sera en bref. Monsieur de Montmorancy arriva
icy le jour mesmes que y arrivay et feut bien aise de scavoir
de vous nouvelles. Monsieur de Thoré y est aussi.
Votre pour jamais très humble
et très obeissant frère
de Simienne.
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</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monsieur, je vous ay fait une depeche de Paris par le seigneur
</p><p id="1" n="4 " type="texte">Anthoine Veguier de Marseilhe. Soudein quil feut parti, le sieur
</p><p id="1" n="5 " type="texte">d’Antragues venant de la part de monsieur de Suse, qui
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</p><p id="1" n="7 " type="texte">IIIIe du presant, de Crest, et celle que faisiés au roy
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</p><p id="1" n="11 " type="texte">ma bien sceu dire que son filz archevesque de
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</p><p id="1" n="13 " type="texte">ce nestoit grand-chose de la dite entreprise. Je ne
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</p><p id="1" n="15 " type="texte">de la perte que nous avons fait à la mort de feu
</p><p id="1" n="16 " type="texte">notre bonne et vertueuse mère, madame de Caseneufve,
</p><p id="1" n="17 " type="texte">et dire que je ne seray jamais sans regret en ce monde
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</p><p id="1" n="23 " type="texte">il continuer tousiours en votre accostumée vertu et prudance
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</p><p id="1" n="25 " type="texte">par ce que ma escript monsieur de Cabanes n’aperçoy honnt
</p><p id="1" n="26 " type="texte">messieurs mes frères, hors monsieur d’Apt pour le
</p><p id="1" n="27 " type="texte">testament quelle ha fayt, bien que je ne sache
</p><p id="1" n="28 " type="texte">ni m’aie escript quieul il est, sinon quil nest pas
</p><p id="1" n="29 " type="texte">marri quelle maie advantagé. Jespère que quieul
</p><p id="1" n="30 " type="texte">quil soit, nous nen vivrons, Dieu aidant, moingues en
</p><p id="1" n="31 " type="texte">amitié quavons fait jusques ici ; pour le moyns le
</p><p id="1" n="32 " type="texte">prie je monster plus tost de ce monde que jen
</p><p id="1" n="33 " type="texte">soye loccasion. Laissant ce taint enuieulx discours,
</p><p id="1" n="34 " type="texte">je vous diray, monsieur, que mes instructions, les
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</p><p id="1" n="36 " type="texte">les remonstrances des viles et de messieurs des
</p><p id="1" n="37 " type="texte">estats du peïs, sonnt estés presantés au conseil
</p><p id="1" n="38 " type="texte">et remises à monsieur de Limoges pour les regarder
</p><p id="1" n="39 " type="texte">et en faire raport au conseil, mayant leurs
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</p><p id="1" n="44 " type="texte">mon advis, rien oublié de leur remonstrer les failles
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</p><p id="1" n="52 " type="texte">comme il vous a escript, heu quelque vant que le comte [d’]
</p><p id="1" n="53 " type="texte">Agaiast debvoit avoir mis en avant que, aiant vous
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</p><p id="1" n="55 " type="texte">mais je ne le puis crère car je luy en ay parlé
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</p><p id="1" n="57 " type="texte">au dit gouvernement a esté mal à propos pour les
</p><p id="1" n="58 " type="texte">affaires du roy et de son peuple. Je me doubte
</p><p id="1" n="59 " type="texte">plus tost quil ha opinion que le peïs aie mandé des
</p><p id="1" n="60 " type="texte">informations, il ma dit une demi douseine de fois
</p><p id="1" n="61 " type="texte">despuis que suis ici quil me vouloit entretenir. Jai ausy
</p><p id="1" n="62 " type="texte">parlé à la reyne bien au long de particulier que
</p><p id="1" n="63 " type="texte">m’aviés chargé, comme feray au roy à la première comodité.
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</p><p id="1" n="65 " type="texte">mander deça le rolle de [ajouté : quelques ungs de] ceulx qui honnt fait servisse
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</p><p id="1" n="67 " type="texte">charges et benefices vaqueront depardella et que de
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</p><p id="1" n="73 " type="texte">pour monsieur de Sauve, ce que feray au premier jour, en ayant
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</p><p id="1" n="76 " type="texte">remonstrer de vous despances et du peu de moien
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</p><p id="1" n="78 " type="texte">vous cinq mille l. ts de pecs, monsieur Milhard et
</p><p id="1" n="79 " type="texte">autres entandus en ces affaires, disent que
</p><p id="1" n="80 " type="texte">les pouvés prandre et les pecs donner sur le brevet
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</p><p id="1" n="84 " type="texte">ladvis mesme de monsieur le general Chatelier.
</p><p id="1" n="85 " type="texte">[fol. 279] Je noublieray rien en ce que je panceray estre de besoing
</p><p id="1" n="86 " type="texte">pour lexpedition de votre dit affaire, ni de parler
</p><p id="1" n="87 " type="texte">au roy coume ay à la royne pour monsieur de Rousset
</p><p id="1" n="88 " type="texte">et faire mieulx ou ausy bien que pour moi msmes.
</p><p id="1" n="89 " type="texte">Lons parle dune grand casserie de compagnies d’homes darmes.
</p><p id="1" n="90 " type="texte">Je pance quavant quaiés cest cy que monsieur de Maugeron
</p><p id="1" n="91 " type="texte">sera della et y va, à ce quil ma dit pour y servir à
</p><p id="1" n="92 " type="texte">la paix. Il ma demandé où il vous trouveroit et offert
</p><p id="1" n="93 " type="texte">à mon arrivée icy beaucop dhonnestetés jusques à la moitié
</p><p id="1" n="94 " type="texte">de son lict et me le leisser à son partement et ses
</p><p id="1" n="95 " type="texte">chevaux, sachant que suis en poste. Jay envoié vous letres
</p><p id="1" n="96 " type="texte">à monsieur de Laval mon nepveu avec la letre de banque
</p><p id="1" n="97 " type="texte">par monsieur de La Falèse que monsieur d’Hourches cognoit à
</p><p id="1" n="98 " type="texte">mon advis bien. [barré : que] Le voylà depeché en Pologne.
</p><p id="1" n="99 " type="texte">De bien avant en Alemagne, monsieur de La Fin, frère
</p><p id="1" n="100 " type="texte">de Beuvois La Nocle, a esté mandé icy et bien que ne
</p><p id="1" n="101 " type="texte">laie veu, une infinité de mes amis mhount assuré luy
</p><p id="1" n="102 " type="texte">avoir demandé nouvelles de mon dit nepveu, lequieul
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</p><p id="1" n="110 " type="texte">tousiors très humblement à vous bones graces. De St Germein, ce
</p><p id="1" n="111 " type="texte">XVIII janvier 1574.
</p><p id="1" n="112 " type="texte">Je suis en peine de ce que monsieur le cardinal de Ferrare n’est icy.
</p><p id="1" n="113 " type="texte">Il est à XVIII liues [barré : dicy] à une siene habéie. Lons ma
</p><p id="1" n="114 " type="texte">assuré quil y sera en bref. Monsieur de Montmorancy arriva
</p><p id="1" n="115 " type="texte">icy le jour mesmes que y arrivay et feut bien aise de scavoir
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Places in the letter
Locations from corpus coordinates, without external geocoding. Indicative modern geographical background, Natural Earth.