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XXIII-48 Portes, Guillaume de, second président du Parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Grenoble, 17 mars 1574. Reçue à Valence, le 19 mars 1574
Monsieur, jay receu ce matin à sept heures votre paquet et letre du
XIIIIe. Incontinent jay depeché aux vibalifz d’Ambrun, de Brianson, et
à monsieur l’evesque de Gap, et acompagnié voz letres dune miene
et pour ne laisser monsieur de Laborel malcontent excusant
votre enpechement, je luy envoye une copie de la letre du sieur
de Monbrun. Jay faict rendre vos lettres à messieurs des
estats, de Lativoliere, de [nom barré] Monestier, Lyone, et aultres, et
ay monstré ce que m’escrives à messieurs de la cour et celle
dudit Monbrun, quil ont trové fort estrange, car nul ne scait
mieulx que vous, monsieur, ce que notredite compagnie delibera et
conclud en votre presence lendemeyn de la novelle des derniers
troubles de Paris et comme lon se resolut quoy quil en
deut advenir de conserver luy et ceulx de noz voysins qui
se sont eslevés avec luy, dont nous recevons petite response
et ne laissons pourcela destre calumniés du peuple qui dit
et publie que nous sommes par notre doulceur cause de la
perte de ceste patrie. Or je prie Dieu duquel et de
sa maulvayse volunté nous menasse ledit de Montbrun
quil soyt jugé entre luy et nous. Et quant aux prisoniers
desquelz il parle qui ont esté pendus soubz pretexte davoyr
derobé du bled, je vous prie, monsieur, croyre que luy,
qui est à Nyons, en scait plus que moy, qui suys à Grenoble,
nayant oncques sceu quaulcune justice aye esté faicte
en ce lieu depuys la trahison de du Marez et complices ;
si ce n’est quà mon retour dernier de Chambery où je
seiourney environ XXI jour, jentendis que le capitaine Gobert
avoyt faict doner lestrapade à ung de ses soldatz
pour lavoyr trové ataynt de mener quelque pratique avec ceulx de
Mens et despuys jay entendu que le capitaine Merieu a faict
pendre ung italien ou salussien des chevaux legiers pour, par sa
[48B]
confession et preuves, sestre trové convayncu dintelligence
et trahyson sur ceste ville. Et quant à ceulx qui demeurent
icy prisoniers, Dieu scait silz eussent vescu une heure
entre leurs meyns se trovans chargés et coulpables du
faict don est question. Mès ceulx qui nont volunté
de boyre treuvent assés excuses, comme il faict pas sa
letre, pour nentendre à la suspension darmes ordonée
par monsieur le maréchal. Or au mesme jour, jay
receu aultre paquet votre du 15. Jay faict semblable
delivrer voz letres à ceulx de la noblesse qui se sont
trouvés icy. Je regarderay par toutz moyens fère
tous les aultres, mesmes à monsieur du Mantin qui
est de fort bonne volunté comme vous cognoistrés par
ses actioins dont il vint hyer me fère quelque desmentie en
mon estude. Si ledit sieur de Monbrun est si fort comme
escrivés il le sera encores davantage, sil est vray,
comme lon nous escript, que toutes les forces que
Ferrier avoyt aux montagnes sacheminent labas pour
le renforcer, dont jay pensé questiés jà adverti par
monsieur de la Tivolière. Si aynsi estoit, aulcungs disent
que porriés aussi fère assembler toutes voz forces mesmes
la compagnie de monsieur de Savoye quon estime la mieulx
en ordre pour venir au coombat de France. Mès je ny entens
rien. Je pense jà vous avoyr adverti de la resolution
prise par messieurs les commis qui m’ont asseuré vous en
escrire. Je ne scay où est monsieur le baron des Adretz et
neanmoyns je tacheray luy fère tenir sa letre. Puys quon
ne trove la letre du sieur de la Cazette, je vous envoye se quil
mha script du premier qui desire estre resolu sur le contenu
[49A]
en la quatrieme ligne de sadite letre. Mais afin quil ny aye
equivoque il vous plairra entendre, monsieur, que les
consulz catholiques de Queyras qui se sont trovés icy aux
estatz ont presenté requeste à messieurs de la cour pour
metre en leur saulvegarde ceulx de la religion de Molines
et les asseurer et moyenant ce, ilz ont promis fère sortir
ceulx qui ont occupé lesglise dudit Molines, la rendre aux
catholiques et renvoyer les estrangers. Ils prometent tant
que je nen croy rien, mais il se fault laisser tromper souvent.
