Projet GordesA correspondence in the Renaissance

XIX · f° 60 61 · 1572-10-06

XIX-60 Pontevès, Pierre de, dame de Cazeneuve, à M. de Gordes, Gargas, 06 octobre 1572

Pontevès, Pierre de, dame de Cazeneuve → M. de Gordes

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XIX-60 Pontevès, Pierre de, dame de Cazeneuve, à M. de Gordes, Gargas, 06 octobre 1572

Monseur, j’ay receu la votre du XIXe du passé et une aultre parevant du XXIIIe

d’aoust, et une aultre du XXIIIe du passé, toutes escriptes à Laval. Et

pour vous respondre à celle d’aost, j’ay receu aussi grand contentement

de l’arrivée et bon voyage et proffict et honneur de monseur d’Horches,

comme s’il estoyt ung de mes propres enfens, et en rendz graces à

Nostre Seigneur, et luy prye de bien bon cœur luy donner longuement joyssance

de toutz ces biens et honneurs. Et à ce que dictes qu’avez envoyé

deux archyers à ceulx d’Oranges pour vous faire payer, je me doubte

que vous n’en serez jamais payé sans leur mander despence à bon

essyent, ce que je suis d’advist que vous faictes ; et quand ilz

payeront, ne fault que vous oblyez de vous faire payer XXVIII soulz

que j’ay despendu pour les mander solissiter. Ilz me mandarent que

brief de temps ilz payeroyent la somme et aussi lesdits despens,

et ne volleurent rien bailher au porteur ; et si j’avoys ceste [barré : pers]

partye, je porroyez achepter une penssion de cent escus, de quoy

suis pressée de beaucoup de coustés. L’acte vous porra bien

adresser pour quel bout vous povés commenser pour leur faire

despence. Je scay bien que leurs mollins vous sont hypotèqués,

encores qu’ilz les ayent vendus à monsieur de Saint-André. Je me

suis tousjours doubtée qu’il ne vous porte domage de les

attendre, tant pourtant prenez y garde. Je suis très aise

qu’ayés en propos d’envoyer noz enfens en cez cartyers et que vous

et madame de Gordes les vuelhés suivre, et vous puis assurer

qu’ilz ne me scauroyent desacommoder en nulle sorte du monde,

ains me sera grand plaisir et contentement. J’ay veu les articles

qu’avoyent porté ceulx de la derrision à leur majesté

contre vous et ce que vous en a escript leur dicte maiesté,

dont j’en rendz graces à Nostre Seigneur qui vous a conduit

et conduyra, s’il luy plaict qu’ilz [barré : ressoyent] repcevront tousjours contentement

[v°] de voz actions. Et pour responce de celle du XIXe de septembre,

je rendz graces à Nostre Seigneur que Évènes et Laval soyent arrivés en bonne

santé. Je suis de votre advist qu’il est impossible que la jambe

dudit Laval ne ne se trovast enflé le soyr du grand voyage.

J’ay tousjours heu spérence en Dieu qu’il recepvroyt bon visage de

leur maj[es]té et de Monseigneur et ay spérence en luy qu’il en repcevra

bon traictement. Si votre frère La Roche ha ung peu d’entendement,

il pensera aux exemples qu’il a veu devant ses yeulx et

croyra votre conseil, que me semble seroyt fort bon, qu’il s’en

vint avec monseigneur le mareschal Dempville, Je suis bien aise

qu’estes tousjours en oppignion d’envoyer les enfens et de les suuyvre.

