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XVIII-321 Urre, Rostaing d', seigneur d'Ourches, à M. de Gordes, Montélimar, 26 septembre 1572
Monsieur, combien que le consul de ceste ville vous aye faict entendre l’estat d’icelle, je n’ay vollu
pour cella fallyr à respondre à la votre du XIXe quant au reiglement que jay mis pour la guarde,
de laquelle ceus de la nouvelle religion ont tousjours estées entièrement exems. Comme ilz ont estées à la
messe, ilz m’ont requerit de m’asseurer et fier d’eus et les volloyr emplyer pour faire la ditte guarde, ce que
j’ay faict, pour remarquer ceus qui sont armées, quar ainsy qu’ilz ont veu que je n’avoys point de meffiance
d’eus, ilz ont toutz reprins et retrouvés leurs armes, lesquelles je ne peus jamais trouver, quelle recherche que
j’en fisse, faisant toutz d’une voys serment qu’ilz n’avoyent aulcunes armees. Veu qu’ilz commancent à
lever le nez et que je cognoys ceus qui sont armées, je me deslibère de les desarmer en inventerisant
le tout, en leurs en rendent bon conte. Comme ilz auront la vollonté meilleure pour le service du roy
qu’ilz n’ont faict paroistre jusques asteure, il me semble bon de les contraindre de fournyr en leurs
tour d’un bon souldat catoulyque pour faire laditte guarde, et ne ce fier guières d’eus, encoure
qu’ilz disent s’estre catoulizées. La vérité est que jusques asteure, les catouliques ont faict la guarde
ceulz, sans ayde. Ilz commancent à s’en ennuyer, pour ce que ceus de la nouvelle religion n’ont jamays rien fourny
ny contribué pour ce dit efect. Si vous le trouvés bon qu’ilz soyt contrainctz en leur tour de donner sis
soulz à ung catoulique féable qu’on y metra en leur place, je metrays peyne qu’il ne s’i commetroit
aulcun abus. Il vous plairra m’en escrire vostre vollonté, laquelle je n’exederay nullement. Quant à
ce qu’il vous a pleu m’escrire du XVIIe, que désireryés estre adverty de la dilligence de la justice pour
la mort de feu messire Bertrant, je ne say, monsieur, si pour ce dit regard quelqu'un en auroit faict
quelque sinistre rappourt, bien vous asseure-je, monsieur, qu’il estoit entre neuf et dis heures du soyr
quant il fut tué hors la ville, comme soudaynement je vous tins adverty. Monsieur d’Exéa m’a dit qu’il en
a envoyé les imfourmations à messieurs de la court, combien qu’il n’a rien peu adverer du dit
[v°] meurtre. Je vous envoye la responce de la dernière lettre qu’avés escrit à monsieur de Mombrum. Quant
au despourtement de la noblesse huguenotte de ces quartyers, ilz ce contiennent, pour encoures, ilz désirent
bien ung bon succès en Flandres pour le prince d’Ourange, espérant qu’il leur sera favorable. Je ne say
si vous avés rien seu des nouvelles que nous tenons icy pour toutes certaynes, comme les catouliques
ont estées massacrés en une petite ville qu’est auprès de Nismes, laquelle ce nomme
Lunel. Il est allé de Vivaretz, pour secouryr les ditz catouliques, plus de cinq ou sis centz arquebusiers.
Comme il ce présenteroit quelque chose de nouveau en ces quartyers, je ne fauldros encoure plus toust de
vous en advertyr. Que sera l’endroit où je salueray voz bonnes graces par mes très
humbles recommandations, priant Nostre Seigneur vous donner,
Monsieur, en très bonne santé, longue et hereuse vye. Au Monteilhimart, ce XXVI septembre.
Vostre très humble filz et affectioné serviteur.
Hourche
Comme les catoulizés de ceste ville faisoyent ladite guarde, ce que je leurs avoys accordé pour les considérations sus
dittes, me donnoys guarde d’eus de si près qu’ilz ne m’eussent seu faire faus bon, veu la sujection que je
randoys pour ce dit regart
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