Lon leur ha accordé tout ce quilz demandent auix conditions
par eulx offertes, et en sa contenanz à lobeissance des editz
du roy nous verrons que se fera. Cependant jay escript au nom
de mesdits sieurs de la cour tant audit la Cazete que capitaine
Ferruz et vibaly de Brianson, de ne innover rien à leur
endroit, et ne sestoner si on leur faict signifier ladite
saulvegarde et de ne bouger jusques aultrement leur sera
par vous commender. Je ne scay si cela est propre pour lexcuse
de la levée de 400 homes. Audit surplus, monsieur,
vous trouverés icy dedans ung memoyre ou estat de
ce que on vouldroyt entreprendre çahault, qui ha esté
dressé par ladvis de mondit sieur de Monestier et aultres
bons personages. Ledit sieur du Monestier ma instamment
prié ne penser quil eschauffe ce faict pour y avoyr
aulcung comandement et se contentera de guider et
faciliter ceste exequution et, de ma part, je ne voy en
luy que ung grand zèle à vous relever et servir sa patrie.
Mès je nentens rien si ceste entreprise est raysonable
ou assuerée. Cest à vous monsieur de tout ce quon vous
escript en fère votre profit et suyvre ou laisser. Je croy bien que
cest assés pour ceste foys, priant le Createur,
monsieur, vous doner en santé heureuse et longue vie. De Grenoble, ce XVIIe de mars
Votre très humble et obeissant serviteur
G. Deportes
[marge gauche]
La letre quescript monsieur d’Ambrun du 3 radoulcit ung peu celle de monsieur du Chastelard du dernier
du passé. Dieu par sa bonté y mète quelque bon ordre.
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</p><p id="1" n="3 " type="texte">Monsieur, jay receu ce matin à sept heures votre paquet et letre du
</p><p id="1" n="4 " type="texte">XIIIIe. Incontinent jay depeché aux vibalifz d’Ambrun, de Brianson, et
</p><p id="1" n="5 " type="texte">à monsieur l’evesque de Gap, et acompagnié voz letres dune miene
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</p><p id="1" n="10 " type="texte">ay monstré ce que m’escrives à messieurs de la cour et celle
</p><p id="1" n="11 " type="texte">dudit Monbrun, quil ont trové fort estrange, car nul ne scait
</p><p id="1" n="12 " type="texte">mieulx que vous, monsieur, ce que notredite compagnie delibera et 
</p><p id="1" n="13 " type="texte">conclud en votre presence lendemeyn de la novelle des derniers 
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</p><p id="1" n="26 " type="texte">en ce lieu depuys la trahison de du Marez et complices ;
</p><p id="1" n="27 " type="texte">si ce n’est quà mon retour dernier de Chambery où je
</p><p id="1" n="28 " type="texte">seiourney environ XXI jour, jentendis que le capitaine Gobert
</p><p id="1" n="29 " type="texte">avoyt faict doner lestrapade à ung de ses soldatz
</p><p id="1" n="30 " type="texte">pour lavoyr trové ataynt de mener quelque pratique avec ceulx de
</p><p id="1" n="31 " type="texte">Mens et despuys jay entendu que le capitaine Merieu a faict
</p><p id="1" n="32 " type="texte">pendre ung italien ou salussien des chevaux legiers pour, par sa
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</p><p id="1" n="35 " type="texte">et trahyson sur ceste ville. Et quant à ceulx qui demeurent
</p><p id="1" n="36 " type="texte">icy prisoniers, Dieu scait silz eussent vescu une heure
</p><p id="1" n="37 " type="texte">entre leurs meyns se trovans chargés et coulpables du
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</p><p id="1" n="39 " type="texte">de boyre treuvent assés excuses, comme il faict pas sa 
</p><p id="1" n="40 " type="texte">letre, pour nentendre à la suspension darmes ordonée
</p><p id="1" n="41 " type="texte">par monsieur le maréchal. Or au mesme jour, jay
</p><p id="1" n="42 " type="texte">receu aultre paquet votre du 15. Jay faict semblable
