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XXIII-66 Combourcier, Balthazar de, seigneur de Monestier, à M. de Gordes, Grenoble, le 17 mars 1574. Reçue à Valence le 19 mars 1574
Monsieur, j’ay ce jourd’huy tout à coup receu les deulx lettres qu’il vous a pleu
de m’escripre du XIIII et XVme du present. Quant à la negotiation que j’avoys avec
celluy que vous scaves, je vous dyray qu’il y a quelque temps que je ne
me suys employé parce que à la verité je sceus qu’il estoit supsonné de
m’avoir parlé et que luy mesme me l’envoya [rature] se plaignant d’ung de
La Mure qu’il accusoit en avoir adverti les Diguieres. Toutesfoys ce brin
est esvanouy et n’en pouvoit l’on parler de ce costé là que par supson [raturé : et]
car d’occasion ilz n’en eurent jamays. Au demeurant je vous asseureray
bien qu’il ne me prompera jamays ny aultre de ce parti. J’ay desia auiourd’huy
adverti à La Mure de s’i prendre garde comme je m’asseure qu’ilz font, car
ilz travaillent et ne demeurent oysifz. J’ay parlé à ung qui vist partir
dimanche dernier traynentz vinct et cinq hommes à cheval de Mens, qui
prindrent le chemin de la Criys[ ?] aulte, je cuyde pour ailler trouver monsieur
de Montbrum. Ung qui n’a quelque foys avec eulx m’a dict avoir aouy [=oui]
dire à de leurs chefz qu’ilz craignoyent de passer le Rosne. Ils portent
beaucoup de bagaige, dieu voulust qu’aynsi fait mal aysement le Crys. Ja
la pluspart de leurs chevaulx et quasi tout ne sont qu’arideles et gens de
pays. Je ne manqueray, comme j’estime que vous croyes, de m’employer
en tout ce qu’il vous playra de me commander, et d’avoyr l’eul ouvert
en ce aussi que je cognoistray estre pour le service de sa magesté. Monsieur
le president de Portes vous envoye ung memoyre d’une expedient quy avoit
esté avisé yci de vous fere entendre pour couvrir tout ce cartier, et
obvier aux courses que les ennemis y peuvent fere, leur oster ainsi le
moyen de lever tant de grandes contribution qu’ilz lievent en nous
montaignes, qu’ilz ruynent du tout. Si vous le trouves bon la plus grande
[66B]
despence n’est que surs la cavalerye, qui se faict aussi bien aillieurs, et de laquelle
vous vous pourres tousiours servir quant l’occasion s’i presentera que vous les
appelleres. uant aulx vivres il y en a adces [=assez] mesmes pour les chevaulx et si
il y a force bledz et adces du vin pour la [rature] sayson. Ne croyes pas s’il vous
plaict que je vous dye cecy pour aulcune chose pour mon particulier, car
je n’y en pretendz du tout poinmct que de la despence pour fere bonne chere
quant je seray surs le lieu aulx honnestes gentz qui y seriont[ ?]. Monsieur de
La Motte qui est arrivé yci despuys deulx jours m’a dict comme sa
magesté a mandé monseigneur de Nemours pour l’ailler treuver. Si aynsi
est je me doubte que je ne soye contrainct estre de la partie à mon
tresgrand regret, et n’estant la presente pour aultre, je la finiray par mes
treshumbles recommandations à votre bonne grace, priant le createur vous
tenir,
Monsieur, en tresbonne santé, treslongue et tresheureuse vye, de
Grenoble, le XVIIme de mars 1574
Votre treshumble allyé et tresaffectionné
serviteur
Monestier
Je vous diray encores ce mot que si j’eusse avancé quelque chose à la negotiation
delaquelle il vous plaist de m’escripre, que je vous en eusse tenu adverti
et vous promes que jamays je n’en ay parlé à aultre personne qu’à celluy
qui me parla à La Mure, que je vous ay escript, et à ung aultre que j’ay souvent[ ?]
mandé en plusieurs lieus, qui est homme d’entendement
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</p><p id="1" n="2 " type="titre">XXIII-66 Combourcier, Balthazar de, seigneur de Monestier, à M. de Gordes, Grenoble, le 17 mars 1574. Reçue à Valence le 19 mars 1574
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</p><p id="1" n="4 " type="texte">de m’escripre du XIIII et XVme du present. Quant à la negotiation que j’avoys avec
</p><p id="1" n="5 " type="texte">celluy que vous scaves, je vous dyray qu’il y a quelque temps que je ne
</p><p id="1" n="6 " type="texte">me suys employé parce que à la verité je sceus qu’il estoit supsonné de
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</p><p id="1" n="8 " type="texte">La Mure qu’il accusoit en avoir adverti les Diguieres. Toutesfoys ce brin
</p><p id="1" n="9 " type="texte">est esvanouy et n’en pouvoit l’on parler de ce costé là que par supson [raturé : et]
</p><p id="1" n="10 " type="texte">car d’occasion ilz n’en eurent jamays. Au demeurant je vous asseureray
</p><p id="1" n="11 " type="texte">bien qu’il ne me prompera jamays ny aultre de ce parti. J’ay desia auiourd’huy
</p><p id="1" n="12 " type="texte">adverti à La Mure de s’i prendre garde comme je m’asseure qu’ilz font, car
</p><p id="1" n="13 " type="texte">ilz travaillent et ne demeurent oysifz. J’ay parlé à ung qui vist partir
</p><p id="1" n="14 " type="texte">dimanche dernier traynentz vinct et cinq hommes à cheval de Mens, qui
</p><p id="1" n="15 " type="texte">prindrent le chemin de la Criys[ ?] aulte, je cuyde pour ailler trouver monsieur
</p><p id="1" n="16 " type="texte">de Montbrum. Ung qui n’a quelque foys avec eulx m’a dict avoir aouy [=oui]
</p><p id="1" n="17 " type="texte">dire à de leurs chefz qu’ilz craignoyent de passer le Rosne. Ils portent
</p><p id="1" n="18 " type="texte">beaucoup de bagaige, dieu voulust qu’aynsi fait mal aysement le Crys. Ja
</p><p id="1" n="19 " type="texte">la pluspart de leurs chevaulx et quasi tout ne sont qu’arideles et gens de
</p><p id="1" n="20 " type="texte">pays. Je ne manqueray, comme j’estime que vous croyes, de m’employer
</p><p id="1" n="21 " type="texte">en tout ce qu’il vous playra de me commander, et d’avoyr l’eul ouvert
</p><p id="1" n="22 " type="texte">en ce aussi que je cognoistray estre pour le service de sa magesté. Monsieur
</p><p id="1" n="23 " type="texte">le president de Portes vous envoye ung memoyre d’une expedient quy avoit
</p><p id="1" n="24 " type="texte">esté avisé yci de vous fere entendre pour couvrir tout ce cartier, et
</p><p id="1" n="25 " type="texte">obvier aux courses que les ennemis y peuvent fere, leur oster ainsi le
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</p><p id="1" n="36 " type="texte">La Motte qui est arrivé yci despuys deulx jours m’a dict comme sa
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</p><p id="1" n="38 " type="texte">est je me doubte que je ne soye contrainct estre de la partie à mon
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</p><p id="1" n="42 " type="texte">Monsieur, en tresbonne santé, treslongue et tresheureuse vye, de
</p><p id="1" n="43 " type="texte">Grenoble, le XVIIme de mars 1574
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