Touchant les mil escus, ilz sont toutz prestz, quand j’aurey la

commodité les vous envoyer ; mais assurés-vous que ne les mettray

en mainz qu’ilz ne soyent bien seurs, pour peur des inconvénientz ;

et à ce que dictes qu’avés envye de scavoyr comme les affaires

sont en ces cartyers, Dieu graces l’ons y est en grande paix et

tranquilité. Dans la lettre escripte d’aoust, y avoyt ung bilhet

me faisant entendre que vous havés ung homme en main que vous

semble seroyt propisse pour regarder sur toutz voz affaires, et que je

m’en enquestasse de mon nepveu, monsieur l’escuyer de La Coste,

lequel je n’ay veu despuis. Il est tant empressé à sa faulconarye,

que je ne le voys guières, et mesmes que monsieur de Cabanes luy

a dict qu’il n’est pas d’avist que viegne prendre les perdrix

ici, ains les fault garder pour vous. Il n’a pas grand envye de

faire le voyage en Daulphiné. Et pour vous respondre à celle du

XXIIIe du passé, je rendz graces à Notre Seigneur qu’estez tousjours en

oppignion de faire partir noz enfens et de les suyvre et que les choses

soent en bon estat en Daulphiné. J’ay aussi veu la lettre que vous a

escript leur maj[es]té ; j’ay aussi veu celle que vous escript

Evenes et rendz graces à Nostre [Seigneur] de ce qu’ilz sont toutz en bonne

[fol.61] santé. Vous ne me scauryés faire plus grand plaisir que d’escrire à votre frère

La Roche qu’il laisse ces meschantes et maleureuses oppignions, et si Dieu

luy faisoyt la grace de se volloyr retorner, vous le povés assurer que

toutz ses plus proches seroyent de bonne volanté luy faire tout le

contentement de quoy ilz se porroyent adviser ; et s’il ne le faict, je

luy prye ne se monstrer jamais devant moy. Je luy escris, s’il vous

semble bon luy envoyerés la lettre, comme aussi fais-je à Évènes et [barré : à Laval]

à Laval et à monsieur d’Hourches et ay adressé ceste despeche à

votre seur de Sainte-Claire, que la bailhera aux gens de monseur le

cardinal que la vous feront tenir. Je loue Dieu de ce que me

mandés qu’il y a beaucoup de gens que se remettent à notre sainte foy

catholique, et ay spérence en luy qu’il imspera aussi les aultres, s’il

luy plaict. Je n’escriray rien à monsieur de Caderosse, puisque

ainsin vous le trovés bon. Je vous assure que noz affaires de Cabanes

vont assez mal. Nous havons quelque vigne et olivette à Château

Renard et à Noves. Ilz nous gagèrent l’année passée pour payer les

tailhes ; l’ons en advertit monsieur le président de Masan. Il dict que

manderoyt quelque provision et n’en fist rien. Ilz nous ont tourné

gaiger ceste année et prins les fruictz que nous y prenons. J’en ay

adverti monsieur le président de Fuveau qu’il y donne ordre, voyant

qu’il est là sur le lieu. Je ne scay ce qu’il fera. Je vous prye solissiter

Laval de l’affaire que vous scavés. Despuis j’ay parlé à

monsieur de La Coste de l’homme que vous scavés, et m’a dict

que ci peu que la congneu, que seroyt fort propisse pour voz

affaires. Je vous renvoye voz lettres d’Évènes et de La Roche.

Je vous prye continuyés à l’andret de vostre frère La Roche comme

avés à commansé. Vous ne sayés fère puls gande cheyse et à moy byen

gant pelsyr, é je prye Dyeu que vous tyenne an sa seynte

garde é portesyon. Vostre seur se recommande humblemant à vostre

bonne grasa é de madame de Gorde, comme ausy foys-je.

De Gargas, le VI d’otobre [barré : 157] 1572,

Vostre mère

Pierre de Pontevès

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Vostre seur se recommande humblemant à vostre &#xD;</p><p id="1" n="91  " type="texte">bonne grasa é de madame de Gorde, comme ausy foys-je. &#xD;</p><p id="1" n="92  " type="texte">De Gargas, le VI d’otobre [barré : 157] 1572, &#xD;</p><p id="1" n="93  " type="texte">Vostre mère&#xD;</p><p id="1" n="94  " type="texte">Pierre de Pontevès   &#xD;</p><p id="1" n="95  " type="texte"> &#xD;</p><p id="1" n="96  " type="texte"/></div>

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