</p><p id="1" n="43 " type="texte">delivrer voz letres à ceulx de la noblesse qui se sont
</p><p id="1" n="44 " type="texte">trouvés icy. Je regarderay par toutz moyens fère
</p><p id="1" n="45 " type="texte">tous les aultres, mesmes à monsieur du Mantin qui
</p><p id="1" n="46 " type="texte">est de fort bonne volunté comme vous cognoistrés par
</p><p id="1" n="47 " type="texte">ses actioins dont il vint hyer me fère quelque desmentie en
</p><p id="1" n="48 " type="texte">mon estude. Si ledit sieur de Monbrun est si fort comme
</p><p id="1" n="49 " type="texte">escrivés il le sera encores davantage, sil est vray,
</p><p id="1" n="50 " type="texte">comme lon nous escript, que toutes les forces que
</p><p id="1" n="51 " type="texte">Ferrier avoyt aux montagnes sacheminent labas pour
</p><p id="1" n="52 " type="texte">le renforcer, dont jay pensé questiés jà adverti par
</p><p id="1" n="53 " type="texte">monsieur de la Tivolière. Si aynsi estoit, aulcungs disent
</p><p id="1" n="54 " type="texte">que porriés aussi fère assembler toutes voz forces mesmes
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</p><p id="1" n="56 " type="texte">en ordre pour venir au coombat de France. Mès je ny entens
</p><p id="1" n="57 " type="texte">rien. Je pense jà vous avoyr adverti de la resolution
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</p><p id="1" n="59 " type="texte">escrire. Je ne scay où est monsieur le baron des Adretz et
</p><p id="1" n="60 " type="texte">neanmoyns je tacheray luy fère tenir sa letre. Puys quon
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</p><p id="1" n="63 " type="texte">[49A]
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</p><p id="1" n="66 " type="texte">consulz catholiques de Queyras qui se sont trovés icy aux
</p><p id="1" n="67 " type="texte">estatz ont presenté requeste à messieurs de la cour pour
</p><p id="1" n="68 " type="texte">metre en leur saulvegarde ceulx de la religion de Molines
</p><p id="1" n="69 " type="texte">et les asseurer et moyenant ce, ilz ont promis fère sortir
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</p><p id="1" n="77 " type="texte">Ferruz et vibaly de Brianson, de ne innover rien à leur
</p><p id="1" n="78 " type="texte">endroit, et ne sestoner si on leur faict signifier ladite
</p><p id="1" n="79 " type="texte">saulvegarde et de ne bouger jusques aultrement leur sera
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</p><p id="1" n="82 " type="texte">vous trouverés icy dedans ung memoyre ou estat de
</p><p id="1" n="83 " type="texte">ce que on vouldroyt entreprendre çahault, qui ha esté
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</p><p id="1" n="85 " type="texte">bons personages. Ledit sieur du Monestier ma instamment
</p><p id="1" n="86 " type="texte">prié ne penser quil eschauffe ce faict pour y avoyr
</p><p id="1" n="87 " type="texte">aulcung comandement et se contentera de guider et
</p><p id="1" n="88 " type="texte">faciliter ceste exequution et, de ma part, je ne voy en
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</p><p id="1" n="91 " type="texte">ou assuerée. Cest à vous monsieur de tout ce quon vous
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</p><p id="1" n="95 " type="texte">Votre très humble et obeissant serviteur
</p><p id="1" n="96 " type="texte">G. Deportes
</p><p id="1" n="97 " type="texte">[marge gauche]
</p><p id="1" n="98 " type="texte">La letre quescript monsieur d’Ambrun du 3 radoulcit ung peu celle de monsieur du Chastelard du dernier
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Locations from corpus coordinates, without external geocoding. Indicative modern geographical background, Natural Earth.