Projet GordesA correspondence in the Renaissance

XVII · f° 179 180 · 1572-06-17

XVII-179 Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Montpellier, 17 juin 1572

Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné → M. de Gordes

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XVII-179 Bellièvre, Jean de, seigneur d’Hautefort, troisième président au parlement du Dauphiné, à M. de Gordes, Montpellier, 17 juin 1572

Monseigneur, j’ay receu hier soir les lettres qu’il vous a pleu m’escrire par

le laquais de monsieur d’Allières. J’avois peur que monsieur d’Evènes

fust deia party avant que vous eussiés ce que je vous ay mandé de par

monsieur de Langes et me semble soubs vostre meilleur advis que le party

seroit raisonnable et qu’estant la damoiselle si vertueuse comme

l’on escrit, il y a de quoy se contenter. Je vous ay déia remercié

pour mon regard de la faveur que vous avés faitte audit sieur d’Allières

de la sourtir de différent avec sa mère et vous prioys

l’ayder à sourtir de mesme avecq monsieur de Monestier et sur

tout voloir tenir la main quand l’affère passa le plus doulcement que

fère se pourra. Monsieur de Saint-André m’escrit qu’il veoyt qu’il

ne sera pas aysé. Je le prie surseoir l’affère sans prendre

tant de haites à la foys, attendu mesme qu’il n’en prend pas

d’une rente comme d’une maison qui peut aller en ruine

et quand il m’asseure que icelle rente est aussi bien recouverte

et recherchée qu’elle scauroit es tre et que ce pendant l’argent

dudit d’Allières luy peut servir aultrement sans qu’il y aie de long

temps danger d’aucune prescription, quelques autre foys monsieur

d’Allières aura meilleur moyen d’en sourtir et en toutes sortes

afin que monsieur de Saint-André ne subisse point seul ceste ennuye

que on attende la venue de monsieur d’Ambrun pour s’en résoudre

plus amplement. Je suis bien aise que vous escoliers soyent acheminés

à Paris et si on m’a escript d’ailleurs à fin que monsieur Besson les a accompaignés,

c’est une espèce d’animaux que ces gens-là mal aysés à en retenir,

mais il faut endurer quelquez foys d’eux aussi bien que des nourrisses

quant aultrement elles donnent bonne nourriture comme j’espère dudit Besson.

[v°] Quant aux indignités qui vous ont esté usées des personnes que scavés,

je m’asseure qu’il n’y a longtemps que vous estes tout résolu de

n’en pouvoir attendre guère autre chose. Il faut user de

diligence d’envoyer en court, car si vous eussiés mandé

ou adverty de bonne heure, il est certain que vous en fussiés

piéça où vous demandés. S’il chauffe deia à Grenoble si fort

que icy, je plains que vous ne soyés à Laval aussi bien que madame

de Gordes qui a fait très sagement d’avoir gaigné le devant.

Nous avons piéça la nouvelle de la prinse de Mons et Valenciennes

et presque aussi tost de la reprinse dudit Valenciennes qui a toutefoys

esté tenue fort incertaine jusques icy que on ne la tient pour

asseurée. Des nouvelles de la frontière d’Espagne,

je vous envoye la copie d’une lettre que j’ay receu présentement

de monsieur de Joyeuse, par laquelle vous verrés à quoy il en

est ce que j’avoys aprins du corrier espagnol mentioné en

ladite lettre qu’estant messieurs de Villeneuve, de Salabos et

moy ensemble, il nous dit estre du roy du Portugal duquel

il portoyt l’escusson et parloit languaige portugais, ledit sieur de

Sarlabos le recogneut néantmoins pour courrier ordinaire du roy

Philippe par la court duquel il disoit avoir passé et pourtoit de ses

lettres, nous dist qu’il ne s’estoit aucunement apparceu que les garnisons

de la frontière fussent renforcées, ne qu’il y eust aucunes garnisons de

guerre extraordinaire en icelles, sinon que à l’occasion de

certains bandatiers qui estoient en nombre et inocupé de

deux cens hommes de pied et cinquante chevaux, le roy Philippe avoit

mandé au gouverneur de Catalonie de assembler forces pour les defe[nses]

Ce quest bien assés dict pour en penser devantage ; mesmes que ledit corrier semble,

[f°180] à le veoyr, estre habile homme qui est tout ce que pour le présent

je vous puis escrire, après mes très humbles recommandations à vostre bonne grâce

en priant nostre seigneur qu’il vous done

Monseigneur en toute prospérité très longue vie. De Montpellier,

le 17e juin 1572

vostre très humble et très obéissant serviteur

Bellievre

Madame de Gordes verra icy sil luy plait

mes semblables recommandations à sa bonne grâce

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Des nouvelles de la frontière d’Espagne,&#xD;</p><p id="1" n="41  " type="texte">je vous envoye la copie d’une lettre que j’ay receu présentement&#xD;</p><p id="1" n="42  " type="texte">de monsieur de Joyeuse, par laquelle vous verrés à quoy il en&#xD;</p><p id="1" n="43  " type="texte">est ce que j’avoys aprins du corrier espagnol mentioné en&#xD;</p><p id="1" n="44  " type="texte">ladite lettre qu’estant messieurs de Villeneuve, de Salabos et&#xD;</p><p id="1" n="45  " type="texte">moy ensemble, il nous dit estre du roy du Portugal duquel&#xD;</p><p id="1" n="46  " type="texte">il portoyt l’escusson et parloit languaige portugais, ledit sieur de&#xD;</p><p id="1" n="47  " type="texte">Sarlabos le recogneut néantmoins pour courrier ordinaire du roy&#xD;</p><p id="1" n="48  " type="texte">Philippe par la court duquel il disoit avoir passé et pourtoit de ses&#xD;</p><p id="1" n="49  " type="texte">lettres, nous dist qu’il ne s’estoit aucunement apparceu que les garnisons&#xD;</p><p id="1" n="50  " type="texte">de la frontière fussent renforcées, ne qu’il y eust aucunes garnisons de&#xD;</p><p id="1" n="51  " type="texte">guerre extraordinaire en icelles, sinon que à l’occasion de&#xD;</p><p id="1" n="52  " type="texte">certains bandatiers qui estoient en nombre et inocupé de&#xD;</p><p id="1" n="53  " type="texte">deux cens hommes de pied et cinquante chevaux, le roy Philippe avoit&#xD;</p><p id="1" n="54  " type="texte">mandé au gouverneur de Catalonie de assembler forces pour les defe[nses]&#xD;</p><p id="1" n="55  " type="texte">Ce quest bien assés dict pour en penser devantage ; mesmes que ledit corrier semble,&#xD;</p><p id="1" n="56  " type="texte">[f°180] à le veoyr, estre habile homme qui est tout ce que pour le présent&#xD;</p><p id="1" n="57  " type="texte">je vous puis escrire, après mes très humbles recommandations à vostre bonne grâce&#xD;</p><p id="1" n="58  " type="texte">en priant nostre seigneur qu’il vous done&#xD;</p><p id="1" n="59  " type="texte">Monseigneur en toute prospérité très longue vie. De Montpellier,&#xD;</p><p id="1" n="60  " type="texte">le 17e juin 1572&#xD;</p><p id="1" n="61  " type="texte">vostre très humble et très obéissant serviteur&#xD;</p><p id="1" n="62  " type="texte">Bellievre&#xD;</p><p id="1" n="63  " type="texte">Madame de Gordes verra icy sil luy plait&#xD;</p><p id="1" n="64  " type="texte">mes semblables recommandations à sa bonne grâce</p></div>

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